Mis à jour le 1 janvier 2020

Addiction à l’alcool : un effet positif de la progestérone ?

  • Des différences entre les hommes et les femmes ont été identifiées dans les troubles de consommations d’alcool, et le cycle hormonal est suggéré comme un facteur important de ces variations.

  • Les chercheurs pensent que l’action d’une hormone féminine, la progestérone, sur des régions cérébrales spécifiques pourrait expliquer cette différence vis-à-vis de cette addiction.

  • Ils souhaitent aujourd’hui explorer l’action de la progestérone en vue de mettre en lumière son potentiel thérapeutique.

Cette recherche est menée par le Dr Céline Nicolas dans l’équipe « Circuits neuronaux de l’anxiété » dirigée par le Dr Anna Beyeler au Neurocentre Magendie à Bordeaux.

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Somme accordée en 2019 à Céline Nicolas pour mener ce projet à bien

Le fléau de l’alcoolisme

La consommation d’alcool constitue un véritable problème de santé publique. Selon l’Inserm, 10 % des adultes en France seraient en difficulté avec l’alcool (consommation abusive ou dépendance), et 11 millions de personnes seraient concernées dans l’Union Européenne.

L’OMS estime que pour l’année 2016, plus de trois millions de décès étaient liés à l’abus d’alcool, soit un décès sur 20. Toujours selon l’Inserm, 200 maladies sont attribuables à une consommation abusive d’alcool.

Malgré ces données alarmantes, il n’existe pour le moment pas de traitement pleinement efficace permettant de se libérer de l’alcoolodépendance. Les chercheurs étudient donc les mécanismes impliqués dans cette pathologie en vue de développer des moyens thérapeutiques efficaces.

La progestérone : une hormone protectrice ?

La progestérone : une hormone protectrice ?

Céline Nicolas s’intéresse à un aspect méconnu de l’addiction à l’alcool : les différences qui existent entre les hommes et les femmes vis-à-vis de cette dépendance. La progestérone, une hormone féminine, réduit les comportements addictifs.

Elle pourrait ainsi avoir un potentiel thérapeutique dans le traitement de la dépendance aux drogues et dans les risques de rechute.

Cependant, son action dans les troubles de la consommation d’alcool reste inconnue. Cette question est centrale dans le projet de recherche de Céline Nicolas.

Une étude des mécanismes en jeu

Tout d’abord, l’équipe étudiera le rôle de l’insula dans la prise excessive d’alcool au sein d’un modèle murin. Ensuite, les chercheurs analyseront l’activité des neurones de l’insula lors de consommation excessive d’alcool. Enfin, ils évalueront la capacité de la progestérone à prévenir la consommation excessive d’alcool.


Ce projet apportera des connaissances sur les mécanismes cérébraux impliqués dans l’addiction à l’alcool et mettra en lumière le potentiel thérapeutique de la progestérone contre les troubles de consommation d’alcool.

Cerveau et addiction à l’alcool

Une région du cerveau appelée le cortex insulaire, ou insula, est connue pour jouer un rôle important dans la dépendance à l’alcool. Cette région présente des protéines-récepteurs sensibles à la progestérone. L’insula pourrait ainsi être une région clé expliquant les différences entre les sexes observées face à l’addiction à l’alcool.

Dans son projet, Céline Nicolas caractérisera le rôle de l’insula dans l’alcoolodépendance et déterminera si la progestérone peut réguler l’activité des neurones dans cette région cérébrale, et ainsi prévenir la consommation excessive d’alcool.

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