Mis à jour le 1 décembre 2014

Sida : implication des biofilms dans la propagation du virus

  • Catherine Inizan étudie les mécanismes qui permettent au virus du Sida de se transmettre de cellules en cellules.

  • Elle a découvert que les cellules immunitaires infectées synthétisent des biofilms, enveloppes biologiques renfermant les particules virales, qui facilitent ce transfert et protègent les virus des traitements.

  • Aujourd’hui, elle continue la caractérisation de ces biofilms en vue de mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Cette recherche est conduite par Catherine Inizan qui réalise sa thèse au sein de l’Unité de « Virologie structurale» dirigée par Maria-Isabel Thoulouze à l’Institut Pasteur de Paris.

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15600 €

Le projet mené par Catherine Inizan a été sélectionné par la Fondation en 2014.

Un financement de 15 600 € lui a été accordé pour mener sa thèse à terme.

Le Sida : une pathologie meurtrière

Le syndrome d’immunodéficience acquise, ou Sida, représente le dernier stade de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). En France, on estime que 6 400 personnes ont découvert leur séroposivité en 2012. Le Sida toucherait 33 millions de personnes dans le monde, et aurait été responsable de la mort de 1,7 million de personnes.

Des virus résistants aux traitements

Des virus résistants aux traitements

La maladie se caractérise par une destruction de certaines cellules du système immunitaire, notamment les lymphocytes T CD4, ce qui rend l’organisme sensible à des infections contre lesquelles il serait normalement protégé. L’élaboration de traitements antirétroviraux efficaces, trithérapie en tête, a permis de révolutionner la prise en charge des patients en augmentant leur espérance de vie. Néanmoins, les virus développent des mécanismes qui leur permettent d’échapper aux traitements. Cela explique leur résistance aux thérapies actuelles. Catherine Inizan et son équipe d’accueil s’intéressent à l’un de ces mécanismes : les biofilms viraux.

Les biofilms viraux en ligne de mire

Pour comprendre ce mécanisme, il faut revenir au mode de propagation du VIH. Ce dernier se transmet de deux manières : d’une part, par libération massive hors de la cellule infectée des virus nouvellement formés sous forme libre ; d’autre part, et c’est majoritairement le cas, via des contacts étroits, passages entre les cellules infectées et les cellules encore indemnes.

Durant ses premières années de thèse, Catherine Inizan a montré  que les cellules infectées par le VIH synthétisaient les virus non seulement sous forme libre, mais également accumulés au sein d’une enveloppe biologique : les biofilms viraux. Présents en surface des cellules infectées, ces biofilms sont rapidement transmis aux cellules saines avec lesquelles ils entrent en contact.

Un mécanisme qui augmente le pouvoir infectieux des virus

La jeune chercheuse a montré, par des expériences réalisées sur des cultures cellulaires de lymphocytes infectés par le virus en laboratoire, que l’accumulation des particules virales au sein de ces biofilms conférait plusieurs propriétés au VIH. Tout d’abord, elle a prouvé que les virus enfermés dans le film avaient un pouvoir infectieux plus important que les virus «libres». Ensuite, Catherine Inizan a démontré que le biofilm constitue un environnement protecteur pour les virus, en limitant l’efficacité du système immunitaire contre l’infection. Enfin, elle a établi que le biofilm était efficace dans la résistance des virus aux traitements antirétroviraux.

Des travaux chez l’homme

Aujourd’hui,  Catherine Inizan souhaite confirmer ces données à partir de prélèvement de patients atteints de la pathologie. Elle désire également pouvoir étudier l’effet des trithérapies sur la constitution des biofilms et caractériser leur composition avec plus de précisions. Ces éléments pourraient s’avérer précieux pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre l’infection par le VIH.

De plus, les résultats obtenus lors de ce projet pourraient avoir des applications plus larges que celles des seuls traitements anti-VIH. D’autres virus, comme le HTLV-1 responsable de certaines leucémies, se transmettent en effet eux aussi de cellules en cellules via des biofilms.

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