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Sida : découverte d’une protéine combattant l’inflammation

Sida : découverte d’une protéine combattant l’inflammation
  • Les patients infectés par le VIH présentent une inflammation chronique qui, à terme, génère des complications et augmente la mortalité.
  • Le Dr Nicolas Noel étudie les mécanismes de cette inflammation afin de pouvoir, à l’avenir, mieux la contrôler.
  • Ses travaux ont ainsi permis de découvrir une protéine, IP-10, qui pourrait avoir un rôle central dans ce processus.

Cette recherche a été menée par le Dr Nicolas Noel, dans l’équipe « Régulation de la réponse immune, infection VIH1 et auto-immunité » (INSERM U1012), Université Paris-Sud 11, Le Kremlin-Bicêtre.

Une inflammation initiatrice de complications

Le sida, ou syndrome de l’immunodéficience acquise, est lié à l’infection de l’organisme par un virus, le VIH. Le VIH s’attaque aux lymphocytes T4, cellules essentielles à la mise en place d’une réaction immunitaire, en les détruisant peu à peu. L’infection entraîne alors une diminution progressive de la protection contre les pathogènes. 

Les traitements anti-rétroviraux ont transformé le pronostic de l’infection par le VIH en bloquant la multiplication du virus mais sans l’éradiquer. L’infection par le VIH est devenue une maladie chronique. Les patients vivants avec le VIH qu’ils soient traités ou non, présentent un état inflammatoire chronique qui serait à l’origine de nombreuses complications secondaires à la maladie, notamment cardiovasculaires et cérébrales, et qui contribuerait à la destruction des lymphocytes T4.

Comprendre ses mécanismes pour arriver un jour à maîtriser cette inflammation est le projet du Dr Nicolas Noel au sein de l’unité Inserm U1012 à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

Les HIV controllers : une population particulière de patients

Le chercheur s’intéresse à une population présentant une résistance particulière à l’infection. Ces patients sont appelés « HIV controllers ». Leur organisme parvient à contrôler la multiplication virale : infectés par le VIH depuis plus de 5 ans, ces patients présentent une quantité de virus dans le sang quasi-indétectable, et ce sans recevoir de traitement antirétroviral particulier.   Les HIV controllers, tout comme les autres malades, présentent eux aussi une inflammation chronique, mais plus faible que chez les patients « classiques ».

La résistance aux virus des HIV controllers en fait une population d’étude de choix. En effet, ils permettent d’observer l’inflammation inhérente à la maladie en s’affranchissant de l’effet des traitements (ayant aussi une activité pro-inflammatoire) et avec une quantité de virus faible dans l’organisme.

Observer l’inflammation pour mieux l’appréhender

Les chercheurs ont mesuré des marqueurs sanguins spécifiques de l’inflammation chez un groupe de patients HIV controllers. Leurs taux ont été comparés à ceux de patients ayant des virus détectables dans le sang, à ceux de patients actuellement sous traitement ainsi qu’à ceux de volontaires sains.

Nicolas Noel, au sein de l’équipe du Pr Olivier Lambotte, a ainsi pu mettre en évidence une protéine particulière, IP-10, dont la concentration variait selon les groupes de patients.  De plus, ils ont observé chez les HIV controllers que ce taux était corrélé à celui des lymphocytes T4 : plus la concentration sanguine d’IP-10 était importante et plus le nombre de lymphocytes T4 des patients diminuait.  L’activité inflammatoire induite par IP-10 serait donc néfaste pour la pathologie et accentuerait les atteintes au niveau des cellules immunitaires.

Les chercheurs souhaitent maintenant poursuivre leur travail en étudiant plus précisément le rôle d’IP-10 au niveau cellulaire. Ceci pourrait permettre d’expliquer son rôle dans l’inflammation d’un point de vue moléculaire et ainsi affiner ses effets sur la pathologie.


Source : Noel N et al. Elevated IP10 levels are associated with immune activation and low CD4⁺ T-cell counts in HIV controller patients. AIDS 2014 ; 28 : 467-76.

Date de publication : 01/01/2014

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La Fondation pour la Recherche Médicale a sélectionné le projet du Dr Nicolas Noel en 2012 et lui a attribué un financement de 100 000 € sur 2 ans.

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