Mis à jour le 24 août 2021

Cancer du sein : caractériser le rôle du tissu osseux dans la formation de métastases

  • Le cancer du sein peut s’avérer redoutable lorsqu’il se répand dans l’organisme en formant des métastases.

  • Des chercheurs ont mis en évidence un rôle probable du tissu osseux dans ce phénomène de dissémination des cellules tumorales : en effet, une molécule, l’hormone parathyroïdienne, pourrait stimuler le développement cancéreux, via une action sur certaines cellules osseuses.

  • Ils souhaitent aujourd’hui poursuivre la caractérisation de ce processus, en vue de développer de nouvelles thérapies.

Ce projet est mené par Léa Hanna Doumit Sakr, en thèse sous la direction du Dr Sylvain Provot dans l’unité mixte de recherche Inserm et Université de Paris « Biologie de l'os et du cartilage "BIOSCAR" » dirigée par Martine Cohen-Solal à l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Vos dons en actions
102 600 €

Financement accordé en 2019 à Léa Hanna Doumit Sakr pour la réalisation d’une thèse sur 3 ans.

Un cancer très fréquent

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes : en 2018, on estime qu’il a touché 58 500 patientes et a été à l’origine de plus de 12 100 décès. De nombreuses avancées ont été réalisées dans la prise en charge des tumeurs mammaires. Cependant, une forme de ce cancer reste plus délicate à prendre en charge : il s’agit des cancers du sein dits « métastatiques », ceux pour lesquels les cellules cancéreuses ont migré dans l’organisme. Cette problématique est au cœur du projet mené par Léa Hanna Doumit Sakr.

Tissu osseux et métastases

La chercheuse se penche plus particulièrement sur un aspect méconnu de la pathologie : l’effet du tissu osseux sur la progression tumorale. En effet, des études cliniques ont montré que les femmes ayant une masse osseuse élevée développent des cancers du sein plus agressifs. À l’aide de différents modèles, l’équipe de recherche du Dr Provot a montré que l’augmentation du nombre et de l’activité des cellules qui produisent le tissu osseux, les ostéoblastes, stimulent la croissance et la dissémination des tumeurs mammaires dans le corps. Elle a par la suite découvert que cet effet était lié à la synthèse de molécules par les ostéoblastes, molécules qui, en voyageant dans le sang, augmentent la multiplication et la migration des cellules tumorales.

L’hormone parathyroïdienne en ligne de mire

Les chercheurs ont montré que l’activation des ostéoblastes, et donc de la formation osseuse par l’hormone parathyroïdienne (PTH), facilite le développement de tumeurs du sein et le la formation de métastases. Cet élément est important car la PTH, qui est naturellement synthétisée par les glandes parathyroïdiennes, est également utilisée pour traiter certaines personnes dans le cadre de l’ostéoporose, pathologie se manifestant par une fragilité des os.

Contrer les mécanismes moléculaires en jeu

Dans le cadre de sa thèse, Léa Hanna Doumit Sakr s’intéresse aux mécanismes impliqués dans cet effet pro-tumoral de la PTH. Elle poursuit plusieurs objectifs : tout d’abord, il s’agira, par des techniques de biologie moléculaire et cellulaire, de déterminer l’action directe de la PTH sur les ostéoblastes. Ensuite, la chercheuse souhaite identifier les molécules produites par les ostéoblastes et responsables de cette augmentation du développement tumoral. Enfin, Léa Hanna Doumit Sakr testera des approches pour bloquer leurs effets délétères.

Ce projet apportera des données importantes qui permettront à la communauté scientifique et médicale de comprendre et ainsi de mieux prévenir les risques liés à un traitement à base de PTH. Il pourrait aussi mener à la découverte de nouveaux traitements qui limitent la progression du cancer du sein.

Les cookies permettent d’améliorer la diffusion de nos informations, de mieux gérer vos centres d’intérêt, d’établir des statistiques et d’évaluer les performances du site. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l’utilisation. Pour plus d’informations ou vous opposer à cette utilisation, rendez-vous sur cliquez ici.