Diabète de type 1 : comprendre la maturation des cellules pancréatiques pour élaborer une thérapie cellulaire


En trois décennies, le nombre de patients atteints de diabète a quadruplé. En France, 92 % de ces patients présentent un diabète de type 2. En cause, nos modes de vie occidentaux qui associent une alimentation déséquilibrée riche en sucres et en graisses et une diminution drastique de l’activité physique. Pour y remédier, la prise en charge repose principalement sur des mesures hygiéno-diététiques qui, à elles seules, peuvent normaliser la glycémie. La recherche essaie toutefois de mieux comprendre le développement de cette maladie et les facteurs de risque l’influençant.
Selon l'Organisation mondiale pour la Santé, le nombre de personnes atteintes de diabète dans le monde est passé de 200 millions en 1990 à 830 millions en 2022. A cette date, plus de la moitié des adultes diabétiques (59 %) n’avaient pas accès au traitement. En France, en 2023, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées pour un diabète souligne le site de l'Assurance Maladie. Cela correspond à 5,6 % de la population française. Le diabète de type 2 représente plus de 90 % des cas de diabète en France. Sa prévalence augmente avec l’âge : un pic de cas est observé entre 70 et 85 ans chez les hommes et entre 75 et 85 ans chez les femmes, selon l'Inserm.
De manière générale, le diabète est une maladie qui se caractérise par la présence trop importante de glucose, la source d’énergie des cellules, dans le sang. Le taux de glucose sanguin ou glycémie, est régulé par l’insuline, une hormone sécrétée par certaines cellules du pancréas.
Ainsi, lorsque le taux de glucose augmente, le pancréas sécrète de l’insuline qui agit en se fixant aux récepteurs de la paroi des cellules. Cela active le stockage du glucose dans celles-ci, et, mécaniquement, abaisse le taux de glucose sanguin. À l’inverse, une autre hormone, le glucagon, permet le déstockage du glucose lors d'un besoin énergétique.
Les tissus comme les muscles et le foie ont besoin d'insuline pour stocker le glucose nécessaire à une dépense énergétique ultérieure. Lors du diabète de type 2, il s’installe une résistance progressive des cellules à l'insuline, qui ne répondent plus de façon adéquate à sa présence. On parle alors d’insulinorésistance. Le pancréas doit alors en produire davantage. L'organe s'épuise, ce qui entraîne la destruction des cellules pancréatiques productrices d’insuline. L’hormone n'est alors plus produite en quantité suffisante et le taux de glucose augmente de façon anormale dans le sang, c’est l’hyperglycémie.
Mal contrôlé, le diabète de type 2 peut-être à l’origine de diverses complications.
La maladie a des retentissements au niveau des vaisseaux sanguins et favorise la survenue d'athérosclérose (caractérisée par le développement de plaques de dépôts graisseux dans les vaisseaux) à l’origine d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral ou d’artérite des membres inférieurs. Aussi, la tension artérielle et les taux de lipides sanguins doivent être régulièrement contrôlés.
L’atteinte des petits vaisseaux peut également engendrer des complications dans différents organes, comme la rétine, le rein, le foie ou les pieds. Ainsi, la rétinopathie, une atteinte de la rétine liée à une mauvaise vascularisation et pouvant engendrer une cécité, est une complication possible du diabète de type 2. Il est donc nécessaire d’effectuer un contrôle ophtalmologique environ une fois par an. Le diabète peut aussi induire une neuropathie périphérique, en rendant le patient moins sensible au niveau des pieds. La cicatrisation est aussi moins efficace. Il est donc nécessaire de faire examiner ses pieds périodiquement, à la recherche d’une éventuelle infection passée inaperçue. De la même manière, les néphropathies et un dysfonctionnement hépatique sont des complications possibles.
Enfin, le diabète de type 2 augmente le risque de développer la maladie d’Alzheimer.
Le diabète de type 2 est favorisé par un mode de vie « occidental » qui associe une alimentation riche en gras et en sucre et une sédentarité. Ces deux pratiques combinées favorisent l’émergence d’un surpoids, voire d’une obésité. Avec l’âge, celles-ci constituent les principaux facteurs de risque de développer un diabète de type 2.
Le diabète de type 2 est également lié à l'interaction de plusieurs gènes de prédisposition et différents facteurs environnementaux tels que l’alimentation, le tabac ou encore la pollution atmosphérique.
Des inégalités sont observées : les personnes socio-économiquement défavorisées sont plus touchées par le diabète que les personnes plus aisées. De même, les personnes vivant dans des régions où l'indice territorial de désavantage social est plus élevé ou les habitants des départements et régions d’outre-mer sont davantage atteints de diabète de type 2.
Le diabète de type 2 touche très majoritairement des personnes âgées de plus de 40 ans. Mais elle est diagnostiquée en moyenne à l’âge de 65 ans.
La progression du diabète de type 2 est insidieuse. Pendant longtemps, elle reste asymptomatique, si bien que sa découverte se fait souvent au moment de l'apparition de ses complications, ou au décours d’une autre pathologie.
Avec l’avancée de la maladie, des symptômes peuvent apparaître. Ce sont principalement une soif excessive, une fatigue, une envie fréquente d’uriner ou encore des troubles de la vision. De manière générale, l'excès de glucose dans le sang a des effets néfastes sur le cœur, les yeux, les reins, le système nerveux et des atteintes de ces organes peuvent également alerter.
L'examen de référence pour diagnostiquer le diabète de type 2 est la mesure de la glycémie à jeun, par simple prise de sang. Le taux normal de glucose dans le sang est compris entre 0,74 g/l et 1,06 g/L. On considère qu'une personne est atteinte d’un diabète lorsque la glycémie à jeun est au-dessus de 1,26 g/L lors de deux mesures.
D'autres examens sont ensuite prescrits aux patients :
Santé publique France recommande d’effectuer un dépistage du diabète de type 2 chez les personnes à risque, c’est-à-dire celles âgées de plus de 45 ans présentant un facteur de risque, tel qu’une surpoids, une sédentarité importante, une origine non caucasienne, un antécédent de diabète gestationnel ou de diabète chez un parent de premier degré, une hypertension, une dyslipidémie ou une précarité.
Tout d'abord, le respect d’un régime alimentaire strict associé à de l'exercice physique est indispensable. C’est un élément de prise en charge essentiel du diabète de type 2 en phase précoce, et ces mesures hygiéno-diététiques peuvent suffire à elles seules à normaliser la glycémie. Il s’agit également de limiter les risques cardiovasculaires liés à la pathologie, comme le tabagisme chez les patients fumeurs.
Dans les premiers stades du diabète de type 2, des molécules antidiabétiques par voie orale, visant à faire baisser le taux de sucre dans le sang, peuvent être prescrites. Leur effet a tendance à s’épuiser sur le long terme. Plusieurs familles de traitements existent ; elles peuvent être utilisées seules ou associées entre elles pour être plus efficaces.
Aux stades très avancés du diabète de type 2, le traitement consiste à administrer de l'insuline par des injections sous-cutanées.
Chez les patients présentant une obésité sévère et chez qui les traitements restent inefficaces, il peut être envisagé une chirurgie métabolique. Celle-ci a pour objectif de réduire l’absorption intestinale. Dans 30 à 40 %, une rémission du diabète de type 2 est obtenue dans les trois ans.
Les chercheurs contribuent jour après jour à améliorer la qualité de vie des diabétiques de type 2. En effet, pour le moment, les traitements du diabète de type 2 sont symptomatiques et non curatifs.
Tout d’abord, il s’agit d’identifier les gènes de susceptibilité à la maladie. Dans certains cas, un gène unique est responsable de la maladie ; dans d’autres, plusieurs gènes sont en cause. Dans ces cas complexes, les chercheurs s’appuient sur des techniques de génomique, métabolomique, transcriptomique et protéomique leur permettant d’analyser les interactions entre gènes, protéines et organes, à l’aide d’outils statistiques.
Il s’agit également d'identifier les mécanismes en cause dans la pathologie en vue d’ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques. Les chercheurs s'intéressent par exemple à l'inflammation liée à l'obésité. Cette dernière intervient dans l'acquisition d’une résistance cellulaire à l'insuline. Des équipes travaillent également à des molécules qui pourraient rétablir la sensibilité des cellules à cette hormone. Ils s’intéressent aussi au développement des complications et aux interactions avec d’autres maladies métaboliques.
On peut également noter des axes de recherches plus originaux comme la piste du microbiote intestinal. Les bactéries de la flore intestinale pourraient en effet intervenir dans l’équilibre glycémique ou encore dans l’inflammation participant au diabète. Rétablir un équilibre dans le microbiote intestinal, via une transplantation fécale par exemple, pourrait être un axe thérapeutique pertinent. Des travaux récents ont aussi suggéré que des facteurs environnementaux, telle que la pollution atmosphérique, favorisent le développement d’une insulinorésistance. D’autres sources de pollution sont à l’étude.
Notons enfin l’apport de l’intelligence artificielle qui pourrait améliorer différents pans de la prise en charge : du diagnostic (certaines équipes ont tenté de dépister le diabète grâce à la couleur et la texture de la langue !), jusqu’au suivi de la glycémie (grâce à des applis de suivi de l’activité physique par exemple ou à l’aide de capteurs sous-cutanés permettant d’adapter les traitements en temps réel) ou au repérage précoce des complications.
Newsletter
Restez informé(e) !
Abonnez-vous pour recevoir les actualités et communications de la FRM, les projets et découvertes sur toutes les maladies…
Avec la FRM, votre don est un espoir de guérison
Soutenez les projets de recherche les plus prometteurs.
Diabète de type 1 : comprendre la maturation des cellules pancréatiques pour élaborer une thérapie cellulaire


Diabète de type 1 : améliorer les techniques de greffe de cellules pancréatiques


Diabète de type 1 : une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans les altérations de la paroi intestinale


Autres maladies
