Mis à jour le 14 octobre 2019

Cancers du sein : comment l’obésité influence l’évolution de la maladie ?

  • L’obésité est associée à une augmentation du risque de cancers du sein (essentiellement chez les femmes ménopausées) et aggrave le pronostic de cette pathologie, qu’elle survienne avant ou après la ménopause.

  • Les liaisons entre cancer du sein et obésité restent encore mal comprises à ce jour : elles font l’objet de toute l’attention de la recherche.

Cette recherche a été menée par Lucyle Orgerit - Institut Universitaire du Cancer de Toulouse.

Les cancers du sein et l’obésité représentent deux problèmes majeurs de santé publique qui semblent liés. Le cancer du sein affecte en moyenne une femme sur 8 en France. Près de 59 000 femmes ont été touchées par cette pathologie en 2017. L’obésité est associée à une augmentation du risque de cancers du sein (essentiellement chez les femmes ménopausées) et aggrave le pronostic de cette pathologie, qu’elle survienne avant ou après la ménopause. Les liaisons entre cancer du sein et obésité restent encore mal comprises à ce jour : elles font l’objet de toute l’attention de la recherche. C’est pourquoi Lucyle Orgerit et son équipe d’accueil souhaitent explorer la question suivante : comment l’obésité influence-t-elle l’évolution des cancers du sein ?

Les cellules graisseuses, les adipocytes, sont un constituant majeur du tissu qui forme le sein. Précédemment, les chercheurs ont montré que les cellules graisseuses sont capables d’interagir directement avec les cellules cancéreuses du sein qui se trouvent à proximité, ce qui favorise leur agressivité et leur capacité à envahir d’autres tissus de l’organisme (formation de métastases). Cet effet pourrait être amplifié chez les patientes obèses : cela expliquerait pourquoi l’excès de tissus graisseux pourrait constituer un facteur aggravant la sévérité de ce type de cancer.


L’hypothèse des chercheurs est que, chez les patientes obèses, les cellules du tissu adipeux mammaire rentrent dans un état appelé la sénescence cellulaire, un processus identifié lors du vieillissement. Cet état de sénescence pourrait favoriser l’agressivité tumorale : en effet, les cellules graisseuses sénescentes sécrètent des molécules particulières qui agiraient sur le tissu cancéreux adjacent, et donc entraîneraient une action en faveur du développement de la tumeur. Pour valider cette hypothèse, il faut caractériser de façon précise comment l’obésité modifie le tissu gras mammaire.


Durant cette étude, la chercheuse souhaite caractériser les propriétés des tissus graisseux mammaires en comparant des femmes de poids normal et obèses. Ses travaux seront effectués à partir de prélèvements réalisés chez 20 patientes de chaque groupe, opérées pour un cancer du sein à l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse. Il s’agira d’identifier les types de cellules (cellules graisseuses elles-mêmes, autres cellules…) touchés par un processus de sénescence au sein des tissus graisseux mammaires, mais également de découvrir quelles sont les molécules qu’elles sécrètent dans leur environnement proche. Les chercheurs étudieront ensuite l’effet de ces molécules sur les cellules tumorales.


Les résultats obtenus permettront aux chercheurs d’améliorer leurs connaissances sur le rôle du tissu graisseux dans le cancer du sein chez les patientes obèses, et à terme, de proposer de nouveaux traitements chez ces patientes à haut risque.
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