Mis à jour le 25 avril 2012

Hépatite B : pourquoi le virus responsable est si infectieux

  • Le virus de l’hépatite B est particulièrement infectieux.

  • Les mécanismes par lesquels il pénètre dans le noyau des cellules hôtes pour assurer sa multiplication sont mal connus.

  • C’est à ces mécanismes moléculaires que s’intéresse le Pr Kann à Bordeaux.

Rencontre avec le Pr Michael Kann, Directeur du  laboratoire de microbiologie fondamentale et pathogénicité, à l’Université Bordeaux Segalen-CNRS.

Vos dons en actions
28500 €

Le projet du professeur Michael Kann a été sélectionné en 2010 par le Conseil scientifique de la FRM, qui lui a attribué une aide de 28 500 euros pour financer une étudiante en fin de thèse.

Quelle est votre problématique de départ?

Nous voulons savoir quels sont les mécanismes qui font que le virus de l’hépatite B (VHB) est un virus hautement infectieux.

Le VHB est enveloppé par une membrane externe. À l’intérieur se trouve la capside : il s’agit du cœur de la particule virale. Elle contient son matériel génétique (le génome), protégé par une structure protéique. Après la pénétration du virus dans la cellule de foie, la capside est transportée jusqu’au noyau de la cellule hôte (cellule du foie).

L’étape déterminante est sa pénétration dans le noyau de la cellule hôte. C’est là que se trouvent les constituants indispensables à la multiplication du virus.<

Qu’avez-vous découvert ?

Qu’avez-vous découvert ?

Une fois arrivée dans la membrane du noyau, la capside s’attache fortement aux pores de ce  noyau. Les pores sont de petits canaux qui font communiquer l’intérieur du noyau avec l’extérieur.

Nous avons caractérisé pour la première fois les protéines du pore nucléaire impliquées dans la liaison avec la capside. Nous pensions que cet attachement suffisait pour que le génome viral soit libéré à l’intérieur du noyaux.

Mais nous avons découvert qu’il faut encore une étape pour ouvrir la capside. Cette étape supplémentaire met en jeu une autre protéine de la cellule du foie, une enzyme encore inconnue.

Dans quelle direction poursuivez-vous vos travaux ?

Nous travaillons actuellement à identifier l’enzyme qui déclenche l’ouverture de la capside dans le noyau. C’est l’étape qui conditionne la multiplication virale. Et donc certainement la clé de l’efficacité du virus.

Nous espérons ensuite utiliser les connaissances acquises autour du VHB pour les transposer dans le domaine de la thérapie génique. Il s’agit, dans certaines maladies dues à un gène défectueux, de remplacer celui-ci par un gène sain.

On cherche à utiliser des particules virales modifiées qui servent de transporteur pour amener le nouveau gène dans le noyau des cellules. Nous pensons qu’à terme nos découvertes pourraient servir à améliorer l’efficacité de ce transport.

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