#chiffres-cles

Quelle est l’incidence des addictions ?

Selon le site du Ministère de la santé, la consommation de substances psychoactives est responsable de 100 000 décès par an en France via des accidents ou des maladies, dont 40 000 par cancers. Les conduites addictives interviendraient dans 30 % des décès avant 65 ans.

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies estime que l'alcool et le tabac sont les substances psychoactives les plus consommées en France.

Selon le site de Santé Publique France, on dénombre en France environ 1 000 000 de joueurs "à risque modéré", et 200 000 joueurs "excessifs" dans leur pratique des jeux de hasard et d'argent.

Généralement, les hommes sont plus touchés par les addictions que les femmes.

#definition

Qu’est-ce que l’addiction ?

L’addiction correspond à un état de dépendance à une substance ou à une pratique dont l’absence entraîne un malaise psychique ou physique, et ce en dépit de la connaissance de ses effets négatifs. Ainsi, l’addiction recouvre plusieurs aspects :

  • La prise de substances légales ou illégales : alcool, tabac, drogues (cannabis, héroïne, cocaïne), médicaments (benzodiazépines, neuroleptiques, certains antidépresseurs et antalgiques…)
  • Certaines pratiques excessives : jeux de hasard et d’argent, achat compulsif, sport, sexe, Internet, jeux vidéo…

Outre les risques que font peser certaines addictions sur la santé, la dépendance est également pourvoyeuse de risques sociaux (accidents, perte du travail, repli sur soi, problème financiers, implications judiciaires liées à la consommation de drogues…) qui en font un réel enjeu de santé publique.

#processus-addiction

Quel est le processus à la base de l’addiction ?

L’apparition d’une addiction implique l’activation d’un circuit dit « de récompense » dans le cerveau. Ce dernier met en jeu des neurones particuliers : les neurones dits dopaminergiques. Ils sont responsables de la production d’une molécule, la dopamine.

Dans des conditions normales, une action positive ou plaisante pour l’organisme enclenche une sécrétion accrue de dopamine dans le cerveau, particulièrement au sein d’une zone, le noyau accumbens, ce qui se traduit par une sensation de plaisir. Ce mécanisme est très utile, par exemple, pour les phases d’apprentissage et l’assouvissement de nos besoins vitaux.

La consommation de certaines substances ou le fait d’effectuer certains actes fait augmenter artificiellement la production de dopamine au sein de cette zone, au-delà de la normale. Pour retrouver cette sensation agréable, le patient est alors incité à renouveler l’expérience, ce qui crée un mécanisme dit de  « renforcement positif ».

De plus, le cerveau a une capacité devenir de moins en moins sensible aux conduites addictives, ce qui pousse à augmenter au fur et à mesure leur fréquence : c’est la dépendance.

#symptomes

Quels sont les symptômes de l’addiction ?

Chaque addiction s’accompagne d’un cortège de symptômes qui lui est propre. Selon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, la dépendance se manifeste par les symptômes généraux suivants :


  • l’impossibilité de résister au besoin de consommer ;
  • l’accroissement d’une tension interne, d’une anxiété avant la consommation habituelle ;
  • le soulagement ressenti lors de la consommation ;
  • le sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation.


On peut distinguer deux « types » de dépendance : la dépendance dite « psychique » (qui se manifeste par une sensation de mal être plus ou moins forte suivant l’addiction en cause) et la dépendance « physique » (qui se traduit par un état de « manque » qui diffère selon les produits en cause, tels que les tremblements pour l’alcool, les douleurs avec les opiacés…).


Chaque addiction s'accompagne de symptômes qui lui sont propres


#traitement

Quels sont les traitements de la dépendance ?

Ici encore, les modalités de traitement diffèrent selon le type d’addiction en cause, à une substance ou une pratique. La prise en charge doit tenir compte des composantes multifactorielles de l’addiction : biologiques, psychiques et sociales.

Ainsi, la thérapie vise à l’abstinence et passe par un accompagnement psychologique. Dans le cas d’une consommation de drogue ou de tabac, la prise en charge peut également se compléter par un traitement dit « de substitution », une molécule ayant une activité similaire à la substance, qui permet de pallier au phénomène de « manque » (c’est le cas des substituts nicotiniques dans le cas du tabagisme par exemple).

La prise en charge peut se faire à différents endroits : hôpitaux (dans des services dédiés alliant des consultations spécialisées et, si besoin, des programmes de « sevrage »), réseaux villes-hôpital (réseaux de professionnels en charge de la continuité des soins) et médecins généralistes. Certains centres ont également été créés, visant plus spécialement les jeunes pour des aides ou bilans.

#recherches-actuelles

Quels sont les axes de recherche dans le domaine de l’addiction ?

Les axes de recherche sur l’addiction comportent des composantes variées. Il s’agit tout d'abord d’identifier les facteurs de risque poussant les patients à un comportement addictif.


Pour la dépendance à l’alcool, il semble exister un caractère héréditaire de la consommation.


Cependant, il faut souligner que l’addiction est une maladie multifactorielle dont le développement n’est pas seulement influencé par les gènes, mais également par l’environnement. La recherche s’intéresse à ces deux composantes pour mieux comprendre la manière dont s’installe la pathologie.


Les chercheurs s’intéressent également aux mécanismes du développement de cette maladie, d’un point de vue biologique, par des études sur les changements produits dans le cerveau au cours du temps, mais aussi psychiatrique. L’étude des circuits neuronaux ainsi que des protéines en jeu dans les processus d’addiction représente une approche prometteuse. On a ainsi découvert qu’outre les neurones dopaminergiques, certains neurones sécrétant du glutamate, une molécule de communication entre cellules, avaient une application dans le mécanisme d’addiction, ce qui pourrait déboucher sur des nouveautés dans la prise en charge.


Enfin, la mise au point de traitements pour les addictions fait également l’objet de recherches actives. Un médicament, le baclofène, a d’ailleurs récemment reçu une recommandation temporaire d’utilisation par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé dans le cadre du sevrage alcoolique. Des molécules sont également testées pour bloquer les effets du THC, la substance active présente dans le cannabis, et pourraient s’avérer prometteuses.



La recherche s'intéresse aux origines génétiques et environnementales des addictions



#egalite-addiction

Sommes-nous tous égaux devant le risque d’addiction ?

Non, car la vulnérabilité face à une addiction, qu’elle concerne un produit (drogue, alcool, médicament…) ou un comportement (jeu, sexe, sport) est liée à de nombreux facteurs : génétique, psychologie, environnement, éducation
Nous ne sommes pas tous égaux face à ces facteurs. Des études faites sur des familles et des groupes de jumeaux ont montré que certains individus ont des prédispositions génétiques qui les rendent plus vulnérables face à certains produits ou comportements ; ils sont donc plus susceptibles de développer une dépendance.

Par ailleurs, les effets ressentis lors d’une première expérimentation ont une influence très importante sur le risque d’apparition d’une dépendance.
Si ces effets sont « positifs » (euphorie, sensation de plaisir, désinhibition, etc.), le risque est plus grand. Et ces effets dépendent de nombreux facteurs individuels et environnementaux : âge, prise concomitante d’autres produits psychoactifs (drogues, alcool, médicament…), état psychologique au moment de l’expérience, etc.

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) précise ainsi à propos du cannabis ou de l’alcool, qu’« une initiation précoce (avant 15 ans) et un maintien de l’usage chez les adolescents augmentent les risques de dépendance ultérieure, de troubles cognitifs et l’apparition de troubles psychiatriques. » Il existe également de nombreux facteurs de protection face à la dépendance (connaissance du produit et de ses risques, environnement familial et social, situation professionnelle, etc.) mais ils varient eux aussi d’une personne à l’autre.

Avec Bertrand Nalpas, chercheur Inserm en addictologie (Montpellier).

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