Mis à jour le 1 avril 2014

La thérapie génique pour traiter Parkinson

  • La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative dont le traitement ne cible que les symptômes et non les causes.

  • Les chercheurs tentent de mettre au point un traitement curatif de la pathologie.

  • Ils souhaitent apporter en continu une protéine qui a des vertus protectrices dans le cerveau des malades en utilisant la thérapie génique.

Cette recherche est menée par Eric Kremer, directeur de l’équipe « Adénovirus : Récepteurs, Traffic Intracellulaire et Vectorologie » à l’Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier.

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80000 €

Le projet d'Eric Kremer a été sélectionné par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2013.

La Fondation lui a alloué un budget de 80 000 € pour financer une ingénieur d’étude, Sandy Ibanes, pendant 2 ans.

La maladie de Parkinson : une pathologie encore incurable

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui concerne environ 1 % des personnes après 65 ans. Elle se traduit par une destruction des neurones à l’origine de la production de dopamine, une molécule indispensable au bon contrôle des mouvements du corps. Les symptômes révélateurs de la maladie sont des tremblements,  des contractions musculaires importantes et une lenteur dans les mouvements. Aujourd’hui, la prise en charge de la maladie est purement symptomatique, visant à pallier au manque de dopamine par un apport extérieur ou via la neurostimulation intra cérébrale. La recherche d’un traitement curatif de la pathologie reste plus que jamais d’actualité.
Le GDNF : une protéine protectrice

Le GDNF : une protéine protectrice

Des précédentes recherches semblent montrer qu’une protéine particulière, appelée GDNF, pour glial-cell derived neurotropic factor, confère une protection contre la pathologie si elle est produite en continu au sein des zones du cerveau commandant le mouvement, le striatum et la substance noire. Le projet mené par Eric Kremer au sein de l’institut de Génétique Moléculaire de Montpellier est d’apporter en continu la protéine au cœur de ces structures cérébrales. La solution serait d’utiliser une méthode particulière : la thérapie génique. Elle consiste à apporter du matériel génétique directement à l’intérieur de la cellule pour traiter une pathologie.

Utiliser un vecteur pour produire la protéine

Le transport d’un gène au sein d’une cellule nécessite un vecteur, des virus rendus inoffensifs. Ces derniers ont une capacité innée d’infecter les cellules et d’y transférer du matériel génétique en vue de son intégration dans l’ADN de cellules hôtes. Ce sont ensuite les cellules elles-mêmes qui produisent la protéine correspondant au gène inséré. L’idée est donc ici d’apporter le gène correspondant à la production de la protéine GDNF au cœur des neurones. Cela constituerait une thérapie d’intérêt, utilisée en addition des traitements existants qui ne peuvent aujourd’hui guérir la maladie.

Le vecteur utilisé est issu d’un virus capable d’entrer préférentiellement dans les neurones après avoir été injecté dans le cerveau ou les muscles, et de se répandre dans le système nerveux, plus particulièrement dans les zones touchées par la maladie. De plus, le vecteur n’est pas détecté par le système immunitaire, ce qui indique un effet à long terme de son injection. Des atouts de poids pour une utilisation dans la maladie de Parkinson.

Améliorer un vecteur existant

Améliorer un vecteur existant

Le projet mené par Eric Kremer se déroulera en plusieurs phases. Tout d’abord, il s’agira d’améliorer le vecteur existant (CAV-2),  permettant d’introduire du matériel génétique dans les neurones. L’idée est de le rendre plus efficace, plus robuste et de réduire ses coûts de production.

Ensuite, le chercheur et son équipe d’accueil souhaitent générer un vecteur à partir de celui-ci qui contiendra le gène de GDNF. Cet apport lui permettra de conférer une protection contre la dégénérescence neuronale dans la maladie de Parkinson. Des tests seront menés chez le rongeur et le primate, afin d’évaluer sa capacité à protéger les neurones détruits dans la maladie, et à en prévenir les symptômes.

Un bénéfice partagé avec une pathologie rare

Par ailleurs, une maladie rare, la mucopolysaccharidose de type VII pourrait également bénéficier de ce type de technologie. Pathologie génétique, elle résulte du dysfonctionnement d’une enzyme entraînant une accumulation de molécules partiellement dégradées, les glycoaminoglycanes, dans plusieurs tissus de l’organisme, dont le cerveau. L’intérêt serait ici de faire une thérapie de remplacement de l'enzyme en apportant aux cellules concernées le gène servant à sa fabrication via un vecteur également dérivé de CAV-2.

Ainsi, en plus de faire progresser les recherches sur une pathologie touchant une partie importante de la population, ces travaux sur la thérapie génique pourraient également apporter des réponses concernant une maladie plus rare : un coup double porteur de nombreux espoirs.
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