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Tuberculose : identifier des moyens pour contourner la résistance bactérienne

Tuberculose : identifier des moyens pour contourner la résistance bactérienne
  • La tuberculose est une pathologie infectieuse très fréquente dans le monde, liée à une bactérie, Mycobacteriumtuberculosis.
  • Ces dernières années, un phénomène de résistance du pathogène aux antibiotiques usuels est apparu.
  • Les chercheurs souhaitent mieux caractériser les différentes populations de Mycobacteriumtuberculosis pour définir de nouvelles modalités de prise en charge.

Cette recherche est menée par GiuliaManina et son équipe « Individualité Microbienne et Infection » à l’Institut Pasteur à Paris.

La question de la résistance aux antibiotiques

La tuberculose est l’une des maladies infectieuses les plus présentes dans le monde. On estime à environ 10,4 millions le nombre de personnes qui sont atteintes de cette pathologie chaque année à la surface du globe. L’agent pathogène à l’origine de cette maladie est Mycobacteriumtuberculosis, une bactérie transmise la plupart du temps par les expectorations du patient. Cette infection se déroule souvent en deux phases : une dite « latente », durant laquelle aucun symptôme de la maladie n’est décelable, puis une autre dite « active » pendant laquelle la bactérie prolifère, engendrant du même coup des lésions organiques. La lutte contre la tuberculose se heurte actuellement à un écueil : l’émergence d’une résistance de Mycobacteriumtuberculosisface aux antibiotiques couramment utilisés pour la combattre. Le traitement antibiotique,long et à l’origine de nombreux effets secondaires, est difficile à mener à terme. En conséquence, l'infection n'est souvent pas complètement éradiquée des poumons, où de petits sous-groupes de bactéries peuvent survivre. Ces bactériesreprésentent ainsi un réservoir pour la réactivation future de l'infection et de contagion. C’est pourquoi les chercheurs se penchent sur la capacité des bactéries à survivre en présence d'antibiotiques, pour ensuite mieux les contrer.

Une population de bactérieshétérogène

GiuliaManina s’intéresse à ce problème de résistance bactérienne aux traitements. La chercheuse pense que la population de Mycobacteriumtuberculosisqui infecte une personne donnée n’est pas homogène : toutes les bactéries qui la constituent, même sielles sont identiques d’un point de vue génétique, ne sont pas uniformes. Chaque bactérie qui compose la population aurait ainsi des caractéristiques propres. C’est notamment le cas de la résistance aux antibiotiques qui varierait d’une bactérie à l’autre.

Les chercheurs suggèrent également que si l'on peut trouver des molécules qui forcent la population à devenir plus homogène, il est plus probable qu'ils répondront aussi plus uniformément au traitement antibiotique standard. L’équipe souhaite donc explorer cette voie de recherche, et comprendre comment chaque bactérie qui compose la population résiste aux traitements et quels sont les mécanismes moléculaires en jeu.

Un suivi précis de l’effet des traitements

Les chercheurs souhaitent utiliser une technologie d’étude avancée, la « microfluidique » couplée à de la microscopie, afin d’enregistrer des films de la vie des bactéries et élucider leur comportement. Cette méthode permet de suivre le devenir de chaque bactérie avec précision et de manière indépendante. Ici, l’idée est de mettre chaque sous-population bactérienneen présence deplusieurs molécules afin d'inciter la population bactérienne dans son ensembleà devenir plus homogène.Ensuite, les chercheurs coupleront la molécule ayant eu le plus d’effetavec à des antibiotiques, notamment desfluoroquinolones, un traitement couramment prescrit dans le cas de tuberculoses dites « résistantes ». Il s’agira ensuite d’observer la réponse des bactéries soumises à ce cocktail de molécules(expression des gènes, mort bactérienne…).

Grâce à cette approche, les chercheurs espèrent découvrir de nouvelles stratégies de traitement qui améliorent significativement l’efficacité des antibiotiques sur Mycobacteriumtuberculosis. Ces résultatsconstitueraient une véritable avancée pour la prise en charge future de la tuberculose.

Date de publication : 01/12/2016

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Cette somme a été accordée en 2016 à Giulia Manina par le conseil scientifique de la FRM pour mener ce projet à bien.

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