Mis à jour le 1 février 2018

Importance de la progastrine dans la progression du cancer du côlon

  • Les récidives de cancer du côlon représentent une cause majeure de sévérité de la pathologie.

  • Les chercheurs s’intéressent aux facteurs qui favorisent la survie et la prolifération de certaines cellules tumorales essentielles à cette récidive cancéreuse.

  • Ils ont mis en évidence l’action d’une molécule, la progastrine, qui pourrait s’avérer une cible thérapeutique pertinente.

Cette découverte a été réalisée par Julie Giraud sous la direction de Frédéric Hollande et Julie Pannequin au sein de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier.

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C’est la somme reçue par Julie Giraud en 2012 pour la réalisation de sa thèse et qui a contribué à l’obtention de ce résultat.

Le cancer du côlon et ses récidives

Avec plus de 44 000 nouveaux cas projetés en France pour l’année 2017, le cancer colorectal représente un réel problème de santé publique. Et ses retentissements dépassent largement le cadre de l’hexagone : à l’échelle mondiale, ce cancer toucherait 1,4 millions de personnes chaque année, et provoquerait 700 000 décès.

L’Institut national du cancer estime que plus d’1 personne sur 30 y sera confrontée un jour dans sa vie. Dans la plupart des cas, la mortalité est liée à la capacité des tumeurs à former des métastases, c’est-à-dire à s’étendre à d’autres organes que le côlon. Celles-ci sont rarement opérables et répondent souvent de façon incomplète aux traitements utilisés classiquement en clinique. Les chercheurs souhaitent développer de nouvelles stratégies pour lutter contre cette forme avancée de cancer du côlon et ses récidives.

Colon et cellules cancéreuses

Les cellules souches cancéreuses en question

Les chercheurs s’intéressent à une population de cellules cancéreuses particulièrement agressives appelées « cellules souches cancéreuses ». Cette catégorie de cellules est résistante aux traitements actuels. Souvent présentes en très faibles quantités et indétectables avec les techniques actuelles de diagnostic, les cellules souches cancéreuses seraient à l’origine des récidives tumorales. C’est cela qui pousse les chercheurs à étudier leur fonctionnement et les facteurs leur permettant de proliférer et de survivre.

La progastrine : une cible thérapeutique potentielle

Les chercheurs ont tout d’abord étudié les tumeurs en général. Des études menées à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Montpellier ont montré que les cellules cancéreuses du côlon en culture ainsi que celles issues de biopsies réalisées chez les patients produisaient et libéraient dans leur environnement une molécule en quantité trop importante: la progastrine. Par des techniques de biologie moléculaire, ils ont démontré que la progastrine favorisait le développement et la survie des cellules souches tumorales du côlon. A l’inverse, par des manipulations génétiques, l’équipe a réduit la quantité de progastrine produite par ces cellules: cette diminution du taux de progastrine entrainait une diminution du renouvellement et de la survie des cellules souches cancéreuses.

Cette étude met en évidence l’intérêt d’une stratégie « anti-progastrine » dans le cancer du côlon : développer une molécule pour l’inhiber represente ainsi une approche prometteuse dans la maladie.


Source : Giraud J et al. Autocrine Secretion of Progastrin Promotes the Survival and Self-Renewal of Colon Cancer Stem-like Cells. Cancer Res 2016 ; 76 : 3618-28.
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