Mis à jour le 24 août 2021

Cancer du sein : quel est l’impact des polluants organiques persistants présents dans l’alimentation ?

  • Les « polluants organiques persistants » (POP) sont des substances rejetées dans l’environnement par les activités humaines et pouvant être retrouvées dans l’alimentation.

  • Quelques études suggèrent que des taux de POP élevés dans le sang et les tissus graisseux pourraient être associés à des risques accrus de développement du cancer du sein.

  • Les chercheurs souhaitent explorer cette relation en analysant les données issues d’une large étude de cohorte européenne.

Cette recherche est menée par Thibault Fiolet encadré par Marina Kvaskoff et Francesca Romana Mancini dans l’équipe « Exposome-Hérédité » co-dirigée par Severi Gianluca au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à Villejuif.

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Financement accordé à Thibault Fiolet en 2019 pour la réalisation d’une thèse de sciences.

A propos des facteurs de risque du cancer du sein

En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme : il a touché environ 58 500 personnes en 2018, et la même année, il a été responsable de plus de 12 100 décès. Les chercheurs estiment aujourd’hui qu’un cinquième de cas de cancer du sein pourraient être évités grâce à une amélioration de mode vie : perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité, consommer de l’alcool avec modération, et ne pas fumer. Néanmoins, tous les facteurs de risque de cancer du sein ne sont pas encore connus. La recherche doit donc redoubler d’efforts pour les élucider en vue de prévenir la survenue de cancer du sein dans la population.

La question de l’incidence des « polluants organiques persistants »

Thibault Fiolet s’intéresse à l’exposition alimentaire à des contaminants environnementaux classées « polluants organiques persistants » (POP) : des substances rejetées dans l’environnement par les activités humaines. Selon la Convention de Stockholm (un accord international visant à interdire certains polluants), les POP recouvrent un ensemble de substances chimiques qui possèdent quatre propriétés :

  • toxicité (action sur la santé humaine) ;
  • persistance (résistance à la dégradation biologique, chimique et par la lumière) ;
  • bioaccumulation (accumulation dans la graisse des organismes) et bioamplification (augmentation des concentrations des POPs dans les maillons de la chaîne alimentaire) ;
  • mobilité (capacité à être transportés sur de longues distances).

Ces polluants suscitent diverses inquiétudes auprès des autorités, notamment en raison de leur capacité à se concentrer de façon importante dans la chaine alimentaire. Cela représente la principale voie d’exposition en population générale.

Quelques études suggèrent que des taux de POP élevés dans le sang et les tissus graisseux pourraient être associés à des risques accrus de développement du cancer du sein. En revanche, il n’existe pas de travaux de grande ampleur sur l’effet potentiel des POP provenant de l’alimentation sur le risque de cancer du sein et de mortalité. C’est ce que se propose d’étudier Thibault Fiolet.

Une large étude de cohorte européenne

Le projet se concentre sur les POP les plus souvent détectés dans les aliments : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les dioxines, les polychlorobiphényles et les pesticides organochlorés. Il s’agira d’analyser, par de la modélisation statistique, les associations entre l’exposition alimentaire à chacune de ces substances et le risque de cancer du sein et de mortalité.

L’équipe dispose pour cela des données collectées dans le cadre de la cohorte européenne EPIC coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a inclus 520 000 personnes dans 10 pays. Depuis 1992 chaque participant doit, à intervalles réguliers, renseigner des informations sur divers aspects de son mode de vie, son alimentation et sur son état de santé (dont la survenue des cancers) : ce recueil constitue donc une base de données très solide pour réaliser une telle étude épidémiologique

Les connaissances apportées par ce projet pourraient contribuer à réduire le risque de cancer du sein et de mortalité, avec des retombées importantes pour la santé publique.

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