Mis à jour le 1 avril 2015

Maladie de Parkinson : de nouveaux modèles cellulaires pour étudier la mort neuronale

  • La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative grave, dont il n’existe pour le moment pas de traitement curatif.

  • L’observation des mécanismes moléculaires impliqués dans la mort des neurones nécessite des modèles cellulaires fiables.

  • Il est impossible de prélever des neurones directement chez les malades, c’est pourquoi les chercheurs souhaitent développer une méthode qui permettra d’en obtenir à partir de biopsies cutanées.

Cette recherche est menée par Fanny Sauvestre, en Master 2 dans l’équipe « Physiopathologie des syndromes parkinsoniens » dirigée par Erwan Bézard à l’Institut des Maladies Neurodégénératives de Bordeaux.

Vos dons en actions
31200 €

Le projet mené par Fanny Sauvestre a été sélectionné en 2014 par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale.

Il a été accordé à la chercheuse un financement de 31 200 € pour le mener à terme.

Une maladie neurodégénérative grave

La maladie de Parkinson est la pathologie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer : elle affecte 1,5 % des personnes de plus de 65 ans en France, et 6,5 millions dans le monde. Cette maladie constitue la seconde cause de handicap moteur chez le sujet âgé après les accidents vasculaires cérébraux. Elle se caractérise par la dégénérescence progressive de certains neurones du cerveau, les neurones dopaminergiques. Cette perte neuronale induit des troubles moteurs : un tremblement au repos, une rigidité et une lenteur dans l’exécution des gestes.

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif de la maladie de Parkinson, mais seulement des thérapies qui visent à compenser la perte en dopamine. Devant le vieillissement de la population dans les pays développés, il devient urgent de mettre au point de nouveaux moyens de prendre en charge la pathologie.
Comprendre la cause de la mort neuronale

Comprendre la cause de la mort neuronale

La cause exacte de la dégénérescence des neurones n’est toujours pas connue, mais dans environ 10 % des cas, la maladie de Parkinson est de forme familiale, liée à une mutation génétique. Chez ces patients, la maladie de Parkinson apparaît de manière précoce, avant 50 ans. Depuis une dizaine d’années maintenant, les chercheurs se sont penchés sur les gènes déficients dans ces formes particulières de la pathologie. Cela leur a permis d’identifier différentes voies moléculaires impliquées dans le processus neurodégénératif et également présentes dans les formes non familiales.

L’objectif du laboratoire d’accueil de Fanny Sauvestre est de mettre en évidence de nouveaux mécanismes moléculaires isolés dans différentes formes familiales de la maladie de Parkinson. Cela pourrait permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans la maladie.

Développer des modèles cellulaires fiables

Pour réaliser cette étude, l’équipe a besoin d’effectuer ses expériences directement au niveau des neurones dopaminergiques issus de patients. Seulement, pour des raisons éthiques évidentes, il est impossible de prélever de telles cellules chez les malades.

L’idée de l’équipe est d’utiliser des cellules de peau (fibroblastes) qui proviennent de patients porteurs de la maladie, puis, par des techniques de biologie moléculaire, de provoquer leur reprogrammation en neurones dopaminergiques. Ces derniers, présentant les défauts génétiques des patients dont ils sont issus, serviraient ensuite de modèles d’étude pour mieux comprendre les évènements qui conduisent à leur mort prématurée.

Fanny Sauvestre fera appel à des techniques avancées de culture cellulaire et de génétique en vue d’induire leur transformation en neurones dopaminergiques. L’obtention de neurones dopaminergiques provenant de patients atteints de la maladie de Parkinson constitue une base pour élucider les mécanismes moléculaires impliqués dans le développement de la pathologie : un premier pas dans la découverte de nouvelles cibles exploitables pour les traitements.
Les cookies permettent d’améliorer la diffusion de nos informations, de mieux gérer vos centres d’intérêt, d’établir des statistiques et d’évaluer les performances du site. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l’utilisation. Pour plus d’informations ou vous opposer à cette utilisation, rendez-vous sur cliquez ici.