Mis à jour le 1 janvier 2016

AVC : les médicaments anti-cholestérol abaisseraient le risque de 30 %

  • Le cholestérol est un composant majeur des caillots impliqués dans la survenue d’accidents vasculaires cérébraux.

  • Abaisser le taux de cholestérol représente une voie pour prévenir le développement d’un accident vasculaire cérébral.

  • Des chercheurs ont montré que, dans ce cadre, ces médicaments pourraient diminuer le risque d’accident vasculaire cérébral de 30 % : des résultats qui nécessitent d’être confirmés au cours de travaux ultérieurs.

Cette découverte a été réalisée par le Centre de recherche « Epidémiologie et Biostatistique » de Bordeaux.

Vos dons en actions
1 500 000 €

La cohorte (étude des 3 Cités), à partir de laquelle ont été réalisés ces travaux, a été en partie financée en 1998 par la FRM à hauteur de 1,5 million d’euros. 

Elle continue aujourd’hui à nous apporter des informations précieuses en matière de santé publique.

Les accidents vasculaires cérébraux et leurs causes

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont de véritables fléaux et représentent la troisième cause de mortalité en France. Dans la grande majorité des cas, ces AVC ont pour origine un caillot qui bouche un vaisseau sanguin cérébral. Le territoire du cerveau qu’il irrigue est alors privé d’oxygène, ce qui entraîne une mort rapide des cellules nerveuses.

La formation du caillot est étroitement liée à une pathologie, l’athérosclérose. Elle consiste en la formation d’une « plaque » dans la paroi des artères, la plaque d’athérome, constituée d’un mélange de cholestérol, de cellules et de calcium entouré de fibres. Parfois, il peut arriver que cette plaque se rompe. Son contenu migre alors dans la circulation pour former le caillot impliqué dans les AVC.

Le cholestérol : un rôle pivot dans la pathologie

Le cholestérol : un rôle pivot dans la pathologie

Le cholestérol est un des composants essentiels dans la formation de la plaque d’athérome.

Ce constat a amené les praticiens à prescrire chez les personnes les plus âgées de manière préventive des traitements dits « hypolipémiants ». Ces médicaments, qui englobent les statines et les fibrates, ont pour action d’abaisser les taux de cholestérol dans le sang.

Ainsi, empêcher le cholestérol de s’accumuler permettrait de prévenir les risques d’athérosclérose et ses conséquences. Pour le moment, les effets à long terme d’une prescription d’hypolipémiants restent assez méconnus sur le risque de développer une maladie cardiovasculaire.

Un effet préventif des hypolipémiants

Des chercheurs bordelais ont apporté de nouveaux éléments sur ce point. Ils se sont intéressés à un groupe de patients issus de la cohorte « des 3 Cités », constitué de près de 7 500 personnes âgées de 74 ans en moyenne et suivies pendant 9 ans. Tous les deux ans, les patients devaient répondre à des questionnaires et étaient examinés. Les chercheurs ont également évalué divers paramètres tels que le niveau d’éducation, les revenus, le style de vie ou encore l’activité. Au terme de leur étude, il s’avère que, dans cette population, l’utilisation de fibrates ou de statines abaissait le risque d’AVC de 30 %.

Ce travail basé sur une observation d’un échantillon donné de personnes nécessite d’être reproduit pour réellement établir une relation de cause à effet entre prise d’hypolipémiants et abaissement du risque d’AVC. Elle donne tout de même des pistes de réflexion quant aux politiques de prévention des pathologies cardiovasculaires.

Source : Alpérovitch A et al. Primary prevention with lipid lowering drugs and long term risk of vascular events in older people: population based cohort study. BMJ 2015 ; 350 : h2335.
Les cookies permettent d’améliorer la diffusion de nos informations, de mieux gérer vos centres d’intérêt, d’établir des statistiques et d’évaluer les performances du site. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l’utilisation. Pour plus d’informations ou vous opposer à cette utilisation, rendez-vous sur cliquez ici.