Mis à jour le 29 août 2018

Paludisme : l’impact du fer sanguin sur l’infection mieux compris

  • Le paludisme est une pathologie infectieuse qui fait encore des ravages.

  • Les chercheurs redoublent d’effort pour étudier les mécanismes à l’œuvre lors de la maladie afin de développer des nouveaux traitements.

  • Des chercheurs ont obtenu des données chez l’animal qui témoignent de l’intérêt d’une stratégie de restriction en fer lors de l’infection.

Ce résultat est le fruit d’une collaboration entre plusieurs équipes de chercheurs, dont l’équipe « Génétique et régulation du métabolisme du fer » dirigée par Marie-Paule Roth à l’Institut de Recherche en santé digestive de Toulouse. 

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Financement accordé à Marie-Paule Roth en 2013 dans le cadre du financement d’une équipe sur 3 ans, et qui a contribué à l’obtention de ces résultats.

Le paludisme : un fléau toujours présent

Le paludisme est loin d’être éradiqué dans le monde : encore très présent sur le continent africain, cette pathologie infectieuse fait encore des ravages. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la maladie aurait été responsable de 445 000 décès en 2016, dont 91 % des cas en Afrique. L’organisme estime que le paludisme tuerait un enfant toutes les deux minutes ! Des chiffres qui mettent en exergue la nécessité d’étudier en profondeur les mécanismes en cause dans le processus infectieux afin de développer de nouveaux traitements. Une collaboration internationale de chercheurs a récemment progressé sur le sujet : en étudiant le métabolisme du fer chez une souris atteinte par la maladie, ils ont découvert un mécanisme qui ouvre la voie à des stratégies thérapeutiques prometteuses.

Une infection liée à un parasite

Une infection liée à un parasite

Le paludisme est lié à une infection de l’organisme par un parasite, Plasmodium, transmis à l’homme par la piqure de certains moustiques.

Une fois dans la circulation sanguine, le Plasmodium se multiplie tout d’abord dans le foie puis dans les érythrocytes, les globules rouges.

La sortie des parasites des globules rouges entraine leur explosion : c’est l’hémolyse. Cela se traduit par une anémie très sévère, à l’origine des symptômes. 

Le fer, un constituant indispensable

Comme tout organisme vivant, Plasmodium a besoin de fer pour survivre. Des études chez l’animal ont en effet montré que la multiplication du parasite est très dépendante du fer. Chez l’homme, un apport en fer semble augmenter le risque infectieux. 

Un taux de fer sanguin affecté par l’infection

Ce rôle prépondérant du fer a poussé les chercheurs à s’intéresser à son métabolisme au cours de la maladie. Le taux de fer sanguin est finement régulé dans l’organisme. L’un des principaux acteurs de cette régulation est l’hepcidine, une hormone produite par le foie. Elle permet à certaines cellules (du foie, de l’intestin…) de stocker le fer, et empêche le relargage de l’oligoélément dans la circulation. 

Les chercheurs ont suivi les taux sanguins d’hepcidine chez des souris modèles de la maladie. Il s’avère que lors de la première phase de l’infection, la production d’hepcidine augmente, en association avec une rétention du fer en dehors de la circulation. En revanche, dans les phases les plus tardives de l’infection, les chercheurs ont observé une diminution de la production d’hepcidine. En outre, les équipes ont également constaté une augmentation du taux d’érythoferrone sanguin, molécule bloquant la fabrication d’hepcidine. Il y a donc une hausse du fer circulant dans les phases les plus tardives de l’infection étroitement liée à la régulation exercée par l’hepcidine et l’érythroferrone.

Premiers résultats d’une restriction en fer chez l’animal

Les chercheurs ont enfin réalisé une dernière expérience : à l’aide de techniques génétiques, ils ont bloqué la production d’érythoferrone chez les souris. Cela a rétabli un taux d’hepcidine normal dans les phases tardives de l’infection chez les rongeurs, et donc une diminution du taux de fer sanguin. Cet effet était associé avec une baisse du taux de parasites dans le sang.

Ces résultats donnent des premières preuves de l’intérêt d’une restriction en fer dans le traitement du paludisme : il reste bien sûr à le confirmer au cours d’études ultérieures.


Source : Latour C et al. Erythroferrone contributes to hepcidin repression in a mouse model of malarial anemia. Haematologica 2017 ; 102 : 60-8.

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