Mis à jour le 21 octobre 2020

#mutation-covid-19

Mutations du Sars-CoV-2 : quels mécanismes et quels impacts sur la Covid-19 ?

Le Sars-CoV-2, comme tous les virus, peut subir des mutations. De nombreuses informations ont circulé sur leurs éventuels impacts, notamment au niveau de la virulence ou de la sévérité de la maladie qu’il provoque. Qu’en est-il ? Quels sont les mécanismes en jeu ?

Pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans l’apparition des mutations, il faut revenir sur la manière dont un virus se multiplie. Le matériel génétique du virus est un « ARN » (pour « acide ribonucléique »). L’ARN est constitué d’un assemblage de molécules, les nucléotides, alignés les uns avec les autres dans une séquence très précise. Lorsqu’il infecte la cellule, le Sars-Cov-2, pour se multiplier, doit copier son matériel génétique fidèlement. A cette fin, le virus possède une enzyme appelée ARN polymérase, chargée de reproduire l’ARN viral. Elle assemble les nucléotides en respectant la même séquence que l’ARN d’origine. Seulement, l’ARN du SARS-CoV-2 étant plus grand que celui des autres virus, son ARN polymérase travaille 10 fois plus vite mais est bien moins fidèle. Elle génère parfois des erreurs en insérant un mauvais nucléotide dans l’ARN qu’elle est en train de créer ou en oubliant d’en ajouter. Et si cette erreur n’est pas corrigée, elle mène à une mutation.

Pour le Sars-CoV-2, une mutation a été plus particulièrement relayée par les médias : il s’agit de la mutation dite « D614G », qui a été détectée dans les phases précoces de l’épidémie et s’est diffusée largement dans le monde. Etienne Simon-Lorière, responsable du laboratoire « Évolution génomique des virus ARN » à l'Institut Pasteur, a fait un point sur les connaissances actuelles des mutations du Sars-Cov-2 lors d’une conférence en ligne organisée par l’Académie des sciences le 8 octobre 2020. Selon le chercheur, de plus en plus de données expérimentales suggèrent que la mutation a pour effet d’augmenter légèrement la stabilité d’une protéine virale, ou d’améliorer son efficacité. Située à la surface du virus, cette protéine, appelée spicule ou « spike », permet au coronavirus de rentrer à l’intérieur des cellules. La mutation « D614G » le rendrait ainsi plus « transmissible ». Pour le moment, il n’y aurait pas de changement de virulence du virus lié à ce variant : les symptômes de la maladie qu’il provoque sont les mêmes, ainsi que leur sévérité.

Suivre les mutations du Sars-Cov-2 est très important pour la recherche, notamment en vue d’optimiser les vaccins développés contre le virus.
Source : Deuxième séance exceptionnelle COVID-19 de l'Académie des sciences – 8 octobre 2020.

https://www.youtube.com/watch?v=CaAcSJI0oMs&feature=youtu.be, à partir de 54 :35.

#port-du-masque-Covid-19

Quels sont les arguments en faveur du port du masque dans la population ?

Limiter la transmission de la maladie
Tout d’abord, les chercheurs pensent que porter un masque diminuerait le risque de transmettre la maladie autour de soi et réduirait l’exposition aux virus. Pour le comprendre, il faut revenir sur le concept d’aérosols. En juillet 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en avant la possibilité d’une contamination par le Sars-Cov2 par ce biais.
Nous produisons des aérosols lors de diverses situations : les éternuements et la toux, mais également lors de la parole, lorsque l’on crie ou lorsque l’on chante. Les aérosols produits par les personnes atteintes de la Covid-19 contiennent des virus.
Le masque permettrait de limiter la zone d’effet de ces aérosols, constituant une sorte de « barrière » de protection pour l’extérieur, mais également, dans une certaine mesure selon son type, pour le porteur.

Développer des formes moins sévères de la maladie
A côté de ces effets, un article publié dans le New England of Medicine en septembre 20201 met en lumière un autre facteur qui pourrait s’avérer important pour appuyer l’intérêt d’un port du masque élargi au sein de la population. Les chercheurs pensent qu’une infection par une grande quantité de virus (une forte « charge virale ») pourrait entraîner des formes graves de la maladie, tandis qu’une infection liée à une petite quantité de pathogènes serait associée à des formes moins sévères.
La protection apportée par le masque limiterait la quantité de virus au contact du porteur, qui serait alors moins enclin au risque de développer une forme grave de Covid-19.

Vers un moyen d’immuniser la population ?
Plus encore, les auteurs de l’article font l’hypothèse que le port du masque pourrait agir comme la « variolisation ». Ce procédé d’immunisation empirique a été mis en place avant l’invention de la vaccination en réponse à une pathologie virale, la variole. Il s’agissait d’inoculer aux personnes une faible quantité de virus, obtenus par des prélèvements réalisés chez les patients. En retour, les personnes développaient dans la majorité des cas des formes peu sévères de la variole, ce qui les protégeait par la suite d’une infection ultérieure potentiellement grave. La variolisation aurait ainsi permis de limiter l’impact de l’épidémie en attendant son éradication par la création d’un vaccin spécifique.
En faisant un raisonnement similaire, on peut penser que le masque, en réduisant la charge virale, permettrait à son porteur de développer des formes moins symptomatiques de la maladie, et, du même coup, d’acquérir une protection contre la Covid-19. Cette immunisation, à l’échelle de la population, pourrait alors s’avérer une arme précieuse contre la pandémie en attendant l’arrivée de futurs vaccins.

1.  Gandhi M et Rutherford GW. Facial Masking for Covid-19 — Potential for “Variolation” as We Await a Vaccine. NEJM September 8, 2020. DOI: 10.1056/NEJMp2026913.
#interet-vaccin

Quel est l’intérêt du vaccin antigrippal durant la pandémie de Covid-19 ?

Avec l’arrivée de l’automne, de plus en plus de spécialistes appellent à vacciner largement les patients contre la grippe. Selon eux, cette vaccination pourrait permettre d’améliorer la gestion de la pandémie de Covid-19. L’Académie de Médecine recommandait déjà en mai 2020 « de rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour tous les soignants et les personnels sociaux en contact avec les personnes vulnérables, en particulier dans les EHPAD (NDLR : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), les institutions, les hôpitaux et les crèches » et « d’inscrire l’obligation pour les médecins de proposer la vaccination antigrippale à toutes les personnes consultantes. »

Mais pour quelles raisons une vaccination antigrippale élargie pourrait être un atout dans la lutte contre la Covid-19 ?

Tout d’abord, il s’agit de limiter le nombre de patients atteints de la grippe pour soulager les soignants. En effet, on estime que, chaque année, le nombre de personnes contractant la grippe en France varie entre 2 et 6 millions, pour une moyenne de 10 000 décès. Ajoutée à celle des patients atteints de la Covid-19, la prise en charge de ces malades pourrait mettre à mal le système de santé déjà fort sollicité ces derniers mois, que cela soit en médecine de ville ou en médecine hospitalière.

Autre intérêt pour les spécialistes d’une vaccination antigrippale élargie durant cette période : permettre de discriminer plus facilement l’une de ces deux pathologies lors d’une consultation. Les symptômes de la grippe et de la Covid-19 sont très similaires et, mis à part quelques éléments très spécifiques à ce dernier comme la perte du goût et de l’odorat, il est difficile pour le médecin de les différentier rapidement. Cette distinction serait plus facile à réaliser chez les patients vaccinés contre la grippe qui, statistiquement, auraient moins de risque de la contracter (le vaccin antigrippal n’étant pas efficace à 100 %).

Ces éléments seraient donc en faveur d’une large vaccination antigrippale au sein de la population, particulièrement auprès des personnes les plus fragiles. A noter cependant, il convient de rappeler que la vaccination antigrippale n’apporte aucune protection spécifique contre la Covid-19. En effet, ces deux maladies sont liées à des virus différents : les vaccins étant développés contre un agent pathogène donné, le vaccin contre le virus de la grippe n’a pas d’effet contre le virus Sars-CoV2 à l’origine de la Covid-19.

#symptomes-coronavirus-covid-19

Quels sont les symptômes de la Covid-19, maladie provoquée par le coronavirus Sars-CoV-2 ?

Selon le site Internet de l’Assurance Maladie, les principaux symptômes de la Covid-19 sont les suivants : fièvre ou sensation de fièvre, fatigue, signes respiratoires de type toux, maux de gorge, maux de tête, courbatures, essoufflements, diarrhées (au moins 3 selles molles dans la journée), perte brutale de l’odorat (sans obstruction nasale) et disparition du goût.

Dans les formes les plus graves, les patients peuvent présenter un syndrome de détresse respiratoire aiguë, c’est-à-dire une incapacité des poumons à réaliser les échanges gazeux : cela constitue une urgence qui nécessite une prise en charge hospitalière immédiate.

Il faut noter qu’une partie des patients atteints de Covid-19 ne présentent pas de symptômes de la maladie (ils sont dits « asymptomatiques »). Cela montre l’importance de réaliser les gestes barrières, puisqu’une personne peut être infectée par le Sars-Cov-2 sans le savoir et transmettre la maladie.

#propagation-coronavirus-covid-19

Pourquoi le coronavirus à l’origine de la Covid-19 se propage-t-il si rapidement dans la population ?

Deux raisons expliquent la rapidité de propagation de la Covid-19 dans la population. Tout d’abord, le virus du Sars-Cov-2 a tout d’abord une capacité très importante de multiplication dans l’organisme. Pour exemple, on en retrouve beaucoup dans les sécrétions nasales : un dé à coudre de sécrétion contiendrait des centaines de milliards de virus !

Ensuite, le virus de la Covid-19 est extrêmement transmissible. Ceci est lié à son mode de contamination : le virus passe d’une personne à l’autre par des aérosols, des gouttelettes expulsées lorsqu’une personne infectée parle, éternue ou tousse. Ces gouttelettes peuvent aussi se retrouver sur des objets qu’on touche, et comme on a tendance à se toucher le visage, on peut de cette manière contracter le virus.

Ainsi, la capacité importante du virus à se multiplier et son mode de contamination expliquent la propagation rapide de la maladie dans la population, et les mesures prises pour la stopper.

#origine-coronavirus-covid-19

Le coronavirus Sars-CoV-2 n’est pas un virus créé par l’Homme

Les chercheurs pensent que le Sars-CoV-2 était tout d’abord présent au sein d’un « réservoir animal ». Par des phénomènes génétiques divers et spontanés, ce virus aurait eu la capacité de « traverser la barrière d’espèce », jusqu’à pouvoir infecter l’Homme et s’y adapter. Les études suggèrent que cette transmission s’est faite en plusieurs étapes, via un hôte animal dit « intermédiaire ». Pour le moment, les données laissent à penser que l’animal réservoir du Sars-CoV-2 était la chauve-souris, le ou les hôtes intermédiaires étant pour le moment inconnus.

#formes-severes-coronavirus-covid-19

Quels sont les facteurs de risque de développer des formes sévères de la Covid-19, maladie provoquée par le coronavirus Sars-CoV-2 ?

Le 20 avril 2020, le Haut Conseil de Santé Publique a dressé une liste des personnes à risque de développer une forme grave d’infection Covid-19, d’après les données de la littérature :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les patients avec antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée, antécédents d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV (stades les plus avancés de l’insuffisance cardiaque) ;
  • les diabétiques non équilibrés ou présentant des complications ;
  • les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale (BPCO, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
  • les patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • les malades atteints de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) :
  • les personnes qui présentent une obésité (indice de masse corporelle > 30 kg.m-2)


Le Haut Conseil de la Santé Publique ajoute à cette liste, sur la base d’expériences précédentes : les personnes souffrant d’immunosuppression congénitale ou acquise, les patients atteints de cirrhose au stade B, les personnes avec un syndrome drépanocytaire majeur ou avec un antécédent de splénectomie (ablation de la rate). Les femmes enceintes au 3e trimestre sont également incluses.

#coronavirus-animaux-domestiques

Coronavirus Sars-CoV2 : mes animaux domestiques peuvent-ils être atteints et me contaminer ?

Quelques animaux domestiques ont été testés positifs au Sars-Cov-2 dans le monde depuis le début de la pandémie. Néanmoins, l’avis émis par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail (Anses) le 11 mars 2020 reste d’actualité : « il n'existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 ».

Concernant la transmission de l’homme vers l’animal, l’Académie de médecine préconise par précaution dans un document daté de juillet 2020 « d’éviter tout contact entre les personnes infectées par le SARS-CoV-2, ou suspectes de l’être, avec leurs animaux de compagnie, notamment s’il s’agit de furet ou de chat (NDLR :  ces deux animaux semblent plus susceptibles de développer l’infection que les autres), et d’observer les mêmes mesures barrière que pour prévenir la contamination de leur entourage ».

Les données sont tout de même très rassurantes, aussi bien pour nos amies les bêtes que pour leurs propriétaires !

#incubation-coronavirus

Quelle est la période d’incubation du Sars-CoV2, virus à l’origine de la Covid-19 ? Est-on contagieux durant cette période ?

La période d’incubation d’un virus correspond au délai entre l’entrée du virus dans l’organisme et le développement de la maladie, c’est-à-dire l’apparition des premiers symptômes.

Pour la Covid-19, l’OMS estime aujourd’hui que cette période d’incubation varie entre 1 et 14 jours, avec un temps moyen de 5 jours. Une période relativement longue donc, qui soulève une autre question : est-on contagieux durant l’incubation ?

Malheureusement, la réponse est oui. Le site du ministère de la Santé est très clair sur le sujet : « pendant cette période, le sujet peut être contagieux : il peut être porteur du virus avant l’apparition des symptômes ou à l’apparition de signaux faibles. »

C’est pourquoi il faut toujours appliquer les mesures barrières (tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir, saluer sans se serrer la main ni embrassade…) même en l’absence de symptôme, et ce afin d’éviter de contaminer son entourage.

#test-covid19

Quels sont les tests utilisés pour détecter le Sars-CoV2, virus à l’origine de la Covid-19, chez une personne ?

Actuellement, le principal test utilisé pour diagnostiquer une infection par le Sars-CoV2 est une technique appelée « RT-PCR », pour réaction en chaîne par polymérase via la transcriptase inverse (« reverse » en anglais). La « RT-PCR » sert ici à révéler la présence du matériel génétique viral au sein d’échantillons recueillis par des professionnels de santé dans le nez ou dans la gorge des patients. Ce test est à visée diagnostique : il révèle une infection en cours au moment du prélèvement. Tout le monde peut se faire dépister : le site du ministère de la Santé et des Solidarités précise que les tests virologiques sont « accessibles à tous, sans ordonnance, et remboursés par l’Assurance maladie ». La liste des laboratoires dans lesquels se déroulent les prélèvements est disponible sur le lien suivant.

Le deuxième type de test existant est le test « sérologique », conduit à partir de prélèvements sanguins. Son principe est basé sur la détection d’anticorps qui circulent dans le sang des patients. Ces anticorps sont produits par les cellules immunitaires lors de l’infection par le virus afin de le détruire. Ils peuvent persister longtemps dans le sang : aussi, ils sont surtout révélateurs d’une infection passée. Cette dernière information peut s’avérer importante pour identifier des personnes potentiellement immunisées contre le Sars-CoV-2. A noter : pour le moment, on ne sait pas si un test sérologique positif signifie que la personne est immunisée de manière durable et systématique face au Sars-CoV2.

Une méthode alternative est en cours de développement et d’évaluation en France, le test dit « salivaire ». Ici, la présence de virus sera dans la salive du patient. Potentiellement plus rapide et plus facile, il pourrait faciliter le dépistage de la maladie et aider les autorités à mieux contrôler l’épidémie.

#essai-clinique

Qu’est-ce qu’un essai clinique d’un nouveau médicament ?

Un essai clinique est une recherche biomédicale menée chez l’humain, avec pour objectif d’améliorer les connaissances et le traitement des maladies. Les essais cliniques de médicaments sont un sous-ensemble de ces recherches biomédicales sur l’homme ; ils ont souvent pour but d’évaluer l’efficacité et la tolérance de molécules pour le traitement d’une pathologie. Classiquement, on distingue 4 grands types d’essais cliniques.

  • Essai clinique de phase I : ce type d’essai se déroule chez des volontaires sains ou malades. Il vise à évaluer la toxicité éventuelle de la molécule et à observer son devenir et son effet général sur l’organisme. Selon le site édité par « Les entreprises du médicament » (Leem), cette étape prend plusieurs mois.
  • Essai clinique de phase II : le but de la phase II est d’évaluer l’efficacité de la molécule sur la pathologie (dose minimale et effets indésirables), elle est menée sur des volontaires malades. D’après le Leem, cette étape se déroule sur plusieurs mois à 2 ans.
  • Essai clinique de phase III : il s’agit ici de valider l’efficacité de la molécule, mais cette fois au regard des thérapies déjà existantes pour traiter la pathologie, ou encore par rapport à un placebo lorsqu’aucun traitement n’est disponible. La phase III est menée sur un groupe de patients bien plus important que la phase II. Le Leem indique que cette partie peut durer de 1 à 4 ans. A l’issue de la phase III, le médicament peut recevoir de la part des autorités de santé une « Autorisation de Mise sur le Marché », ou AMM, qui permet sa commercialisation, et donc une mise à disposition auprès des médecins et donc des patients.
  • Essai clinique de phase IV : cette phase est consacrée au suivi au long court du médicament, c’est-à-dire à la poursuite de son évaluation après sa commercialisation. Elle vise à « détecter des effets indésirables rares, des complications tardives ou encore des biais de prescription ou un mauvais usage » selon le site de l’Inserm. Ici encore, le Leem évalue cette phase à 1 à 4 ans.
#essai-clinique2

Qu’est-ce que la « stratégie de repositionnement d’un médicament » ?

Le temps nécessaire à la conception d’un médicament est extrêmement long : l’Inserm indique ainsi qu’elle nécessite 10 à 15 ans de développement, de la recherche préclinique à la commercialisation. Mais ce délai peut être fortement réduit dans le cadre du « repositionnement d’un médicament » : il s’agit d’utiliser une molécule dont on connait déjà les effets et la toxicité, et que l’on teste pour traiter une pathologie autre que celle pour laquelle elle a été mise au point au départ.

Cette approche permet de s’affranchir de certaines étapes par rapport aux essais cliniques classiques, notamment les essais sur la toxicité, et ainsi d’obtenir des résultats beaucoup plus rapidement. C’est une des voies retenues par les chercheurs et les laboratoires pour trouver des molécules efficaces contre le Sars-CoV-2, virus à l’origine de la Covid-19.

#antibiotique-covid-19

Les antibiotiques sont-ils efficaces pour le traitement de la Covid-19 ?

Malheureusement non, les antibiotiques sont inefficaces contre la Covid-19. La Covid-19 est une maladie liée à un virus, le Sars-CoV2, et les antibiotiques ne sont actifs que contre les bactéries. Il ne sert donc à rien d’en prendre en prévention de la maladie, ou encore en cas de symptômes évocateurs. Contre les virus, des médicaments dits « antiviraux » peuvent être utilisés, ils visent à freiner la multiplication des agents pathogènes. Pour le moment, on ne connaît pas l’efficacité de ces médicaments contre le Sars-CoV2, mais des essais cliniques sont en cours et devraient prochainement éclairer sur ce point les chercheurs et les médecins.

A noter toutefois, le praticien peut parfois prescrire des antibiotiques en cas d’infection virale : lorsqu’elle est associée à une surinfection bactérienne. En effet, une infection par un virus peut, dans certains cas, favoriser une infection bactérienne. C’est pour la traiter que le médecin peut être amené utiliser de tels traitements, mais pas pour lutter contre les virus eux-mêmes.

#efficacite-vaccin

Le vaccin contre la grippe est-il efficace contre le Sars-CoV2 ?

Non, le vaccin contre la grippe ne protège pas contre le Sars-CoV2. Le virus de la grippe et le coronavirus Sars-CoV2 sont très différents !

Or, les vaccins sont développés pour lutter contre un type de virus en particulier, et non contre plusieurs virus. Donc pas de double immunité possible !

#alimentation-covid-19

Y-a-t-il un risque de contamination alimentaire par le Sars-CoV2, virus à l’origine de la Covid-19 ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail (Anses) s’est penchée sur la question d’une éventuelle contamination par le Sars-Cov2 via les aliments. Selon leur site Internet, il n’y a pas de mise en évidence de contamination par le virus via les voies digestives. L’Anses rappelle qu’un passage du virus dans les voies aériennes (son mode d’infestation habituel), lors de la mastication, ne peut être exclu.

L’agence explique également que le virus est sensible à la cuisson : « Une cuisson à 70°C à cœur, recommandée pour inactiver de nombreux microorganismes, permet aussi de détruire le virus Sars-CoV2, potentiellement présent ». Elle précise que le virus est sensible à une température de 63°C pendant 4 min. Quelques conseils sont aussi donnés pour les fruits et légumes crus, qu’il convient de laver au préalable à l’eau potable puis d’essuyer à l’essuie-tout en vue d’éliminer les particules virales.

#immunite-collective

Qu’est-ce que l’ «immunité collective», encore appelée «immunité de groupe» ?

Lorsqu’une personne est confrontée à un agent pathogène comme un virus ou une bactérie, son organisme met en place un processus de défense : son système immunitaire produit des anticorps, des molécules spécifiques du pathogène, qui se lient à lui et entraînent sa destruction. Ces anticorps continuent ensuite d’être produits et circulent dans le sang pendant une durée plus ou moins longue après la guérison : c’est le principe de l’immunité « individuelle » qui permet au corps de se protéger d’une deuxième infection par un même pathogène.

L’ « immunité collective » ou « de groupe » découle de ce principe. Si, dans une population donnée, une forte proportion de personnes a été infectée par un virus, elle sera immunisée contre le pathogène, rompant du même coup sa chaîne de transmission. Ainsi, elle « protégera » les individus ne l’ayant pas encore rencontré.

La proportion de personnes nécessaire pour établir une immunité collective dans une population donnée varie selon le pathogène en cause.  Pour le Sars-CoV2, les données laissent à penser que l’immunité de groupe pourrait être atteinte lorsqu’environ 70 % de la population aura été infectée par le pathogène.

#alcool-covid19

La consommation d’alcool protège-t-elle de la Covid-19 ?

L’OMS a récemment fait une mise au point sur le sujet : contrairement aux idées reçues et aux rumeurs, l’alcool ne protège pas de l’infection par le Sars-Cov2.

L’Organisation alerte également sur les risques d’une surconsommation d’alcool durant la période de confinement. Elle a, dans une infographie dédiée (en anglais), émis des recommandations pour les personnes en ce moment confinées. Elle conseille notamment de ne pas boire d’alcool pour aider à gérer ses émotions et son stress, à ne pas faire de mélange entre alcool et médicaments ou encore à demander de l’aide si vous pensez que votre consommation ou celle d’un proche semble non contrôlée.
Outre l’OMS, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives s’est également intéressée à la question de la consommation d’alcool pendant la période du confinement. Sur son site Internet, elle rappelle les repères de consommation d’alcool à moindre risque :  ne pas consommer plus de 2 verres par jour, d’avoir des jours sans consommation et de ne pas dépasser plus de 10 verres « standards » par semaine. Elle préconise aussi une absence de consommation chez les femmes enceintes, les jeunes et les adolescents.

#transmission-moustique

Le Sars-CoV-2, virus responsable de la Covid-19, est-il transmissible par les piqûres de moustique ?

Il est légitime de se poser la question d’une éventuelle contamination par le Sars-CoV-2 via les moustiques, à l’instar des virus de la Dengue ou du Chikungunya. Pour le moment, aucune preuve d’une telle contamination n’a été retrouvée comme le rappelle le site Internet du ministère des Solidarités et de la Santé : seule une transmission par les gouttelettes respiratoires a été mise en évidence. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter à ce propos.

#survie-coronavirus

Combien de temps le virus Sars-Cov-2 survit-il sur les surfaces ?

Le temps de survie du Sars-CoV-2, virus responsable de la Covid-19, varie en fonction des matériaux sur lesquels il se dépose. Différents travaux ont montré que la durée s’échelonne de quelques heures à quelques jours selon les cas. Le site du Ministère de la santé précise qu’ « au bout de quelques heures, la grande majorité du virus meurt et n’est probablement plus contagieux ».

Devant cette persistance du virus sur les surfaces, il reste nécessaire par précaution de se laver très régulièrement les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique afin d’éviter de se contaminer.

#coronavirus-grossesse

Quelles sont les données sur la grossesse, l’allaitement et la Covid-19 ?

Il est légitime lorsque l’on attend un bébé de se poser des questions sur les impacts de la Covid-19 dans le cadre d’une grossesse. Tout d’abord, il faut noter que le Haut Conseil de la Santé Publique, en se basant sur de précédentes expériences acquises au cours d’autres infections respiratoires, a classé les femmes enceintes au 3e trimestre comme « à risque de développer une forme grave d’infection à Sars-CoV-2 ».

Les femmes enceintes peuvent également s’inquiéter du risque de transmission de la maladie de la mère à l’enfant, in utero ou encore lors de la naissance. L’Organisation mondiale de la Santé s’est intéressée à ce sujet. Sur son site Internet, l’OMS explique qu’elle ne peut pas pour le moment se prononcer sur le sujet. Elle précise qu’aucune trace de virus n’a été détectée dans le liquide amniotique de femmes enceintes atteintes de la Covid-19 : un élément plutôt positif donc.

Concernant l’allaitement, les informations disponibles sont également rassurantes, la présence du virus Sars-CoV-2 n’ayant pas été révélée dans le lait maternel prélevé chez des femmes malades.

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