#chiffres-cles

Quelle est l’incidence des addictions ?

Les addictions représentent un enjeu majeur de santé publique.
L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (Ofdt) estime dans un rapport remis en 2019 que l'alcool et le tabac sont les substances les plus consommées en France : 10 % des adultes consommeraient de l’alcool tous les jours, et 27 % fumeraient quotidiennement. L’organisme considère que la consommation nocive d’alcool et le tabagisme constituent les deux premières causes de mortalité évitables en France, respectivement à l’origine de 41 000 et de 73 000 décès par an.


Toujours selon la même source, le cannabis est la drogue illicite la plus consommée dans l’hexagone (11 % d’usagers dans l’année) devant la cocaïne. L’Ofdt estime à 537 le nombre de décès directement liés aux drogues en France en 2017.


Enfin, les addictions comportementales (jeux d’argent et de hasard, sexe…) toucheraient moins de 5 % de la population.

#definition

Qu’est-ce que l’addiction ?

L’addiction correspond à un état de dépendance à une substance ou à une pratique dont l’absence entraîne un malaise psychique et/ou physique, et ce en dépit de la connaissance de ses effets négatifs. Ainsi, l’addiction recouvre plusieurs aspects :

  • La prise de substances légales ou illégales : alcool, tabac, drogues (cannabis, héroïne, cocaïne), médicaments (benzodiazépines, neuroleptiques, certains antidépresseurs et antalgiques…)
  • Certaines pratiques excessives comme les jeux de hasard et d’argent. Récemment, l’Organisation mondiale de la Santé a également reconnu l’existence d’une « addiction » possible aux jeux vidéo.


Outre les risques que font peser certaines addictions sur la santé, la dépendance est également pourvoyeuse de risques sociaux (accidents, perte du travail, repli sur soi, problèmes financiers, implications judiciaires liées à la consommation de drogues…), ce qui en fait un réel enjeu de santé publique.

#processus-addiction

Quel est le processus à la base de l’addiction ?

Chaque produit addictif (héroïne, tabac, alcool...) a sa propre porte d’entrée dans le cerveau. La prise d’un tel produit active un circuit cérébral dit « de récompense ». Ce dernier met en jeu des neurones particuliers : les neurones dits dopaminergiques. Ils sont responsables de la production d’une molécule, la dopamine. Dans des conditions normales, une action positive ou plaisante pour l’organisme enclenche une sécrétion accrue de dopamine dans le cerveau, particulièrement au sein d’une zone appelée noyau accumbens, ce qui se traduit par une sensation de plaisir. Ce mécanisme est très utile, par exemple pour les phases d’apprentissage et l’assouvissement de nos besoins vitaux.


La consommation de certaines substances ou certains comportements fait augmenter artificiellement la production de dopamine au sein de cette zone, au-delà de la normale. Pour retrouver cette sensation agréable, le patient est alors incité à renouveler l’expérience, ce qui crée un mécanisme dit de  « renforcement positif ». De plus, le cerveau a une capacité à devenir de moins en moins sensible aux conduites addictives, ce qui pousse à augmenter au fur et à mesure leur fréquence : c’est la dépendance.

#symptomes

Quels sont les symptômes de l’addiction et comment est fait le diagnostic ?

Classiquement, on peut distinguer deux « types » de dépendance : la dépendance dite « psychique » (qui se manifeste par une sensation de mal être plus ou moins forte suivant l’addiction en cause) et la dépendance « physique » (qui se traduit par un état de « manque » qui diffère selon les produits en cause, tels que les tremblements pour l’alcool, les douleurs avec les opiacés…).

Le diagnostic de dépendance à une substance ou à une conduite est très codifié : à cette fin le praticien peut utiliser des questionnaires, basés sur le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) mis à jour périodiquement par l’Association Américaine de Psychiatrie. En substance, ils cherchent à objectiver plusieurs caractéristiques typiques de l’addiction comme par exemple l’impossibilité de résister au besoin de consommer, l’augmentation de la tolérance aux effets au cours du temps, l’existence d’un syndrome de sevrage à l’arrêt (symptômes de sévérité variable liés à l’arrêt de la consommation d’une substance) …

Chaque addiction s'accompagne de symptômes qui lui sont propres.
#traitement

Quels sont les traitements de la dépendance ?

Ici encore, les modalités de traitement diffèrent selon le type d’addiction en cause, à une substance ou une pratique. L’addiction est une maladie multifactorielle qui associe troubles biologiques et psychiques entrainant des problèmes sociaux. Sa prise en charge doit donc prendre en compte toutes ces composantes.

Ainsi, la thérapie vise à l’abstinence et passe par un accompagnement psychologique. Dans le cas d’une consommation de drogue ou de tabac, la prise en charge peut également se compléter par un traitement dit « de substitution », une molécule ayant une activité similaire à la substance, qui permet de pallier le « manque » (c’est le cas des substituts nicotiniques dans le cas du tabagisme par exemple).

La prise en charge peut se faire à différents endroits : hôpitaux (dans des services dédiés alliant des consultations spécialisées et, si besoin, des programmes de « sevrage »), réseaux villes-hôpital (réseaux de professionnels en charge de la continuité des soins) et cabinets de médecin généraliste. Certains centres ont également été créés, visant plus spécialement les jeunes, dans lesquels des bilans sont mis en place ainsi que des aides plus personnalisées.

#recherches-actuelles

Quels sont les axes de recherche dans le domaine de l’addiction ?

Les axes de recherche sur l’addiction comportent des composantes variées.

Tout d’abord, il s’agit d’identifier les facteurs de risque poussant les patients à un comportement addictif. Pour la dépendance à l’alcool, il semble exister un caractère héréditaire de la consommation. Cependant, il faut souligner que l’addiction est une maladie multifactorielle dont le développement n’est pas seulement influencé par les gènes, mais également par l’environnement. La recherche s’intéresse à ces deux composantes pour mieux comprendre la manière dont s’installe la pathologie.

Les chercheurs s’intéressent également aux mécanismes du développement de cette maladie, au niveau biologique, par des études sur les modifications produites dans le cerveau au cours du temps, mais aussi au niveau psychiatrique. L’étude des circuits neuronaux ainsi que des protéines en jeu dans les processus d’addiction représente une approche prometteuse.

Enfin, la mise au point de traitements pour les addictions fait également l’objet de recherches actives.

Il faut noter également les recherches menées sur la stimulation magnétique transcrânienne dans le cadre de la dépendance.  Des zones cérébrales particulières sont stimulées durant plusieurs séances de quelques minutes, par l’intermédiaire de puissants aimants placés de chaque côté du crâne. Cette technique pourrait s’avérer pertinente pour prendre en charge les patients en cours de sevrage.

La recherche s'intéresse aux origines génétiques et environnementales des addictions.

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