Mis à jour le 5 juillet 2013

Polyarthrite rhumatoïde : des anticorps pour empêcher la réaction inflammatoire

  • Hans Yssel a choisi une stratégie originale pour tenter de contrer l’inflammation dans la polyarthrite rhumatoïde.

  • Il souhaite mettre au point un anticorps qui bloque le passage des cellules inflammatoires vers les articulations.

  • Un projet difficile, mais qui pourrait s’avérer une solution thérapeutique innovante dans cette pathologie.

Cette recherche est menée par le Dr Hans Yssel, Directeur de recherche INSERM au laboratoire "Infection et Immunité", Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

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345200 €

Le projet mené par Hans Yssel a été sélectionné en 2008 par la Fondation pour la Recherche Médicale, dans le cadre du programme « Nouvelles approches en immunothérapie ».

Un financement de 345 200 euros sur 3 ans lui a été attribué pour mener à bien ces travaux.

Quelle est votre stratégie pour neutraliser l’inflammation dans la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde se caractérise par une inflammation chronique des articulations. Cette réaction est provoquée par un afflux de cellules inflammatoires, les lymphocytes T et les lymphocytes B, dans la membrane synoviale, tissu qui entoure l’articulation. Pour ce faire, les cellules doivent passer de la circulation sanguine vers l’articulation. D’où l’idée d’essayer de bloquer leur processus de migration.

Pour passer du sang aux tissus, ces lymphocytes utilisent une protéine présente à leur surface, appelée CCR6. Elle leur permet d’adhérer à la paroi interne des vaisseaux sanguins pour la traverser. Notre concept repose sur la fabrication d’anticorps dirigés contre CCR6. En se fixant à la protéine, ils empêcheront les lymphocytes de traverser les vaisseaux pour aller exercer leur effet inflammatoire.
Comment fabriquer ces molécules ?

Comment fabriquer ces molécules ?

Il s’agit d’injecter à des souris des cellules humaines possédant à leur surface CCR6. Sur le même principe qu’un vaccin, cela provoque une réponse immunitaire au contact d’un élément étranger : en réaction, les souris s’immunisent en fabriquant des anticorps dirigés contre CCR6.

L’organisme réagit en fabriquant un ensemble d’anticorps dirigés contre la molécule. Il faut isoler celui qui sera efficace, qui a la capacité de bloquer le fonctionnement de la protéine CCR6.

La phase suivante consiste à « humaniser » la molécule obtenue. En effet, cette dernière est spécifique de la souris, et provoquerait en l’état une réaction immunitaire chez l’Homme.  L’idée est donc de remplacer in vitro les parties « souris » par des composants humains.

Où en est votre projet aujourd’hui ?

Nous nous sommes heurtés à une difficulté : la protéine CCR6 est très peu immunogène, c’est-à-dire qu’elle ne provoque qu’une très faible réaction immunitaire chez la souris, et ne conduit donc qu’à la fabrication de très peu d’anticorps.

Nous avons néanmoins réussi à en obtenir quatre à ce jour, que nous avons purifiés. Malheureusement, les deux premiers que nous avons testés ne sont pas efficaces. J’ai mené ces travaux à l’Institut des neurosciences de Montpellier, dans l’unité du Dr Christian Jorgensen; je les poursuis aujourd’hui dans l’unité Immunité et infection, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Avez-vous toujours confiance en cette approche pour traiter la polyarthrite rhumatoïde ?

Je suis toujours confiant sur cette approche, même si elle est compliquée. Je reste persuadé que, si nous réussissons à produire un tel anticorps, il pourrait être une option thérapeutique nouvelle pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, et probablement pour d’autres maladies inflammatoires chroniques.

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