Tout savoir sur la vaccination

Selon l’OMS, plus de quatre millions de vies sont sauvées chaque année, grâce aux vaccins. Qu’il s’agisse de vaccins vivants atténués, inactivés ou à ARN, ils ont tous pour objectif de contraindre l’organisme à se défendre contre l’agent pathogène (ou une fraction de celui-ci) et de le garder en mémoire. Avec l’arrivée des vaccins à ARNm, la recherche espère aujourd’hui pouvoir s’attaquer à des maladies jusqu’alors incurables, comme ebola, ou proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques, comme dans le cancer.

Quelques chiffres sur la vaccination

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 4 millions de vies sont sauvées dans le monde chaque année grâce à la vaccination.

L'agence nationale de sécurité et du médicament (ANSM) indique que près de 25 millions de doses de vaccins sont vendues chaque année en France.

En revanche, il existe une défiance croissante vis-à-vis de la vaccination en France. En 2005, 90 % des Français avaient une opinion favorable au sujet des vaccins, contre 75 % en 2016 selon Santé Publique France. Cette tendance s’inverse : en 2024, 80 % des adultes âgés de 18 à 79 % étaient favorables à la vaccination. Le vaccin contre la Covid-19 ou celui contre la grippe continue toutefois de susciter des réticences.

Qu'est-ce qu'un vaccin ?

Un vaccin est un médicament préventif contre les maladies infectieuses. Le principe consiste à inoculer à une personne en bonne santé une bactérie ou un virus rendu inoffensif, ou simplement un fragment de celui-ci, pour que l’organisme apprenne à le reconnaître et développe des défenses immunitaires. Si la personne est un jour réellement en contact avec le microbe naturel, son organisme sera déjà prêt pour le combattre efficacement : elle ne tombera pas malade ou beaucoup moins que si elle n’avait pas été vaccinée.

Dans le cas des maladies infectieuses transmissibles, le vaccin protège celui qui est vacciné, mais aussi les autres. Car plus une part importante de la population est vaccinée, plus la circulation du microbe est freinée. Cela diminue ainsi le risque de contracter la maladie pour les personnes non vaccinées, par exemple les nouveau-nés, les personnes fragiles ou ceux ayant une contre-indication à la vaccination. Cette stratégie a déjà permis d’éradiquer la variole, et pourrait bientôt conduire à la disparition de la poliomyélite.

A l’inverse, la diminution de la vaccination dans la population favorise la ré-émergence de certaines maladies. C’est le cas de la rougeole ou de la coqueluche.

Différents types vaccins

Les vaccins vivants atténués

Ces vaccins sont composés de virus ou bactéries vivants mais non pathogènes car longtemps cultivés en laboratoire ou modifiés par génie génétique. Ce sont les plus efficaces : ils induisent une réponse immunitaire spécifique impliquant à la fois des lymphocytes, un type de cellule immunitaire, et des anticorps, des protéines qui détectent les agents pathogènes de manière spécifique dans le but d’empêcher l’infection ou d’éliminer les cellules infectées, notamment. Mais ils sont aussi les plus délicats à développer d’un point de vue industriel, avec des risques plus importants.


Les vaccins inactivés

Ces vaccins contiennent des microbes inertes, neutralisés par des moyens chimiques ou par la chaleur, ou encore des vaccins sous-unitaires, contenant uniquement quelques fragments du microbe (en général des protéines de surface car elles sont les plus à même d’être reconnues par le système immunitaire). Ces vaccins sont plus simples à fabriquer que les vaccins vivants atténués, mais ils engendrent une plus faible et/ou moins durable réponse immunitaire, c'est pourquoi ils nécessitent souvent l’usage d’adjuvants (molécules naturelles ou synthétiques ajoutées dans un vaccin pour renforcer la réponse immunitaire.).


Les vaccins à ARNm

Mis au point pour lutter contre la pandémie de Covid-19, les vaccins à ARN messager (ARNm) fonctionnent sur le même principe : exposer le patient à un « leurre » pour le pousser à développer une mémoire immunitaire contre le virus. Mais à la différence des vaccins précédents, ils ne fournissent pas le virus atténué ou inactivé mais simplement le code génétique d’un fragment du virus (via l’ARNm), afin que la personne vaccinée le produise elle-même. Une fois produit, au point d’injection uniquement, le fragment de virus déclenche la réaction immunitaire à garder en mémoire. Avantages : ces vaccins sont rapides à développer et facilement adaptables si le virus venait à évoluer.

Quels sont les risques des vaccins ?

Comme tout médicament, les vaccins doivent répondre à des objectifs de sécurité et d’efficacité. Certains peuvent avoir des effets indésirables, telles qu’une fièvre ou des douleurs au point d'injection, mais les risques associés à la vaccination restent bien moindres, en comparaison des maladies desquelles elle protège.

Les contre-indications à la vaccination sont rares. L’Assurance maladie en liste deux : l’allergie connue à l’un des adjuvants ou une réaction allergique grave connue lors d’une précédent vaccination et la présence d’une immunodépression et jusqu’à la disparition de celle-ci, pour une vaccination par virus vivant atténué (ROR, BCG, varicelle, zona, infection à rotavirus, dengue et fièvre jaune).

Concernant les vaccins à ARNm récemment développés, l’étude Epi-phare menée sur 28 millions de personnes vaccinées contre la Covid-19 a montré qu’il n’existait aucun risque de sur-mortalité 4 ans après les débuts de la vaccination, mais au contraire une réduction du risque de mortalité de 25 %.

Quels sont les vaccins obligatoires ?

Depuis le 1er janvier 2025, douze vaccins sont obligatoires pour les nourrissons âgés de moins de deux ans : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus influenza de type B, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, infections à pneumocoque, méningocoques B et ACWY.

A 6 ans, seul le rappel du DTP doit être réalisé.

A l’adolescence et jusqu’à 26 ans, la vaccination contre les infections à papillomavirus (HPV) est fortement recommandée pour les filles et les garçons. De même que celle contre le méningocoque ACWY. Un nouveau rappel du DTP doit être réalisé entre 11 et 13 ans, puis tous les 20 ans.

Pour les femmes ayant un projet de grossesse, le vaccin contre la rubéole est recommandé, au minimum un mois avant le début de la grossesse.

Durant la grossesse, le vaccin contre la Covid-19 est préconisé car les femmes enceintes présentent un risque accru de souffrir d’une forme sévère et de développer des complications néonatales. D’autres vaccins sont également conseillés, comme celui contre la grippe, le virus pulmonaire syncytial (VRS) ou la coqueluche. Ils doivent faire l’objet d’un avis médical. Dans le cadre d’une recrudescence de la coqueluche, la vaccination est également conseillée dans l’entourage des nourrissons.

Après 65 ans, plusieurs vaccins sont recommandés pour lutter contre le pneumocoque, la grippe saisonnière, la Covid-19 et le zona. La vaccination contre le VRS est préconisée chez les plus de 65 ans présentant une maladie pulmonaire ou cardiaque, et chez toutes les personnes âgées de plus de 75 ans.

Quels sont les enjeux de la recherche vaccinale ?

Mieux comprendre les mécanismes de défense « naturels » contre l’infection

Un des enjeux de la recherche est l’identification des anticorps naturellement produits par l’organisme contre le microbe, en particulier ceux qui permettent de le neutraliser et donc de bloquer la progression de la maladie tout en diminuant le risque de transmission entre individus. L’importance de la réponse immunitaire de type cellulaire, celle à long terme, doit aussi être étudiée.


Définir les conditions dans lesquelles la vaccination serait la plus intéressante

Ensuite, les chercheurs s’interrogent sur les enjeux sanitaires et la balance bénéfice/risque des vaccins : ne faut-il vacciner que les personnes les plus à risques ou prévenir la circulation de l'infection dans la population générale ? Est-il plus intéressant de bloquer l’entrée du microbe dans l'organisme ou l'empêcher de provoquer des symptômes ? Quelles sont les conditions de fabrication les plus optimales ? À grande échelle un vaccin vivant atténué, par exemple, est beaucoup plus compliqué à produire qu'un vaccin à sous-unité.


Améliorer les vaccins existants

La recherche souhaite aussi améliorer l'efficacité des vaccins existants. En effet, certains vaccins, comme ceux de la coqueluche ou encore de la grippe, présentent une efficacité insuffisante. De nombreuses équipes s'intéressent ainsi à de nouveaux modes de délivrance vaccinale, comme l'administrer par le nez (administration par voie nasale) afin de mimer l'infection « naturelle » ou encore au travers de la peau. D’autres chercheurs s'intéressent quant à eux au développement de nouveaux adjuvants plus efficaces pour stimuler l’immunité.


Découvrir des vaccins contre les maladies émergentes et ré-émergentes

Les maladies respiratoires infectieuses sont aujourd’hui celles pour lesquelles le besoin de nouveaux vaccins se fait le plus ressentir. Mais il ne faut pas oublier les besoins pour d'autres maladies, émergentes ou ré-émergentes, telles que Zika, ebola ou le chikungunya. Plusieurs vaccins sont actuellement en cours de développement pour ces maladies : ainsi, un vaccin contre ebola a récemment été mis au point mais ils ne couvrent pas toutes les souches ; un autre vaccin contre le chikungunya a été développé mais des cas d’effets indésirables graves ont été rapportés chez des personnes âgées. Des améliorations sont encore nécessaires. Les années de recherche pour mettre au point un vaccin contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), virus responsable du sida, mettent par ailleurs en lumière les nombreuses difficultés auxquelles se heurtent les chercheurs. Certains candidats-vaccins contre le VIH ou la dengue, par exemple, ont été des échecs majeurs car ils conduisaient à la fabrication par l’organisme d'anticorps délétères qui exacerbaient les symptômes de la maladie en provoquant une sur-réaction inflammatoire. Depuis, les nouveaux vaccins contre la dengue ont résolu ce problème. Avec l’arrivée des vaccins à ARNm, de nouveaux axes de recherche sont apparus, comme celui de développer un vaccin contre le cancer ou contre certaines maladies auto-immunes.


Convaincre la population de l’intérêt de la vaccination

Ces recherches ne porteront leurs fruits que si la population accepte de se faire vacciner ! Suite aux recommandations formulées en 2016 par le Comité d'orientation de la Concertation citoyenne sur la vaccination, les équipes de recherche en sciences humaines et sociales s'intéressent de plus en plus au sujet. Il faut donc redonner confiance dans les vaccins à la population : cette technique a tout de même sauvé plusieurs millions de vies depuis son invention ! Autant de pistes suivies par la recherche afin de rendre les vaccins de plus en plus efficaces.

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