VIH : une réponse immunitaire différente entre les hommes et les femmes


En France, environ 180 000 personnes vivaient avec le VIH en 2022. Avec les traitements antirétroviraux, ils disposent d’une espérance de vie similaire à celle des personnes saines. Mais les contaminations se poursuivent, si bien qu’il reste essentiel de se protéger et de se dépister régulièrement. En outre, la mise en place précoce des traitements permet aux personnes séropositives de mieux lutter contre l’infection et de limiter leur contagiosité.
Dans cette FAQ, la Fondation pour la recherche médicale répond à toutes vos questions sur l’infection au VIH, et sa phase terminale le sida, le dépistage, les symptômes, les moyens de prévention et les traitements.
En France, le dépistage du VIH est réalisé à l’aide d’un prélèvement sanguin dans les laboratoires de biologie médicale, sans rendez-vous et sans avance de frais. Il est également possible de se faire prescrire ce test par son médecin traitant. Afin de réaliser ce test de manière anonyme, il est possible de se rendre dans un centre gratuit d’informations, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Le résultat est faible, 6 semaines après l’infection. Depuis quelques années, des TROD (test rapide d’orientation diagnostique) ou des autotests de dépistage de l’infection par le VIH sont disponibles, ils sont fiables 3 mois après l’infection.
Après infection par le VIH, la maladie se développe pendant plusieurs années : de la primo-infection à la séroconversion (moment clé où les anticorps anti-VIH se sont développés dans l’organisme et sont détectables), suivie d’une phase asymptomatique durant laquelle les défenses immunitaires sont détruites progressivement, jusqu’à ce que des infections dites « opportunistes » s’installent, fautes de défenses immunitaires suffisantes. Le syndrome d’immunodéficience acquise (sida) est diagnostiqué lorsqu’au moins une maladie opportuniste est déclarée ou lorsque la numération en CD4 (les défenses immunitaires visées par le virus) est inférieure à 200 par microlitre de sang (contre 500 à 1000 pour les personnes saines).
Le virus est présent dans les liquides biologiques (sperme, sécrétions vaginales, sang, lait maternel). En France, le virus se transmet principalement lors des rapports sexuels non protégés. Pour les usagers de drogues, l’utilisation de matériel d’injection contaminé est aussi une voie de contamination importante. Afin de limiter ce risque, il est essentiel d’utiliser des seringues stériles et de ne pas partager ce matériel.
La transmission du VIH peut aussi être médiée par la voie sanguine, notamment lors de transfusions ou d’opérations chirurgicales réalisées de manière non conformes aux règles de sécurité (en France, la recherche d’agents transmissibles tel le VIH sont systématiquement recherchés dans le sang prélevé).
Enfin, le virus du VIH peut se transmettre de la mère à l’enfant, lors de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement maternel. Cette voie de contamination a drastiquement diminué depuis la mise en place de traitements antirétroviraux.
Au moment de l’infection par le VIH (primo-infection), quelques symptômes de type grippaux peuvent survenir. Fièvre, articulations douloureuses, voire éruptions cutanées, peuvent se développer. Mais fréquemment, aucun symptôme n’est rapporté. Pendant les mois, et les années qui suivent, si aucune thérapie n’est entamée, le virus envahit l’organisme, se multiplie et détruit petit à petit les défenses immunitaires. Au bout d’un temps variable (5 à 10 ans en général), les défenses immunitaires deviennent si faibles que l’organisme n’est plus capable de se défendre. Des premières manifestations apparaissent telles que des candidoses, une diarrhée chronique, une fièvre, une perte de poids. Puis, le système immunitaire est débordé et des infections opportunistes (pneumopathies, tuberculose, zona, etc.), voire des cancers comme la maladie de Kaposi, peuvent alors apparaître. L’infection par le VIH est alors dans sa phase finale, appelée syndrome d’immunodéficience acquise (sida).
L’infection par le VIH est, à l’heure actuelle, incurable. Toute personne ayant contracté le VIH restera infectée toute sa vie. En revanche, les traitements sont aujourd’hui efficaces et permettent aux personnes séropositives au VIH de vivre une vie quasi-normale, avec une espérance de vie similaire à celle des personnes saines. Pour cela, il est toutefois nécessaire de prendre son traitement tous les jours et durant toute sa vie. La recherche continue de progresser : trois cas de rémission complète ont été observés à travers le monde, à la suite d’une greffe de moelle osseuse de donneurs présentant une caractéristique génétique particulière. Ces cas restent encore à l’étude mais peut–être qu’un jour la recherche permettra d’éliminer totalement la maladie.
L’infection par le VIH est fréquemment asymptomatique si bien qu’il est tout à fait possible de vivre avec une infection au VIH sans le savoir. De plus, pendant une longue période, le virus se multiplie et se développe sans aucun symptôme particulier. Sans dépistage, il est donc impossible de connaître son statut. En France, Santé publique France estimait, fin 2024, que près de 10 000 personnes vivent sans savoir qu’elles sont séropositives au VIH.
Plusieurs moyens permettent de se protéger d’une infection au VIH. Lors des rapports sexuels, l’utilisation de préservatifs (masculins ou féminins) permettent de se protéger contre l’infection par le VIH. Pour les usagers de drogues, le recours à du matériel d’injection stérile dans des conditions d’asepsie permet également de se protéger contre le VIH.
Il existe enfin plusieurs traitements préventifs pour éviter l’infection par le VIH : on parle d’antirétroviral de prophylaxie pré-exposition (PrEP). Ils sont proposés aux personnes particulièrement exposées au risque de contamination. Réservés aux situations d’urgence, des traitements à base d’antirétroviraux post-exposition sont également disponibles : ils ne sont pas efficaces à 100 % et doivent être pris rapidement (de préférence dans les 4 heures et jusqu’à 48 heures après la prise de risque) et pendant 30 jours. Enfin, les personnes séropositives peuvent prendre un traitement pour limiter le risque de transmission : le TASP (traitement comme prévention) ou le PTME (prévention de la transmission mère-enfant). Ce traitement réduit la charge virale et permet de limiter le risque de contamination.
Pour les personnes séropositives, les traitements antirétroviraux pris tous les jours et à vie permettent de bloquer l’infection par le VIH et d’éviter de développer le syndrome d’immunodéficience acquise (sida).
Plusieurs tests sont disponibles pour dépister l’infection au VIH. Le test classique (Elisa de 3e génération) peut détecter la présence d'anticorps spécifiques anti-VIH. Il est fiable à 100 %, 6 semaines après l’infection. Des tests rapides (TROD ou autotests) sont également disponibles. Ils se réalisent à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt, ils sont fiables seulement 3 mois après l’infection. Dans de rares cas, il est possible de rechercher directement le virus. Celui-ci peut alors être détectable 7 à 10 jours après la contamination.
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