Mis à jour le 1 octobre 2014

AVC : de nouvelles données pour améliorer la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux

  • La prise en charge des accidents vasculaires ischémiques repose sur des thérapies administrées à la phase précoce, dans les 4,5 premières heures après le début des symptômes, et lorsque les lésions ne sont pas trop avancées.

  • Marie Tisserand et son équipe ont mis évidence un fait encore méconnu : les lésions à la suite d’un accident vasculaire cérébral observées dans la substance blanche sont plus souvent réversibles après traitement que celles de la substance grise.

  • Une découverte qui pourrait soulever la possibilité de revoir les conditions d’administration des traitements actuels.

Ce résultat a été obtenu par Marie Tisserand au sein du Centre de Psychiatrie et Neurosciences (Inserm U894), Université Paris Descartes et Hôpital Saint-Anne, à Paris.

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Ce projet a été sélectionné en 2012 par la Fondation pour la Recherche Médicale.

Grâce à ce financement, Marie Tisserand a obtenu ce résultat.

Les accidents vasculaires cérébraux ischémiques

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont des pathologies dévastatrices et représentent un véritable problème de santé publique. Ils sont la 1re cause de handicap acquis non traumatique chez l’adulte : 130 000 personnes en sont victimes chaque année en France.

Dans 85 % des cas, l’AVC est dit « ischémique ». Il est lié à la formation d’un caillot qui bouche un vaisseau cérébral. S’ensuit alors une destruction de la zone du cerveau qu’il ne peut plus irriguer, ce qui peut conduire à des séquelles irréversibles voire au décès de la personne atteinte.

Un traitement qui peut être conditionné par les examens d’imageri

Un traitement qui peut être conditionné par les examens d’imagerie

Face à ce type d’accident vasculaire, la seule solution est le recours à des traitements « fibrinolytiques », afin de détruire le plus rapidement possible le caillot et rétablir une circulation correcte. Seulement, administrer ce traitement au-delà des 4,5 premières heures après le début de l’AVC semble avoir peu de bénéfice, avec un risque de transformation hémorragique de l’AVC.

La décision de prodiguer le traitement peut être aidée par  les résultats des examens d’imagerie médicale réalisés en urgence. La technique privilégiée est l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) avec séquence de diffusion. Cette dernière peut révéler très précocement des anomalies caractéristiques de l’accident vasculaire cérébral. S’il était trop étendu, on considérait que les traitements ne pouvaient être administrés car les lésions avaient peu de probabilités de régresser. Seulement, des études réalisées chez l’homme ou l’animal ont remis en cause cette idée.

Comparer la récupération de la substance blanche à celle de la substance grise

L’étude de la réversibilité des lésions dans les 24 premières heures après un AVC est au cœur du projet mené par Marie Tisserand et son équipe au centre hospitalier Sainte-Anne à Paris. Leur but est de pouvoir prédire quelles sont les anomalies IRM qui vont régresser après traitement. Les chercheurs se sont intéressés aux différences de réversibilité des lésions entre deux grandes parties du tissu cérébral : la substance blanche, partie contenant les fibres nerveuses, et la substance grise, qui contient les neurones. 

Marie Tisserand et son équipe ont étudié l’évolution des lésions observées par IRM chez 30 patients atteints d’un AVC ischémique aigu. Elles les ont comparées à des images réalisées 24 heures après traitement.  Les chercheurs ont ainsi mis en évidence une différence de récupération entre ces deux tissus : ils ont constaté que les lésions qui ont lieu dans la substance blanche sont plus souvent réversibles que celles au niveau de la substance grise. 

Cette découverte pourrait permettre de revoir les conditions d’administration des fibrinolytiques actuels.

Source : Tisserand M et al. Is White Matter More Prone to Diffusion Lesion Reversal After Thrombolysis ? Stroke 2014 ; 45 : 1167-9.

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