Les moyens diagnostiques de plus en plus performants permettent d’identifier la maladie dès les premiers symptômes, au stade prédémentiel. Cela permet au patient qui possède encore toutes ses capacités de faire des choix de vie et d’anticiper sur l’évolution de la maladie avec son entourage ; mais aussi de bénéficier d’une prise en charge adaptée pour atténuer les troubles comportementaux et prolonger l’autonomie et, le cas échéant, de participer à des essais cliniques.

La maladie d’Alzheimer, encore insuffisamment diagnostiquée

Dans un rapport de 20051, l’Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé soulignait les insuffisances dans le dispositif français de dépistage de la maladie d’Alzheimer : le diagnostic n'est établi que pour une personne malade sur deux et seulement une sur trois au stade précoce de la démence. Une constatation partagée par une étude récente publiée en 2015 par Cap Retraite2.

La Haute Autorité de Santé a publié en mai 2018 un guide du parcours de soins des patients présentant un trouble neurocognitif associé à la maladie d’Alzheimer ou à une maladie apparentée. Destiné aux professionnels de santé, il vise à donner « des repères précis et des outils pour la mise en œuvre de soins et d’aides adaptés dès les premiers signes de la maladie (traitement non médicamenteux) pour améliorer la prise en charge et maintenir le niveau d’autonomie et de bien être notamment au domicile »3.

Le diagnostic, une approche pluridisciplinaire

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose sur le couplage de plusieurs examens :

  • un examen clinique du patient,
  • des tests cognitifs (de mémoire, exercices sur le langage, etc.),
  • l’imagerie cérébrale,
  • l’analyse de biomarqueurs du liquide céphalorachidien.

L’examen clinique du patient

C’est toujours la première étape du diagnostic. Le plus souvent le patient ou son entourage se plaint de troubles de la mémoire. Mais d’autres troubles cognitifs peuvent aussi alerter : changement du comportement habituel, de la personnalité, difficultés à s’orienter, à exécuter des gestes quotidiens, à s’organiser, etc.

Si le médecin traitant suspecte une origine pathologique, il oriente le patient vers un centre hospitalier spécialisé pour une Consultation mémoire de proximité (CMP) ou dans un Centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR).

Ces structures réunissent toutes les compétences nécessaires au diagnostic, à la prise en charge et au suivi des patients : médecins spécialistes de l’imagerie médicale, gériatres, neurologues, psychiatres, psychologues, infirmières, orthophonistes, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, psychomotriciens, assistantes sociales, etc.

Les tests cognitifs

Une évaluation cognitive globale (langage, raisonnement, calcul…) ainsi que des tests de mémoire spécifiques sont pratiqués. Ils permettent notamment d’identifier le trouble de la mémoire qui touche spécifiquement l’hippocampe, la zone impliquée dans la mémoire épisodique et la mémoire épisodique (souvenirs formés à partir des événements vécus) dans la maladie d’Alzheimer.

Par exemple le patient a des difficultés à se souvenir d’une liste de mots, même avec l’aide d’indices.

L’imagerie cérébrale

  • L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) utilisée depuis plus de 30 ans, permet d’observer le volume du cerveau et de ses différentes régions. La maladie se caractérise par une atrophie de certaines structures cérébrales comme l’hippocampe, première région atteinte par la maladie et une réduction globale du volume cérébral. 
  • La tomographie par émission de positons (TEP) est une méthode d’imagerie plus récente qui permet une évaluation plus précoce et plus spécifique. Elle permet de visualiser une baisse de la consommation de glucose dans certaines régions du cerveau, qui indique une diminution pathologique de l’activité des neurones dans ces régions.
    Les derniers développements de cette technique proposent de détecter les plaques amyloïdes, grâce à des radiotraceurs spécifiques (molécules radioactives injectées au patient via la circulation sanguine et qui se fixent sur les dépôts amyloïdes).

L’analyse de biomarqueurs du liquide céphalorachidien

Le liquide céphalorachidien (ou LCR, le fluide dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) est recueilli par ponction lombaire. Des taux de peptide bêta-amyloïde inférieurs à la normale et de protéine Tau supérieurs à la normale sont des indicateurs précoces de la maladie.

Le diagnostic repose à la fois sur la clinique et sur la présence de biomarqueurs (en imagerie ou du LCR). Une personne peut en effet présenter des lésions typiques de la maladie d’Alzheimer sans en présenter les symptômes.


La recherche travaille actuellement à mettre au point des techniques de dépistage sur biomarqueurs sanguins, plus faciles d’accès.

Le diagnostic repose à la fois sur la clinique et la présence de biomarqueurs

1. Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé. Rapport sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées, juillet 2005.

2. Observatoire Cap Retraite 2015 : http://www.capretraite.fr/wp-content/uploads/2016/04/synthese-observatoire-alzheimer.pdf

3. www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-05/parcours_de_soins_alzheimer.pdf

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