Mis à jour le 1 novembre 2017

Epilepsie : un cerveau virtuel pour améliorer la prise en charge

  • Pour traiter les cas les plus graves d’épilepsie, les praticiens peuvent avoir recours à la chirurgie en vue de retirer la zone du cerveau à l’origine des crises

  • Seulement, dans certains cas la chirurgie est impossible : les zones du cerveau en cause peuvent être localisées dans des régions cérébrales essentielles, et parfois il est difficile de les identifier avec précision.

  • Les chercheurs développent un cerveau virtuel personnalisé à chaque patient : il permettra notamment une meilleure définition de la zone à opérer et le développement des techniques chirurgicales moins invasives.

Cette recherche est menée par Viktor Jirsa et son équipe « Equipe de Neurosciences Théoriques » à l’Institut de Neurosciences des Systèmes à Marseille, en collaboration avec les équipes de Fabrice Bartolomei, Christian Bénar et Maxime Guye.

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354000 €

Financement accordé à Viktor Jirsa sur 3 ans pour mener à bien ce projet.

L’épilepsie, une maladie fréquente

L’épilepsie, une maladie fréquente

L’épilepsie est une pathologie neurologique répandue qui se caractérise par des crises, c’est-à-dire des décharges électriques anormales au sein de certains réseaux neuronaux. Les symptômes qui en découlent dépendent de la zone cérébrale dans laquelle la crise survient : absences, convulsions, contractions musculaires... L’Organisation Mondiale de la Santé estime le nombre de personnes atteintes à environ 50 millions. En France, l’épilepsie toucherait 600.000 patients.

Une approche chirurgicale réservée à certains cas

Aujourd’hui, les praticiens disposent d’un arsenal thérapeutique important : 70 % des patients sont sensibles aux thérapies médicamenteuses qui permettent une réduction de la fréquence des crises. Pour les 30 %, chez qui les médicaments ne sont pas efficaces, on peut proposer la chirurgie comme thérapie alternative. Elle consiste à retirer les régions cérébrales dites « épileptogènes », c’est-à-dire à l’originedes crises. Malgré tout, cette opérationreste très risquée car elle ne doit pas provoquer de lésions dans des zones cérébrales essentielles. De plus, dans certains cas, les zones en cause dans les crises ne sont pas facilement identifiables. Cela explique pourquoi tous les patients ne sont pas éligibles à cette approche chirurgicale.

Créer un cerveau virtuel personnalisé

Viktor Jirsa et son équipe souhaitent développer un outil clinique pour améliorer le taux de succès de la chirurgie curative dans l’épilepsie. Leur projet est basé sur une technologique très innovante : la création d’un véritable « cerveau virtuel personnalisé ». L’idée est d’exploiter les données d’examens par imagerie non invasifs réalisés chez des patients en vue de reconstruire virtuellement leur cerveau et leurs spécificités.Ce cerveau virtuel informatisé pourrait avoir plusieurs avantages dans la prise en charge de la maladie. Tout d’abord, avoir une telle image cérébrale tridimensionnelle devrait permettre de mieux identifier les zones cérébrales épileptogènes les plus probables chez un patient donné, ce en réalisant plusieurs simulations informatiques des crises. Deuxième intérêt : ce cerveau virtuel constitue une carte cérébrale précise et spécifique à chaque patient. A l’instar d’un GPS, le chirurgien peut s’en servir pour simuler le geste invasif et ainsi préparer au mieux son opération. Il constitue ainsi un outil de planification et une aide au praticien.

La stereoélectroencéphalographie (SEEG) à l’honneur

Le projet des chercheurs est déjà bien entamé : ils souhaitent aujourd’hui valider leur modèle et confronter les données obtenues avec leur cerveau virtuel aux données obtenues en clinique chez les patients,au seind’un groupe de 60 patients épileptiques.

La mise au point de ce cerveau virtuel constituerait un pas intéressant vers une meilleure prise en charge de l’épilepsie résistante aux thérapies médicamenteuses. Elle ouvre également une voie vers une véritable thérapie personnalisée de la maladie.

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