Mis à jour le 3 décembre 2015

Sida : comprendre les facteurs de défense cellulaire pour lutter contre le virus

  • Les cellules immunitaires possèdent des systèmes de défense contre le virus du sida qui ont pour rôle de stopper la propagation virale.

  • Néanmoins, les virus s’y sont adaptés au fil de leur évolution, et parviennent à les contourner.

  • Les recherches s’accentuent pour comprendre les pleines fonctions de ces systèmes de protection et ainsi lutter efficacement contre l’infection virale.

Cette recherche est menée par Grégory Pacini dans l’équipe «  Interactions hôte-virus » sous la direction de Katy Janvier à l’Institut Cochin à Paris.

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Le projet de Grégory Pacini a été sélectionné par la Fondation pour la Recherche Médicale en 2015.

A noter que Grégory Pacini a été finaliste du concours « Ma thèse en 180 secondes » qui consiste à présenter au grand public son travail de recherche en un exposé de 3 minutes.

Généralités sur le sida

Le syndrome d’immunodéficience acquise, ou sida, représente le dernier stade de l’infection liée au VIH, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). En France, on estime que 6 200 personnes ont découvert leur séroposivité en 2013. Le sida toucherait environ 35 millions de personnes dans le monde, et aurait été responsable de la mort de 1,2 million de personnes pour 2014.  Aujourd’hui, il n’existe toujours pas de traitement curatif de la pathologie, mais la recherche a réalisé de grandes avancées. Les thérapies actuelles ont permis aux malades de vivre plus longtemps, mais au prix de lourds effets secondaires. Grégory Pacini et son équipe d’accueil s’intéressent aux interactions entre le virus et l’organisme infecté. Leurs découvertes pourraient permettre d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Une défense par le facteur de restriction BST2

Une défense par le facteur de restriction BST2

Le virus du sida s’attaque à certains globules blancs : il y pénètre et utilise les ressources des cellules pour s’y répliquer, ce qui conduit à terme à leur destruction. Afin de se multiplier efficacement dans la cellule infectée et se propager, le VIH doit contrecarrer les défenses immunitaires de l’hôte. Il réussit notamment à échapper à des protéines appelées « facteurs de restriction », qui bloquent certaines étapes de la multiplication ou de la propagation virale, à l’intérieur des cellules infectées. Un de ces facteurs de restriction, la protéine BST2, agit en retenant les virus VIH nouvellement produits à la surface de la cellule infectée, ce qui empêche leur propagation.

Des protéines partenaires importantes

Durant sa thèse, Grégory Pacini souhaite comprendre les mécanismes moléculaires qui régulent l’abondance et la localisation de BST2 dans la cellule. Il s’intéresse notamment aux protéines qui interagissent avec elle : deux protéines appelées EHD4 et EHD1. Ces dernières sembleraient influencer le devenir de  BST2, en modifiant sa place dans la cellule ou encore en induisant sa dégradation. De plus, ses recherches ont montré que l’absence d’EHD4 et d’EHD1 dans des cellules infectées par le VIH entraîne la production de virus moins virulents et aux capacités de propagation amoindries.

Poursuivre les recherches sur BST2

Aujourd’hui, Grégory Pacini veut poursuivre son étude en explorant les mécanismes moléculaires en jeu dans les phénomènes observés. Il projette ainsi de comprendre pourquoi la production et la localisation de BST2 sont altérées en l’absence d’EHD4 et d’EHD1, et pourquoi les virus nouvellement produits sont moins infectieux. Ses expériences de biologie moléculaire se dérouleront au sein de cellules en culture.

Ce projet pourrait à terme ouvrir la voie vers de nouvelles stratégies thérapeutiques pour combattre le virus du sida et lutter contre ce fléau.
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