Mis à jour le 1 janvier 2014

Polyarthrite rhumatoïde : des cellules immunitaires à l’origine de l’érosion osseuse

  • Le Dr Fabienne Coury-Lucas se penche sur les mécanismes qui conduisent à la dégradation de l’os dans la polyarthrite rhumatoïde.

  • Elle étudie un phénomène original : la transformation de cellules immunitaires, dans l’articulation, en cellules qui détruisent l’os.

  • Si ses résultats s’avèrent positifs, ils pourraient donner lieu à des traitements basés sur ces cellules détruisant l’os.

Cette recherche a été menée par le Dr Fabienne Coury-Lucas, rhumatologue et chercheuse dans l’équipe « Biologie cellulaire et physiopathologie de l’os » à l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon.

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31200 €

Le projet mené par le Dr Fabienne Coury-Lucas a été sélectionné en 2012 par le Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale.

Le Dr Fabienne Coury-Lucasa obtenu un financement de 31 200 euros sur un an pour financer un jeune chercheur et mener à bien ces travaux.

Les ostéoclastes, cellules de l’érosion osseuse

L’équipe du Dr Pierre Jurdic, dans laquelle le Dr Fabienne Coury-Lucas mène ses recherches, a découvert un phénomène particulier, nommé « transdifférenciation » : certaines cellules immunitaires, appelées cellules dendritiques, sont capables de se transformer en un autre type cellulaire, complètement différent, des ostéoclastes. Or les ostéoclastes, qui participent normalement à la physiologie osseuse, sont des cellules chargées de dégrader l’os ancien tandis que de l'os nouveau est formé.

En augmentant localement la quantité de cellules qui détruisent l’os, le phénomène de « transdifférenciation » pourrait donc contribuer à l’érosion des articulations observée dans la polyarthrite rhumatoïde.
L’inflammation inductrice de la transdifférenciation

L’inflammation inductrice de la transdifférenciation

« Les cellules dendritiques, quant à elles,  sont de véritables sentinelles. Elles affluent dans la membrane synoviale enflammée, qui tapisse l’intérieur de l’articulation, intervenant dans la réponse immunitaire dès le début de la polyarthrite rhumatoïde. Elles ont un rôle clé dans le déclenchement de cette réponse immunitaire, explique Fabienne Coury-Lucas. Par ailleurs, l'équipe du Dr Jurdic a montré in vitro que la transdifférenciation des cellules dendritiques en ostéoclastes est potentialisée par l'inflammation. Nous cherchons actuellement à le vérifier in vivo, chez la souris ».

Pour cela, la chercheuse utilise un modèle de souris qui développe un rhumatisme inflammatoire proche de la polyarthrite rhumatoïde. Des cellules dendritiques provenant de souris saines sont injectées aux souris malades. Elles sont marquées de manière spécifique de telle sorte qu’il est possible de suivre leur devenir chez les animaux injectés.

« Nous recherchons la présence d’ostéoclastes marqués dans les articulations des souris, précise la rhumatologue. Ce serait la démonstration que les cellules dendritiques que nous avons injectées se sont transformées en ostéoclastes. En parallèle, nous établirons le lien avec la sévérité de la maladie et les atteintes osseuses. »

Quel intérêt dans la polyarthrite rhumatoïde ?

Fabienne Coury-Lucas conclut : « Si nos résultats sont positifs, nous pourrons tenter de bloquer ce processus pour ralentir l’érosion osseuse dans la polyarthrite rhumatoïde. » Les cellules dendritiques pourraient donc devenir une nouvelle cible thérapeutique potentielle dans la maladie

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