Le Pr Catherine Chaussain, Emmanuel Farge, Jennifer Bordenave... Ces chercheur.euse.s dont les pistes innovantes ont contribué à faire avancer la recherche médicale sont unanimes : la première qualité d’un chercheur est l’obstination. Si l’échec et le doute ont parfois traversé leur trajectoire, ils ne les ont jamais empêchés d’avancer.

JENNIFER BORDENAVE
Chercheuse  doctorante  à  l’Inserm

Unité  Inserm  U999  «  Hypertension  artérielle  pulmonaire  :  physiopathologie  et  innovation  thérapeutique  »  dirigée  par  le  Pr Marc Humbert, Le Plessis-Robinson.

Pouvez-vous présenter l’objet de votre recherche ?

En  tant  que  doctorante  dans  le  groupe  de  Christophe  Guignabert,  j’ai  travaillé  sur  l’hypertension  artérielle  pulmonaire.  Cette  maladie  rare  qui  se  caractérise  notamment  par  l’accumulation excessive de cellules de la paroi des artères pulmonaires  et  conduit  à  une  augmentation  de  la  pression  sanguine dans ces artères. À ce jour, il n’existe pas de traitement pour en guérir et cette maladie peut conduire à une insuffisance cardiaque grave. J’ai étudié le rôle des péricytes, des  cellules  importantes  pour  le  bon  maintien  de  l’intégrité  des  artères  pulmonaires. J’ai  d’abord  montré  que  les  péricytes  de  patients  migrent,  prolifèrent  et  se  différencient davantage que les péricytes normaux. Des observations chez des souris modèles mimant la maladie ont confirmé leur rôle dans  la  pathologie.  J’ai  ensuite  identifié  les  voies  moléculaires  impliquées,  qui  constituent  des  cibles  thérapeutiques  potentielles.

Avez-vous été particulièrement persévérante ?

Il  n’y  a  pas  le  choix  dans  le  domaine  de  la  recherche  :  les expériences ne marchent pas du premier coup. C’est un travail de longue haleine. Il faut toujours répéter, revoir le protocole et ne pas s’arrêter au premier obstacle. En recherche, on a beaucoup plus d’échecs que de réussites.

Quelle a été votre plus grande difficulté ?

Pendant  8  mois,  j’ai  essayé  de  réaliser  une  expérience  qui n’a pas fonctionné. Je suis alors repartie sur une autre voie. Il faut savoir se repositionner, remettre en question son projet et faire preuve de sens critique. Même un résultat négatif est une indication.

Avez-vous déjà pensé à abandonner ?

Oui, car la recherche représente beaucoup de pression et de compétition. C’est l’équipe qui permet de rebondir. Partager aide  à  relativiser  et  trouver  de  nouvelles  voies  en  cas  d’impasse.

Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?

La curiosité ! Aller plus loin dans les expériences, trouver de nouvelles pistes.

Êtes-vous une obstinée raisonnable ou jusqu’au-boutiste ?

Jusqu’au-boutiste  mais  de  façon  raisonnable  !  Il  faut  rester  à l’écoute des résultats et des autres. Quand il y a un obstacle, il est essentiel de communiquer et de se repositionner si besoin.

L’obstination en... Un mot ?

Persévérer.

Une phrase ?

Voir ce qu’il y a “derrière”

Un objet ?

Une fleur qui s’épanouit dans le temps, un processus de croissance

Autres témoignages d'obstiné.e.s
PR CATHERINE CHAUSSAIN

Chirurgien-dentiste et titulaire d’un doctorat en biologie.

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EMMANUEL FARGE

Directeur de recherche Inserm, responsable de l’équipe « Mécanique et génétique du développement embryonnaire et tumoral ».

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JENNIFER BORDENAVE

Chercheuse doctorante à l’Inserm dans l’unité Inserm U999 « Hypertension artérielle pulmonaire : physiopathologie et innovation thérapeutique ».

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