Mis à jour le 1 août 2014

Addiction : des facteurs de vulnérabilité et des mécanismes de la dépendance à la cocaïne découverts chez l’animal

  • La cocaïne est une drogue de plus en plus consommée en France dont l’usage répété peut avoir des effets très néfastes sur la santé.

  • David Belin et son équipe se sont intéressés aux facteurs de risque et aux mécanismes impliqués dans cette addiction.

  • Les chercheurs ont mis en évidence des changements d’organisation dans les neurones d’une zone particulière du cerveau, le striatum, liés à la consommation de cocaïne et ont montré que l’impulsivité était un facteur de risque d’addiction à cette drogue.

Cette recherche a été menée par David Belin, responsable de l'équipe «Psychobiologie des désordres compulsifs »  (anciennement à Poitiers, aujourd'hui installée à l’université de Cambridge).

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71754 €

Le projet de David Belin a été sélectionné en 2009 par le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale. Il a reçu un financement de 71 754 € afin de créer une nouvelle équipe et acquérir du matériel d’électrophysiologie.

Cette aide a grandement contribué à l’obtention de ces résultats.

La cocaïne : une consommation française en hausse

Aujourd’hui, l’usage de certaines drogues est de plus en plus répandu : c’est le cas de la cocaïne. Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (Ofdt), la cocaïne serait la deuxième substance illicite la plus consommée en France derrière le cannabis.

On estime que sur 100 personnes exposées à la cocaïne, 15 à 20 vont développer une addiction. Cette drogue a un effet stimulant de courte durée et agit principalement au niveau des systèmes cardiovasculaires et nerveux.

Sa consommation augmente le risque d’accident cardiovasculaire (comme la survenue d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral) et d’apparition de maladies psychiatriques. Aussi, devant la recrudescence de son utilisation, il est fondamental de comprendre les causes biologiques et psychologiques qui sous-tendent la vulnérabilité aux comportements addictifs vis-à-vis de cette drogue. Une meilleure connaissance de ces processus devrait permettre de mettre en place des stratégies de prévention efficaces.
Lutter contre la vulnérabilité à l’addiction

Lutter contre la vulnérabilité à l’addiction

L’équipe « Psychobiologie des désordres compulsifs » dirigée par David Belin à Poitiers (maintenant installée à l’université de Cambridge) s’est intéressée à cette thématique au cours d’un projet débuté en 2009.

Les chercheurs se sont penchés sur les facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux impliqués dans la vulnérabilité à l'addiction à la cocaïne. Ils ont étudié ce phénomène chez un modèle animal, le rat. Ils se sont intéressés aux modifications neuronales impliquées dans l’apparition d’une addiction à la cocaïne, ainsi qu’aux facteurs de susceptibilité à l’origine de cette dépendance. Leur travail a permis de faire plusieurs avancées significatives.

L’impulsivité identifiée comme facteur de risque

La deuxième avancée notable de cette équipe concerne le comportement à risque : les chercheurs ont montré que l’impulsivité constituait un facteur de vulnérabilité à cette addiction. Pour arriver à cette conclusion, ils ont soumis des rats impulsifs ou non-impulsifs à une auto-administration de cocaïne de courte et longue durée. Parallèlement, ils ont suivi les adaptations du striatum.

Ils ont ainsi mis en évidence des changements moléculaires entre le striatum ventral et le striatum dorsal chez les animaux impulsifs, et ont montré que ces changements étaient prédictifs d’une consommation compulsive.

Ces deux découvertes, qui ont fait l’objet de publications dans des revues scientifiques internationales, pourraient ouvrir de nouvelles perspectives dans la prise en charge des addictions à la cocaïne

Sources :

  •  Belin D et al. Addiction: failure of control over maladaptive incentive habits. Curr Opin Neurobiol 2013; 23 : 564-72.
  • Besson M et al. Cocaine modulation of frontostriatal expression of Zif268, D2, and 5-HT2c receptors in high and low impulsive rats. Neuropsychopharmacology 2013 ; 38 : 1963-73.
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