Mis à jour le 1 avril 2016

Schizophrénie : vers un test de dépistage sanguin des personnes à haut risque

  • La schizophrénie est une pathologie psychiatrique potentiellement lourde qui nécessite d’être rapidement dépistée et prise en charge.

  • Jusqu’à présent, il n’existait pas de marqueur fiable reflétant le risque de développer la maladie.

  • Les chercheurs sont parvenus à isoler des biomarqueurs sanguins qui seraient révélateurs de la pathologie : une avancée pour les personnes concernées.

Cette découverte a été réalisée par Marie-Odile Krebs et son équipe « Physiopathologie des maladies psychiatriques » au Centre de Psychiatrie et Neurosciences de Paris, en collaboration plusieurs équipes internationales et notamment celle de Sabine Bahn, à l’université de Cambridge.

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Cette somme a été accordée par le Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2011 et 2012 à Julie Bourgin pour la réalisation de sa thèse dans l’équipe de Marie-Odile Krebs. Elle a contribué à l’obtention de ce résultat.

De l’utilité d’un dépistage précoce de la schizophrénie

La schizophrénie est une pathologie psychiatrique se révélant souvent à l’adolescence ou chez le jeune adulte. Cette maladie, lorsqu’elle n’est pas prise en charge, devient de plus en plus invalidante et conduit à une dissociation progressive de la personnalité.

Devant sa fréquence (1 % de la population en France), il est important de dépister la schizophrénie au plus tôt afin de mettre en place une thérapie adaptée.

Pour le moment, il n’existe pas d’examen pour identifier les personnes susceptibles de développer la pathologie. Ce sera peut-être bientôt le cas : des chercheurs sont parvenus à élaborer un test sanguin permettant de dépister les personnes à risque élevé de schizophrénie, et ce avant ses premiers signesque l’épisode ne soit établi.

Une découverte au sein d’un large groupe de patients

Une découverte au sein d’un large groupe de patients

Cette découverte a été réalisée en plusieurs étapes. Tout d’abord, les chercheurs ont conduit une analyse auprès de 127 patients schizophrènes n’ayant pas reçu de traitement médicamenteux et 204 personnes indemnes. Ils ont ainsi pu identifier 26 biomarqueurs sanguins permettant de distinguer ces deux groupes. Pour s’assurer de leur pertinence, les chercheurs les ont validés au sein de deux cohortes comprenant 445 personnes considérées comme «à risque» lors de leur entrée dans l’étude et suivies ensuite durant plusieurs années pour observer l’apparition des symptômes. De plus, la performance du test sanguin était accrue lorsqu’il était couplé à l’utilisation de testsaux évaluations cliniques de symptômes psychologiques.

Cette étude pourrait être un premier pas vers la mise au point d’un test pouvant orienter le praticien vers le diagnostic d’une schizophrénie.  Elle ouvre aussi vers de nouveaux mécanismes pour expliquer l’entrée dans la maladie, liés à la réponse au stress et la réponse immunitaire.


Source : Chan MK et al. Development of a blood-based molecular biomarker test for identification of schizophrenia before disease onset. Transl Psychiatry 2015 ; 5 : e601.
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