Alex Duval avec son équipe entrain de faire des manipulations en laboratoire.Alex Duval avec son équipe entrain de faire des manipulations en laboratoire.

04 février 2026

Covid-19 : de nouveaux marqueurs prédictifs de la mortalité

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En résumé

Portrait du chercheur Pierre-Louis Tharaux

Avancée obtenue notamment par Pierre Louis Tharaux et son équipe « Rein et vaisseaux, inflammation et métabolisme » au Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire (PARCC) et ses collaborateurs du consortium CORIMUNO-19.

113 850 €

Financement accordé à Pierre-Louis Tharaux en dans le cadre de l’appel à projet « REACTing » organisé en 2021 en réponse à la crise liée à la Covid-19.

L’épidémie de Covid-19 a causé 116 000 morts en France, entre l’émergence du virus et début septembre 2021. Malgré la fin de l’urgence sanitaire, le virus SARS-CoV-2, à l’origine de l’infection, circule encore activement et provoque hospitalisations et décès. Des facteurs de risques impliqués dans la gravité de la maladie sont identifiés, tels que l’obésité ou les maladies chroniques, mais il reste difficile de prédire quels cas vont évoluer vers une forme grave et lesquels vont rester bénins. Mieux connaitre les facteurs impliqués dans cette évolution péjorative permettrait de prendre en charge les patients à risque de manière adaptée.

Je donne pour la recherche

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Le projet en détails

De nouveaux marqueurs permettant d’évaluer les risques de mortalité à trois mois

Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont identifié les indicateurs biologiques mesurables dans le sang qui permettent d’évaluer les risques chez des patients hospitalisés pour une pneumonie liée à la Covid-19. Bien que la pneumopathie de la Covid-19 des patients de cette étude au moment des mesures sanguines était initialement modérée à sévère mais ne justifiant pas une réanimation, ces indicateurs combinés en un score de risque étaient associés à une plus forte mortalité à trois mois. D’autre part, un certain seuil de ce score permet d’exclure le risque de mortalité de la Covid-19 avec une probabilité de 98 %.

Parmi les quarante et un indicateurs biologiques étudiés, deux marqueurs liés à la santé du rein et un marqueur classiquement considéré comme anti-inflammatoire ont été combinés à l’âge dans une équation de risque et se sont montrés particulièrement prédictifs de la mortalité. Ce dernier marqueur biologique, l’interleukine-10, surprend. En effet, on pourrait penser que ce sont plutôt des molécules inflammatoires qui sont associé à un risque plus élevé, étant donné que l’inflammation peut avoir des conséquences négatives sur le corps.

Mais la présence de marqueurs rénaux représente également une nouveauté.

Le rein impliqué dans la Covid-19 ?

« Les marqueurs prédictifs identifiés et combinés dans cette étude n’avaient encore jamais été impliqués dans la Covid-19, en particulier dans ses formes modérées, et dévoilent un tout nouvel aspect de la maladie, immunitaire mais surtout rénal. La présence de KIM-1 et LCN2 témoigne d’une atteinte rénale aigüe passée jusqu’alors inaperçue, souvent présente malgré une fonction rénale normale. » explique Pierre-Louis Tharaux. « Si l’atteinte rénale aiguë était déjà considérée comme un indicateur majeur de risques de décès, en particulier dans les pneumonies graves, nos recherches montrent qu’elle l’est également lorsqu’elle est présente à plus bas bruit que dans les définitions médicales internationales et même chez les patients hors de réanimation. Tous les patients qui décèdent de la Covid-19 ne montrent pas une atteinte rénale, mais c’est le cas pour une majeure partie d’entre eux. À ce stade, il est cependant impossible de dire si ces lésions sont la cause ou la conséquence de la détérioration de la santé des patients ».

Si les résultats de cette étude apportent indéniablement de nouveaux éléments, le Dr Tharaux insiste cependant sur la nécessité de « les prendre avec précaution, car ils ont été établis à partir de données recueillies lors des premières vagues de Covid-19 lorsque la mortalité était plus forte qu’aujourd’hui. Pour utiliser ce score maintenant, alors que de nouveaux variants du Sars-Cov2 sont apparus, il faudrait le recalibrer », précise-t-il.

Ces travaux suggèrent donc que le rein est un organe bien plus impliqué dans la sévérité de la pneumonie à SARS-CoV-2 que précédemment soupçonné, et témoignant d’une atteinte multi-organe. Cet organe devrait être davantage étudié dans les futures recherches sur cette maladie. Il est également possible que cette implication dépasse le coronavirus et puissent être présente dans d’autre pneumopathies virales comme par exemple la grippe sévère.

Source : Lenoir O. et al. Levels of circulating kidney injury markers and IL-10 identify non-critically ill patients with COVID-19 at risk of death. JCI Insight (23 janvier 2026)

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