Mis à jour le 7 janvier 2016

Cancer de la peau secondaire à un traitement par thiopurines : un mécanisme en cause

  • Les thiopurines, médicaments prescrits pour éviter un rejet de greffe ou dans le traitement de certaines leucémies, peuvent avoir pour effet secondaire le développement d’un cancer de la peau.

  • Des chercheurs ont découvert le mécanisme moléculaire impliqué dans ce processus néfaste.

  • Cette avancée constitue une première étape pour une meilleure prise en charge des patients à l’avenir.

Cette découverte a été réalisée par Quentin Gueranger et son équipe d’accueil au London Research Institute à Londres.

Vos dons en actions
24000 €

Le projet de Quentin Gueranger a été sélectionné par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2008.

Il a été alloué au chercheur un financement de 24 000 € qui a contribué à l’obtention de ce résultat.

Le cancer de la peau, un effet secondaire grave des thiopurines

Des médicaments, les thiopurines, induisent parfois des effets secondaires très graves comme un cancer de la peau. Un véritable problème, car ces traitements sont largement utilisés à long terme dans plusieurs pathologies, en prévention du rejet de greffe ou encore dans le cadre de certaines leucémies. Quentin Gueranger et son équipe ont mis en évidence le mécanisme en cause dans ces effets secondaires. Pour le comprendre, il faut revenir sur les conditions de développement du cancer de la peau au niveau cellulaire.

Tioguanine

Le processus de cancérisation

Les cellules de la peau sont soumises aux rayons ultraviolets émis par le soleil. Ils sont très néfastes pour l’ADN, la molécule support de l’information génétique. Les rayons ultraviolets causent des dommages dans la structure même de l’ADN, ce qui peut provoquer des mutations et engendrer un cancer. Bien heureusement, un système de réparation des lésions existe : des protéines présentes dans la cellule ont ainsi la capacité de détecter des erreurs au niveau de la molécule d’ADN et de les corriger.

Le système de réparation de l’ADN en cause

L’équipe s’est intéressée à la manière dont les thiopurines sont intégrées et dégradées par l’organisme. Elle a montré que l’un de ses produits de dégradation a la capacité de s’intégrer dans l’ADN. Cela la rend alors plus sensible à un certain type de rayons ultraviolets, les UVA. De plus, les UVA génèrent ensuite la production de molécules toxiques, les radicaux libres, qui perturbent le fonctionnement des protéines chargées de la réparation de l’ADN. Le système devient inefficace, ce qui favorise l’apparition de mutations et donc le développement tumoral.

Cette avancée est importante, puisqu’elle donne des précisions sur l’augmentation des risques de développer un cancer de la peau sous thiopurines : un premier pas pour améliorer la prise en charge des patients.

Source : Gueranger Q et al. Protein oxidation and DNA repair inhibition by 6-thioguanine and UVA radiation. J Invest Dermatol 2014 ; 134 : 1408-17.
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