Mis à jour le 1 octobre 2006

Immunothérapie et cancer : le succès d’un traitement influencé par le microbiote intestinal

  • Certaines bactéries naturellement présentes dans notre intestin, le microbiote intestinal (ou flore intestinale), sont capables d’améliorer l’efficacité d’une immunothérapie prescrite dans certains cancers de la peau.

  • Ces bactéries semblent être également en mesure d’atténuer un des effets indésirables fréquents de ce traitement. 

  • Ces découvertes étonnantes renforcent l’hypothèse selon laquelle le microbiote intestinal aurait une action dans certaines pathologies.

Cette découverte a été réalisée par un groupe de chercheurs français, comprenant l’équipe « Apoptose, cancer, immunité » dirigée par Guido Kroemer au Centre de Recherche des Cordeliers à Paris et l’équipe «Récepteurs Nods-Like dans l’Infection et l’Immunité » dirigée par Mathias Chamaillard au Centre d'Infection et d'Immunité de Lille.

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800000 €

Mathias Chamaillard et Guido Kroemer ont reçu respectivement 300 000 € en 2013 et 500 000 € en 2008 pour leurs équipes, sommes qui ont contribué à l’obtention de ce résultat.

Immunothérapie : des premières réussites dans le traitement du cancer

L’immunothérapie a révolutionné la prise en charge du cancer. Cette stratégie thérapeutique s’appuie sur les propriétés des défenses de l’organisme. Dans le cadre de la prise en charge du cancer, plusieurs stratégies peuvent être employées : stimuler la réponse immunitaire du patient pour l’aider à mieux lutter contre les cellules tumorales, ou « éduquer » le système immunitaire afin qu’il les reconnaisse mieux et les attaque, ou encore directement cibler les cellules malades par des molécules qui induisentune réaction immunitaire.

Aujourd’hui, l’immunothérapie est utilisée dans le cadre de la prise en charge de certains cancers, et les chercheurs redoublent d’efforts pour en améliorer l’efficacité. Plusieurs chercheurs français ont réalisé une avancée en ce sens.

L’importance de la flore intestinale

L’importance de la flore intestinale

Les chercheurs se sont intéressés à l’effet du microbiote intestinal (ou flore intestinale) sur l’efficacité d’un médicament d’immunothérapie anti-cancer, l’ipilimumab.

Ils ont découvert que chez des souris porteuses d’une tumeur et dont le microbiote intestinal est dépourvu de deux souches bactériennes particulières, l’ipilimumab n’est pas efficace contre le cancer.

Par ailleurs, ces souris développent une inflammation du côlon (colite), l’un des effets indésirables fréquents lié à l’ipilimumab.

À l’inverse, il suffit de repeupler l’intestin des souris avec l’une ou l’autre de ces souches bactériennes pour que le médicament soit de nouveau efficace et que les symptômes de colite diminuent.

Vers une application chez l’Homme ?

Chez l’Homme, l’ipilimumab est notamment utilisé pour traiter des tumeurs de la peau (mélanomes) avec des métastases. Des tests ont d’ores et déjà montré que la composition du microbiote intestinal des patients traités influence la réponse au médicament. Les médecins imaginent déjà pouvoir intervenir sur la flore des patientspour maximiser les chances desuccès du traitement. Ainsi, on peut penser qu’agir sur certainesbactéries naturellement présentes dansla flore intestinale pourrait devenirl’un des piliers du succèsd’une immunothérapie.


Source : Vétizou M et al. Anticancer immunotherapy by CTLA-4 blockade relies on the gut microbiota. Science 2015 ; 350 : 1079-84.
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