Mis à jour le 1 septembre 2014

Infections nosocomiales : mieux comprendre les mécanismes de résistance aux antibiotiques

  • Certaines bactéries ont la capacité d'acquérir de nouvelles résistances aux traitements antibiotiques par la captation de gènes qui proviennent de microorganismes de leur environnement.

  • Laetitia Attaiech s'intéresse à ce mécanisme chez Acinetobacter baumannii, une bactérie responsable d'infections contractées en établissement de santé.

  • Ses travaux pourraient permettre de développer des traitements pour lutter efficacement contre ces microorganismes particulièrement redoutables.

Cette recherche est menée par Laetitia Attaiech dans l’équipe « Génétique de la compétence des bactéries pathogènes », dirigée par Xavier Charpentier, au sein du laboratoire « Microbiologie Adaptation Pathogénie » (UMR5240) de l’Université Lyon 1.

Vos dons en actions
110400 €

Le projet de Laetitia Attaiech a été sélectionné par le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2013, qui lui a attribué 110 400 € sur 2 ans.

La résistance bactérienne au cœur des infections nosocomiales

Depuis quelques années, on assiste à une recrudescence d’infections nosocomiales (contractées en établissement de santé) causées par des bactéries, et à une augmentation spectaculaire du nombre de bactéries multi-résistantes aux antibiotiques. Pour les combattre, il devient urgent de comprendre les mécanismes qui sous-tendent l’évolution rapide de ces phénomènes. En effet, les infections nosocomiales sont responsables en France de près de 4 000 décès par an : l’étude de la résistance bactérienne aux traitements actuels constitue donc un véritable enjeu de santé publique.

Acinetobacter baumannii : une bactérie redoutable

Acinetobacter baumannii : une bactérie redoutable

Laetitia Attaiech s’intéresse plus particulièrement à une bactérie, Acinetobacter baumannii. Elle fait partie des bactéries particulièrement dangereuses, car elle possède une grande capacité à devenir « pan-résistante », c’est-à-dire résistante à tous les antibiotiques connus. Elle déclenche donc des infections qui peuvent être impossibles à traiter. Cette propriété en fait un réel fléau, notamment au sein des services soignant des personnes fragiles (comme les services de réanimation).

Le phénomène de compétence au cœur de la problématique

Afin de développer des résistances aux antibiotiques, les bactéries doivent acquérir de nouveaux gènes qui leur confèrent un effet protecteur. Dans le monde bactérien, différents mécanismes permettent ces acquisitions de gènes.

Les gènes sont portés par une molécule, l’ADN. Certaines bactéries, dont Acinetobacter baumannii, peuvent entrer dans un état physiologique dit de « compétence », qui leur permet de capturer et d'intégrer de l'ADN étranger de microorganismes présents dans leur environnement. En exprimant ces nouveaux gènes, elles peuvent développer de nouvelles propriétés, comme la capacité de devenir insensibles aux traitements.

Une étude génétique du mécanisme

Le but de ce projet de recherche est de déterminer comment Acinetobacter baumannii devient compétente. Plusieurs études ont montré que ce phénomène de compétence peut être induit par certains antibiotiques : les transferts génétiques et la dissémination de gènes de résistance sont ainsi favorisés. A l’aide de techniques de génétique moléculaire, les chercheurs vont se pencher sur les mécanismes développés par les bactéries en culture lorsqu’elles sont soumises à divers antibiotiques pour devenir compétentes. Comprendre comment ce phénomène est induit chez Acinetobacter baumannii devrait permettre de développer un traitement pour lutter efficacement contre cette bactérie.

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