Mis à jour le 3 août 2020

Greffe d’organes : un nouveau mécanisme impliqué dans le rejet chronique révélé

  • La greffe d’organes, seule option thérapeutique dans certaines maladies, sauve de nombreuses vies chaque année en France.

  • La principale limite de cette thérapie réside dans le rejet de greffe, une réaction immunitaire anormale qui vise le greffon et le détruit.

  • Des chercheurs ont élucidé un phénomène jusqu’ici méconnu impliqué dans le rejet de greffe.

Cette découverte a été réalisée par Olivier Thaunat et son équipe du Centre International de recherche en infectiologie - Hôpital Edouard Herriot à Lyon.

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Somme attribuée à Olivier Thaunat en 2018 pour mener à bien son étude sur les rejets de greffe, dans le cadre d’un appel à projets destiné à soutenir la recherche sur la transplantation d’organe et la thérapie cellulaire.

Inserm/Patrice Latron

La problématique du rejet chronique de greffe

La transplantation d’organes, ou greffe d’organes, constitue souvent la meilleure (parfois la seule) option de traitement dans de nombreuses pathologies aboutissant à la destruction d’un organe vital. La transplantation consiste à remplacer l’organe défaillant par son équivalent sain provenant d’un donneur génétiquement différent : on parle alors d’allogreffe.

Parmi les greffes les plus courantes, on peut citer les greffes de rein, de foie oui encore de cœur.

Si la transplantation permet de sauver chaque année de nombreuses vies, elle se heurte au problème du rejet chronique. Les vaisseaux des greffons sont en effet la cible de la réaction immunitaire du receveur, ce qui conduit à une perte progressive et irrémédiable de leur fonction.

Ce phénomène de rejet chronique vasculaire est au cœur de la préoccupation des chercheurs qui, à l’instar d’Olivier Thaunat et de son équipe, avancent chaque jour pour améliorer sa compréhension et dessiner des pistes thérapeutiques.

Un dogme remis en question

Tout est parti de la remise en cause d’un dogme. En effet, jusqu’à présent, on pensait que ce phénomène de rejet de rejet chronique vasculaire était lié à des anticorps produit par le système immunitaire du receveur. Ces molécules sont en effet responsables d’une inflammation néfaste pour la microcirculation qui irrigue l’organe (« inflammation microvasculaire »). Un véritable problème car il n'existe pour le moment aucun traitement efficace contre cette pathologie. En analysant plusieurs centaines de biopsies de greffons rénaux de patients, l’équipe d’Olivier Thaunat a découvert que dans la moitié des cas, l’inflammation de la microcirculation survient en l’absence de la production d’anticorps.

Des cellules immunitaires mises en cause

Les chercheurs ont alors émis l’hypothèse que ces rejets n’étaient pas tous liés à la production d’anticorps. Leur intérêt s’est alors porté sur des cellules immunitaires particulières : les cellules NK, pour « Natural Killer ». Ces globules blancs font partie de la première ligne de défense de notre organisme contre les agents pathogènes. En utilisant différents modèles au laboratoire, l’équipe a pu démontrer que ces cas de rejet sont déclenchés par l’activation anormale des cellules NK du receveur par les vaisseaux du greffon qui sont incapables de délivrer des signaux régulateurs.

Ce même travail rapporte également qu’un traitement, déjà disponible sur le marché, pourrait permettre de prévenir le développement de cette nouvelle forme de rejet.

 

Source : Communiqué de presse CNRS, Koenig A et al. Missing self triggers NK cell-mediated chronic vascular rejection of solid organ transplants. Nat Commun 2019 ; 10 : 5350.

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