Mis à jour le 1 avril 2014

Premières preuves de l’implication d’une protéine anormale dans le déclenchement de Parkinson

  • La maladie de Parkinson se manifeste notamment par l’agrégation de formes anormales d’une protéine, l’a-synucléine, au sein des neurones.

  • Benjamin Dehay et son équipe à l’institut des Maladies Neurodégénératives CNRS UMR 5293 à Bordeaux ont réussi à déclencher la maladie chez des modèles animaux sains par une injection intracérébrale de ces protéines.

  • Cette étude est la première à démontrer que l’a-synucléine suffit à initier la maladie : une avancée notable dans la compréhension de l’origine de la pathologie.

Cette découverte a été réalisée par Benjamin Dehay à l’Institut des Maladies Neurodégénératives de Bordeaux.

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110000 €

Le projet de Benjamin Dehay a été sélectionné en 2009 par la Fondation pour la Recherche Médicale.

Il a reçu la somme de 110 000 euros pour effectuer son post-doctorat pendant 2 ans.

Les signes physiologiques de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie dite « neurodégénérative ». Elle se caractérise par une destruction des neurones à l’origine de la production de dopamine, une molécule indispensable au bon contrôle des mouvements du corps. Mais cette destruction n’est pas le seul signe caractéristique de la maladie : ainsi, on peut également observer dans le cerveau des patients des amas protéiques au sein des neurones. Ces agrégats sont appelés « corps de Lewy ». Leur étude est au cœur du projet mené par Benjamin Dehay au sein de l’équipe « Physiologie des syndromes parkinsoniens » de l’Université de Bordeaux.
Une protéine anormale impliquée

Une protéine anormale impliquée

Des analyses biochimiques ont montré que ces corps de Lewy étaient essentiellement constitués d’une protéine, l’a-synucléine, retrouvée aussi bien dans les formes sporadiques de la maladie de Parkinson que dans les formes familiales. Les chercheurs se sont naturellement penchés sur le processus de formation de ces amas et sur leur lien avec la maladie. Ils ont ainsi pu découvrir que certaines formes anormales de l’a-synucléine avaient une plus grande capacité d’agrégation que les protéines normales.

Ces protéines particulières ont une capacité importante de se regrouper en « fibrilles », formant ces corps de Lewy.

Un élément déclencheur dans un modèle animal

Les chercheurs ont alors émis l’hypothèse que l’accumulation d’a-synucléines mal repliées était un facteur initiateur de la maladie. Cependant, il restait à prouver cette implication au sein de modèles animaux proches de l’homme. C’est ce qu’ont réussi à démontrer Benjamin Dehay et son équipe à l’Institut des Maladies Neurodégénératives en collaboration avec deux équipes espagnoles. Ces derniers sont parvenus à prélever et à purifier chez des patients décédés atteints de la maladie de Parkinson de l’a-synucléine contenue dans les corps de Lewy issus de neurones. Ils ont ensuite injectés cet extrait purifié (de l’ordre du picogramme) dans une zone cérébrale précise chez des souris et de primates sains. Les chercheurs ont observé après injection que les neurones dopaminergiques subissaient une dégradation, similaire à la dégénérescence des neurones observée chez les patients. Les animaux « contrôles » qui ont reçu un extrait cérébral dénué de corps de Lewy provenant de patients parkinsoniens ne développaient en revanche pas la maladie.

Vers de nouvelles options thérapeutiques

Cette étude, première du genre, prouve que l’a-synucléine anormale contenue dans les corps de Lewy de patients parkinsoniens est capable à elle seule de déclencher et propager la maladie chez des modèles animaux. L’hypothèse qui en découle est que la maladie de Parkinson se présenterait comme une maladie dite à « prion ». Le contact d’une protéine normale avec une protéine anormale engendrerait sa conversion dans une forme anormale. Il y aurait alors propagation des protéines anormales et accumulations au sein des neurones, à l’origine de leur dégénérescence. L’a-synucléine pourrait ainsi constituer une cible thérapeutique intéressante pour enrayer la maladie, en bloquant par exemple sa transformation dans sa forme pathologique pour éviter son agrégation.

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