Mis à jour le 7 novembre 2012

Douleur : vaincre les douleurs neuropathiques

  • Les douleurs neuropathiques chroniques, causées par des lésions des voies nerveuses, sont les plus difficiles à traiter.

  • Florent Viguier explore les processus conduisant à ces douleurs rebelles.

  • Il a découvert les mécanismes d’action de certains composés qui pourraient à l’avenir permettre de les soulager.

Cette découverte a été réalisée par Florent Viguier durant sa thèse au Centre de psychiatrie et neurosciences, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Vos dons en actions
31200 €

Le Conseil scientifique de la Fondation pour la recherche médicale a attribué à Florent Viguier en 2010 un financement de 31 200 euros pour mener à bien ces recherches.

Pourquoi vous intéresser aux douleurs neuropathiques ?

Parmi les douleurs chroniques, les douleurs neuropathiques, qui sont dues à une lésion des voies nerveuses par accident ou maladie, sont les plus difficiles à soulager. Elles sont en effet résistantes à la plupart des antalgiques disponibles.

Les médicaments actuellement utilisés ont soit une efficacité inconstante (antidépresseurs, antiépileptiques), soit des effets indésirables importants (dérivés de la morphine). Les voies de la douleur chronique sont encore mal connues, aussi est-il important d’en comprendre les mécanismes pour développer de nouveaux traitements.

Quel est votre modèle d’étude ?

Quel est votre modèle d’étude?

Dans le laboratoire du Pr Michel Hamon, au Centre de psychiatrie et neurosciences, à la Pitié-Salpêtrière à Paris, je m’intéresse à l’action de la sérotonine dans la modulation des douleurs neuropathiques. Ce composé, présent dans tout l’organisme, y compris le cerveau, intervient dans la transmission des messages entre cellules, notamment entre neurones. Au niveau cérébral, la sérotonine est impliquée dans la régulation de nombreuses fonctions physiologiques : le sommeil, l’appétit, l’humeur, l’anxiété, et la douleur notamment. Son mode d’action est particulièrement complexe à cerner. Elle agit, de fait, sur au moins une quinzaine de récepteurs différents. C’est en se fixant sur ces récepteurs, présents à la surface des cellules cibles, qu’elle transmet son message. Avec des effets parfois opposés selon le récepteur en question !

J’étudie un type particulier de récepteur de la sérotonine, appelé 5-HT7, encore très mal connu. Pour cela, je travaille sur un modèle de rat présentant des douleurs neuropathiques liées au nerf sciatique. Le principal intérêt de ce modèle est qu’il reproduit les manifestations douloureuses observées chez l’homme.

Qu’avez-vous découvert ?

J’ai testé sur ces animaux de nouveaux composés qui se fixent sur le récepteur 5-HT7 et étudié leur effet sur ces manifestations de la douleur. De manière étonnante, j’ai montré que certains exacerbent la douleur chez les rats sains et, au contraire, ont une action antidouleur chez les rats neuropathiques. Récemment, j’ai réussi à expliquer au point de vue moléculaire ce qu’il se passe. Ces résultats ont été présentés au dernier congrès sur la douleur à Milan, en août 2012. Ils vont faire l’objet d’une prochaine publication.

C’est, je l’espère, un pas en direction de nouvelles stratégies thérapeutiques pour la prise en charge des douleurs neuropathiques chez l’homme.
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