Mis à jour le 13 avril 2017

Troubles du rythme cardiaque : un risque de fibrillation auriculaire augmenté après la perte d’un conjoint

  • La fibrillation auriculaire est l’un des troubles du rythme cardiaque les plus fréquents dans l’hexagone, aux conséquences parfois sévères.

  • Des chercheurs danois ont montré que le risque de développer une fibrillation auriculaire augmentait après le décès d’un conjoint.

  • Cette découverte suggère que suivre plus particulièrement ces personnes à risque peut permettre de dépister plus précocement cette pathologie.

Cette découverte a été réalisée par un groupe de chercheurs de l’Université d’Aarrhus au Danemark.

La fibrillation auriculaire : une affection cardiaque répandue

Les troubles du rythme cardiaque sont des affections fréquentes. La plus répandue d’entre elle, la fibrillation atriale, toucherait près de 1 % de la population. Ses répercussions sont variables : cette pathologie, en favorisant la formation de caillots sanguins dans le cœur, peut entraîner des accidents vasculaires cérébraux aux conséquences parfois sévères. Aujourd’hui, des moyens de prendre en charge la fibrillation atriale existent, tels que la prise d’anti-arythmiques (pour la stabilisation du rythme cardiaque) ou encore la pose chirurgicale d’un pacemaker (stimulateur qui émet des impulsions électriques à la surface du cœur et régule le rythme cardiaque).

Un nouveau facteur de risque identifié

Un nouveau facteur de risque identifié

Devant ses conséquences potentiellement désastreuses, il convient de dépister rapidement les personnes atteintes de fibrillation auriculaire afin de mettre en place une prise en charge précoce. C’est pourquoi les chercheurs souhaitent découvrir les facteurs de risque de la maladie afin de suivre plus précisément les personnes susceptibles de la développer. Une équipe danoise a réalisé une découverte étonnante dans le domaine : ils ont observé que perdre son conjoint faisait augmenter le risque de développer une fibrillation auriculaire, jusqu’à un an après le décès.

Une étude sur une large population

De précédentes recherches avaient montré le retentissement d’un fort stress émotionnel sur les maladies cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde. Mais, jusqu’à présent, aucune donnée n’avait établi l’effet de tels évènements sur les troubles du rythme cardiaque et sur la fibrillation atriale. 

Les chercheurs se sont intéressés, sur une période allant de 1995 à 2014, à une population d’environ 88 600 patients atteints de fibrillation auriculaire qu’ils ont comparée à plus de 880 000 témoins. Après analyse, ils ont conclu que les personnes ayant vécu le décès de leur partenaire dans les 30 jours précédents avaient un risque de développer une fibrillation atriale augmenté de 41 % par rapport au groupe témoin. Le risque était d’autant plus important chez les moins de 60 ans et chez les personnes dont le décès du partenaire était inattendu. Au bout d’un an après le décès, le niveau de risque des personnes endeuillées rejoignait celui de la population générale.

Cette étude montre que des hauts niveaux de stress peuvent augmenter le risque de développer une fibrillation atriale. Il reste aujourd’hui à comprendre les mécanismes biologiques à l’origine de ces observations.


Source : Graff S et al. Long-term risk of atrial fibrillation after the death of a partner. Open Heart 2016 ; 3 : e000367.

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