#chiffres-cles

L’infarctus du myocarde en chiffres

Environ 120 000 infarctus du myocarde sont répertoriés en France chaque année.

Bien que la mortalité à 30 jours ait chuté de manière spectaculaire depuis une quinzaine d’années (près de 70%), dans 10% des cas, le patient meurt dans l’heure qui suit l’infarctus et, dans 15%, le décès survient dans l’année. La population concernée par la pathologie évolue : la proportion des moins de 60 ans s’accroît.

Fait marquant, les femmes jeunes sont de plus en plus touchées : en 2010, 25 % des moins de 60 ans avaient déjà fait un infarctus alors qu’elles n’étaient que 10% en 1995. Ce qui rend l’infarctus du myocarde plus meurtrier que le cancer du sein. En cause : le tabagisme essentiellement, en explosion chez les femmes.

#atherosclerose

L’athérosclérose comme cause principale d’infarctus

L’infarctus du myocarde est la mort d’une partie du muscle cardiaque (ou myocarde). Cela se produit quand une des artères coronaires, qui irriguent le cœur, se bouche. La zone du cœur correspondante, brusquement privée de sang et donc d’oxygène, souffre et s’abîme irrémédiablement.

La principale cause de l’infarctus est l’athérosclérose qui débute par la formation de plaques d’athérome, constituées de cholestérol, de fibres et de débris cellulaires, sur la paroi des artères. Ces plaques provoquent une inflammation chronique au niveau de la paroi. Cela les fragilise. La plaque peut finir par se rompre, provoquant la formation d’un caillot de sang qui bouche l’artère.


La principale cause d'infarctus du myocarde est l'athérosclérose.

#facteurs-de-risque

Quels sont les facteurs de risque ?

Les principaux facteurs de risque de l’infarctus du myocarde sont les suivants :

  • le tabagisme,
  • un taux élevé de cholestérol,
  • le diabète,
  • l’hypertension artérielle,
  • la consommation d’alcool,
  • l’obésité,
  • la sédentarité.


Il faut y ajouter des facteurs sur lesquels on ne peut agir tels que les antécédents familiaux (dans le cas où le père, la mère, un frère ou une sœur a présenté une maladie cardiovasculaire précoce) ou l’âge (50 ans chez l’homme, 60 pour la femme).

#symptomes

Quels sont les symptômes ?

Il est crucial de prévenir les secours devant les signes évocateurs d’un infarctus : douleur enserrant la poitrine, qui irradie vers le bras, la mâchoire, et qui persiste malgré la prise d’antalgiques.

Parfois, cette douleur peut s’accompagner d’autres symptômes, tels qu’une angoisse, un essoufflement, des nausées, une pâleur, etc.
Les signes d’infarctus peuvent varier et se révéler parfois non douloureux.

C’est le cas pour les personnes diabétiques, les femmes ou les sujets âgés.


Il est crucial de prévenir les secours devant les signes évocateurs d’un infarctus.

#traitement

Quel traitement mettre en place

L’objectif pour les médecins est de déboucher l’artère et rétablir au plus vite l’irrigation du cœur. Cela se fait dans un délai de 120 minutes après le premier contact avec le médecin, car le pronostic dépend de l’étendue de la zone atteinte.

Dans 70 % des cas, une angioplastie est réalisée, une technique qui consiste à élargir l’artère à l’aide d’un petit ballon que l’on gonfle. Elle est suivie le plus souvent de la pose d’un stent (petit ressort circulaire qui maintient l’artère ouverte).

Si ce délai ne peut être tenu, un médicament qui dissout le caillot (thrombolytique) est administré.

#recherches-actuelles

Des pistes de recherche variées

La recherche est très active dans la lutte contre l’infarctus du myocarde, tant pour améliorer le dépistage et la prise en charge que pour limiter les conséquences.

Un des enjeux majeurs est de pouvoir prédire la survenue d’une crise. On connaît aujourd’hui le rôle de l’inflammation dans le développement et la rupture de la plaque d’athérome. C’est pourquoi les scientifiques cherchent à identifier les plaques qui risquent de rompre et de provoquer un infarctus : à la fois par la recherche de biomarqueurs de l’inflammation, molécules quantifiables dans le sang, mais aussi en améliorant les techniques d’imagerie médicale.

Les recherches sur de nouvelles voies thérapeutiques sont intenses : contrer l’inflammation locale au niveau des plaques d’athérome, améliorer l’efficacité des statines (molécules prescrites pour faire baisser le taux de cholestérol), des antiagrégants (qui empêchent la formation de caillot dans les artères). La génétique a ouvert quant à elle des pistes prometteuses pour diminuer le risque de certains patients. Une mutation sur le gène PCSK9 permet aux personnes qui en sont porteuses d’avoir un taux de cholestérol très bas et de ne souffrir ni d’athérosclérose, ni d’infarctus. Les scientifiques cherchent à contrôler la fonction de ce gène  chez les patients à risque cardiovasculaire élevé.

Des avancées très intéressantes ont également été effectuées dans la prise en charge de la pathologie. Récemment, les chercheurs ont découvert que la ciclosporine, utilisée après une greffe d’organe pour limiter les rejets, était aussi capable de bloquer certains mécanismes de mort cellulaire lors d’un infarctus. Elle pourrait ainsi limiter l’atteinte du muscle cardiaque. Un essai clinique est en cours pour évaluer son impact sur le pronostic et la qualité de vie des patients. Ses résultats sont attendus prochainement.

Autre piste, celle de l’amélioration des stents : une prolifération locale de cellules autour de ce dispositif métallique est en effet parfois observée, avec le risque que le vaisseau se rebouche. Des recherches sont menées sur de nouveaux revêtements, sur des stents résorbables.

Enfin, la médecine régénératrice évalue l’intérêt des cellules souches pour réparer le tissu cardiaque endommagé et rendre au cœur sa fonction contractile.


Imagerie médicale, nouveaux médicaments, génétique, cellules souches, la recherche médicale ne néglige donc aucune piste lorsqu’il s’agit de sauver notre cœur.


Un des enjeux majeurs de la recherche est de pouvoir prédire la survenue de l'infarctus.


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