Mis à jour le 1 janvier 2014

Diabete de type 1 : régénérer des celulles productrice d'insuline

  • Patrick Collombat et son équipe, grâce au financement de la Fondation pour la Recherche Médicale, ont découvert un moyen de « soigner » des souris atteintes du diabète de type 1, de manière durable.

  • En activant un gène particulier au sein de cellules du pancréas, les chercheurs ont réussi à obtenir des cellules fonctionnelles capables de produire de l’insuline.

  • Ils explorent aujourd’hui les effets de cette activation génique pour pouvoir un jour les reproduire chez l’homme.

Cette recherche est menée par Patrick Collombat qui dirige l’équipe « Génétique du Diabète » (Inserm U636), à la Faculté des Sciences de Nice.

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300000 €

Patrick Collombat a reçu un financement de 300 000 € en 2009, sur 3 ans, dans le cadre du programme « Mécanismes de Reprogrammation Cellulaire ».

Une somme qui a largement contribué à obtenir ces résultats.

Diabète de type 1 : les cellules productrices d’insuline en cause

Le diabète de type 1, ou diabète insulinodépendant, est une maladie caractérisée par la destruction des cellules du pancréas qui produisent l’insuline, les cellules bêta.  L’insuline est une hormone qui régule le taux de glucose dans le sang. Les cellules ont besoin de ce sucre pour un fonctionnement optimum : c’est leur principale source énergétique. Lorsque le taux de sucre dans le sang est trop important, l’insuline agit en se fixant aux récepteurs de la paroi des cellules, ce qui leur permet d’utiliser le glucose.

Le manque d’insuline conduit à une hyperglycémie chronique, pouvant aboutir en cas de non prise en charge à de nombreuses complications (maladies de la rétine, insuffisance rénale, maladies cardiovasculaires…). Des injections d’insuline sont nécessaires pour rétablir un taux de sucre sanguin normal. Malgré ce traitement, les patients atteints d’un diabète de type 1 ont une espérance de vie réduite de 5 à 8 ans : le développement de nouvelles thérapies de la maladie reste donc un enjeu majeur de santé publique.
Rétablir des cellules fonctionnelles

Rétablir des cellules fonctionnelles

Une des voies possible pour traiter la maladie serait de remplacer les cellules bêta pancréatiques détruites par de nouvelles cellules fonctionnelles. Cela permettrait de rétablir une production naturelle d’insuline dans l’organisme. Patrick Collombat et son équipe ont réussi ce tour de force chez l’animal.

Les chercheurs ont effectué leurs tests chez des souris dont les cellules bêta étaient détruites. Par des techniques de biologie moléculaire, ils ont ensuite activé le gène Pax4, au sein d’un autre type de cellules du pancréas, les cellules alpha. A l’issue de leur expérience, ces cellules alpha se sont littéralement « transformées » en cellules bêta fonctionnelles, ayant la capacité de synthétiser de l’insuline de manière durable.

Un mécanisme reproductible

Mieux encore, lorsque les chercheurs ont détruit les cellules bêta ainsi restaurées chez les animaux, l’activation de Pax4 permit à nouveau de reconstituer le pool de cellules perdues. Ils ont pu répéter ce cycle 3 fois. Ces résultats prometteurs chez la souris suggèrent que le pancréas contiendrait des cellules qui peuvent régénérer plusieurs fois les cellules bêta pancréatiques détruites chez les diabétiques de type 1. Une véritable avancée dans la prise en charge de la pathologie.

Vers un développement ultérieur chez l’homme ?

Patrick Collombat et son équipe vérifient aujourd’hui si la régénération des cellules bêta est aussi possible par l’activation de Pax4 au sein de modèles de pancréas humains. En parallèle, ils tentent de trouver une molécule pharmacologique capable d’induire ce phénomène. Si cette piste se confirme, 5 à 10 ans seront encore nécessaires pour développer un médicament utilisant ces nouvelles données. Un véritable défi pour proposer de meilleurs traitements du diabète de type 1 conclut Patrick Collombat.


Source : Al-Hasani K et al. Adult duct-lining cells can reprogram into ß-like cells able to counter repeated cycles of toxin-induced diabetes. Dev Cell. 2013 Jul 15 ; 26 (1) : 86-100.
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