Mis à jour le 1 février 2019

Cancer du poumon : des pistes pour améliorer certains traitements ciblés

  • Les thérapies ciblées constituent une voie de recherche très importantes dans la lutte contre les cancers du poumon.

  • Parmi ces traitements, les antiangiogéniques ont constitué un pas intéressant, bien que de nombreux patients présentent des tumeurs résistantes.

  • Des chercheurs ont identifié une molécule qui pourrait être impliquée dans le développement tumoral et dans la résistance à certains antiangiogéniques.

Cette découverte a été réalisée par Asma Boudria dans l’équipe « Épissage alternatif des ARNs, signalisation cellulaire et réponse aux thérapies » dirigée par Béatrice Eymin à l’Institut Pour L’Avancée des Biosciences (Inserm U1209/ Cnrs UMR5309/Université Grenoble Alpes) de Grenoble.

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Asma Boudria a été soutenue en 2013 par Fondation pour la Recherche Médicale, ce qui a participé l’obtention de ce résultat.

Cancers pulmonaires : une pathologie destructrice

En dépit des efforts diagnostiques et thérapeutiques, le cancer du poumon est un véritable fléau, responsable de 30 991 décès en 2017. Cette pathologie risque de prendre une place de plus en plus importante à l’avenir : le tabagisme féminin s’étant largement développé ces dernières années, le nombre de cancers pulmonaires devrait connaître une forte hausse chez les femmes dans le futur. Ainsi, la lutte contre ce cancer constitue un enjeu prioritaire de santé publique.

Vers le développement de thérapies ciblées

Vers le développement de thérapies ciblées

Aujourd’hui, de plus en plus de recherches se tournent vers la mise au point de thérapies personnalisées de la pathologie, des thérapies « ciblées », en adéquation avec les caractéristiques de chaque tumeur. Le but de ces traitements est de bloquer les mécanismes du développement tumoral en exploitant leurs particularités génétiques et moléculaires. Cette spécificité permet d’accroître l’efficacité du traitement, tout en réduisant au maximum les effets secondaires toxiques pour le patient.

Une des voies les plus prometteuses est le développement de traitements « anti-angiogéniques » qui inhibent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la zone tumorale. L’apport en nutriments et en oxygène est ainsi limité, ce qui ralentit la croissance de la tumeur.

Viser la formation des nouveaux vaisseaux dans la tumeur

Asma Boudria et son équipe d’accueil ont travaillé sur une protéine, VEGF-A, un facteur de croissance impliqué dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. VEGF-A joue aussi un rôle clé au cours de la vascularisation tumorale. La protéine VEGF-A est donc une cible de choix pour le développement de thérapies anti-cancéreuses. Un certain nombre de médicaments qui la bloquent sont d’ailleurs utilisés dans le traitement des cancers du poumon. Cependant, malgré des premiers résultats prometteurs, il s’avère qu’un grand nombre de patients sont d’emblée résistants à la thérapie ou y échappent très rapidement. Les chercheurs se sont intéressés aux facteurs qui entrent en compte dans ces mécanismes d’échappement des cellules tumorales.

Une molécule impliquée dans le développement tumoral

L’équipe s’est penchée sur une forme de VEGF-A particulière appelée VEGF165b, et jusqu’alors décrite comme possédant des propriétés inhibitrices sur la vascularisation tumorale. De façon inattendue, les chercheurs se sont aperçus qu’elle était présente en quantité élevée dans 36 % des cancers pulmonaires non à petites cellules (les plus fréquents) en comparaison du tissu pulmonaire normal, plus particulièrement dans un sous-type de cancers du poumon, les adénocarcinomes, et chez des patients présentant une maladie à un stade avancé. Ils se sont ensuite intéressés aux effets de VEGF165b sur des lignées de cellules tumorales pulmonaires : la molécule, qui se lie à des protéines présentes à la surface des cellules cancéreuses, augmente la multiplication et le pouvoir invasif des cellules. Enfin, ils ont découvert qu’une molécule antiangiogénique utilisée dans le cancer du poumon, le bevacizumab, avait pour action d’augmenter la production de VEGF165b, ce qui pourrait influencer le développement tumoral. Cela expliquerait un « double effet » des antiangiogéniques dans certains cancers : si ces traitements bloquent d’un côté la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, ils pourraient en même temps stimuler la croissance des cellules tumorales.

Ces résultats donnent des pistes intéressantes sur le rôle d’une molécule qui participe à la progression du cancer du poumon et sur la réponse de certaines tumeurs aux anti-angiogéniques.

Source : Boudria A et al. VEGF165b, a splice variant of VEGF-A, promotes lung tumor progression and escape from anti-angiogenic therapies through a β1 integrin/VEGFR autocrine loop. Oncogene. 2018 Sep 7. doi: 10.1038/s41388-018-0486-7.

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