Mis à jour le 11 août 2014

Maladie d'Alzheimer : mieux comprendre le rôle des protéines impliquées dans la phase précoce

  • Bien que la maladie d’Alzheimer soit de mieux en mieux comprise, des zones d’ombre importantes subsistent.

  • Les chercheurs s'intéressent à une protéine, APP, qui pourrait avoir un rôle central dans les phases précoces de la pathologie.

  • Ces travaux pourraient déboucher sur la découverte de nouvelles voies thérapeutiques pour la maladie d'Alzheimer, contre laquelle il n'existe pas de traitement efficace.

Thomas Préat est à la tête de l’équipe « Gènes et Dynamique des Systèmes de Mémoire ». Il dirige le Laboratoire Plasticité du Cerveau de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris.

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300000 €

L’équipe dirigée par Thomas Préat a reçu, en 2014, le label « Equipe FRM », gage d’excellence et de qualité, et un financement de 300 000 euros sur 3 ans.

Le fléau de la maladie d’Alzheimer

Le vieillissement de la population dans les pays industrialisés fait de la maladie d’Alzheimer un véritable fléau. En France, on estime que 850 000 personnes souffrent de la maladie et 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La pathologie se traduit par une dégradation des capacités cognitives (mémoire, raisonnement, expression…) liée à une dégénérescence neuronale progressive. Ces troubles s’intensifient peu à peu, pour conduire in fine au décès du patient.
APP : une protéine au cœur du processus pathologique

APP : une protéine au cœur du processus pathologique

La maladie d’Alzheimer est notamment caractérisée par l’agrégation anormale d’une molécule, le peptide amyloïde, au sein des neurones. Cette accumulation toxique sous forme de « plaques amyloïdes » pourrait constituer un des éléments à l’origine de la mort neuronale. Le peptide amyloïde est produit à partir de la fragmentation d’une protéine appelée APP. Aujourd’hui, on connaît peu de choses sur la fonction d’APP et de ses dérivés dans le cerveau. Les chercheurs pensent que cette protéine pourrait avoir un rôle central dans les phases précoces de la maladie. En effet, des précédents travaux menés chez l’animal suggèrent qu’APP est nécessaire à la mémoire et à la plasticité neuronale chez l'animal sain.

La drosophile comme objet d’étude de la maladie d’Alzheimer

Thomas Préat et son équipe souhaitent ainsi mieux comprendre le rôle de la protéine APP ainsi que celui des molécules avec lesquelles elle interagit en vue d’étudier son implication dans la maladie d’Alzheimer. Plus particulièrement, ils veulent se pencher sur deux processus cognitifs affectés par la pathologie : l’apprentissage et la mémoire. Leurs expériences seront conduites chez la drosophile, une petite mouche qui constitue un modèle de choix car elle possède une protéine proche de l’APP humaine dans ses cellules nerveuses et parce que des techniques très puissantes permettent d'étudier le fonctionnement de son cerveau.

Affiner les connaissances sur APP et sur ses protéines partenaires

Les chercheurs ont plusieurs objectifs au cours de ce projet. Tout d’abord, ils souhaitent étudier les interactions possibles entre la protéine APP et les peptides amyloïdes afin d’observer si elles sont positives ou néfastes sur les symptômes de la maladie. Ensuite, l’équipe s’intéressera aux liens possibles entre APP et une protéine capable de dégrader les peptides amyloïdes et dont l’activité est réduite chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Enfin, les chercheurs se pencheront sur l’étude de protéines qui semblent intervenir dans les processus régulés par APP afin de caractériser leurs effets et leur éventuelle implication dans la maladie.

Ce projet permettra de mieux comprendre le rôle d’APP dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer, et pourrait permettre de dégager de nouvelles voies thérapeutiques de la pathologie.

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