Mis à jour le 25 janvier 2019

Grippe : génétique et infection, quelles relations ?

  • Nous sommes inégaux devant les infections : en effet, face au même virus, certains d’entre nous sont plus résistants que d’autres.

  • Y a-t-il des gènes qui expliquent ces différences et quels sont-ils?

  • En utilisant l’exemple de l’infection par le virus de la grippe, les chercheurs tentent de répondre à ces questions.

Cette recherche est menée par le Pr Lluis Quintana-Murci et son équipe « Génétique évolutive humaine » à l’Institut Pasteur à Paris.

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Somme reçue par Lluis Quintana-Murci en 2018 pour son projet d’ « Equipe FRM »

Une véritable « archéogénétique »

L’unité dirigée par le Pr Quintana-Murci se penche sur la diversité du génome humain et son rôle dans la réponse aux agents infectieux.

« Chacun de nous a un patrimoine génétique unique, issu d’ancêtres qui ont survécu aux épidémies passées, souligne le chercheur. C’est cette richesse qui nous intéresse. Au laboratoire, nous faisons ce que j’aime nommer de l’ « archéogénétique » : nous disséquons notre génome actuel pour découvrir quels gènes semblent avoir été affectés par la sélection naturelle par le passé. Ce sont ceux qui ont probablement permis à nos ancêtres de survivre. Ils devraient donc jouer un rôle dans nos réactions actuelles face à l’infection. »

grippe

Le virus grippal en ligne de mire

Le projet soutenu par la Fondation pour la Recherche Médicale concerne l’infection par le virus de la grippe, dont l’impact en santé publique est important.

L’idée est née d’une observation inattendue de l’équipe de Lluis Quintana-Murci : la multiplication du virus de la grippe semble être plus importante dans des globules blancs d’individus d’origine européenne que dans ceux d’individus d’origine africaine.

Or, l’équipe a montré l’existence de différences au sein des gènes de l’immunité entre ces populations.

Diversité génétique, la base de nouveaux antiviraux

Ce modèle semblait donc particulièrement pertinent pour étudier le rôle du patrimoine génétique dans les différences de réaction individuelle face à l’infection grippale. Pour ce faire, l’équipe a commencé par établir une collection de prélèvements sanguins de 100 individus d’origine africaine et de 100 individus d’origine européenne.
Pour chaque échantillon, les monocytes (des globules blancs au rôle central dans la réponse immunitaire antivirale) ont été extraits et mis en culture, puis infectés ou non avec le virus de la grippe.

Le Pr Quintana-Murci explique : « Maintenant, grâce à la FRM, nous allons mesurer la réponse des monocytes à l’infection virale par une technique de pointe : le séquençage sur cellule unique. Il s’agit d’abord d’isoler les cellules les unes des autres, puis de répertorier, cellule par cellule, tous les gènes exprimés, avec ou sans infection virale. »

Grâce à cette technique très sensible, les scientifiques espèrent repérer les gènes activés différentiellement chez les individus d’origine différente et qui interviennent dans la prolifération du virus. Il restera ensuite à identifier leur fonction. Les voies biologiques associées à la résistance à l’infection pourraient mener l’équipe vers de nouvelles cibles potentielles pour lutter contre le virus.
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