Mis à jour le 6 janvier 2022

Covid-19 : des anticorps monoclonaux moins efficaces face à Omicron, mais une 3e dose vaccinale utile

  • L’apparition du variant Omicron a donné un nouvel élan à la pandémie de Covid-19 qui sévit depuis le début de l’année 2020.

  • Plusieurs équipes de recherche, avec le soutien de la FRM, se sont penchées sur la capacité de ce variant à résister à un panel d’anticorps monoclonaux et à certains vaccins actuels.

  • Les chercheurs ont ainsi montré une résistance d’Omicron face à ces anticorps et la nécessité d’une troisième dose vaccinale pour le neutraliser.

Cette avancée a été obtenue par une collaboration de plusieurs équipes de recherche, dont l'Unité « Virus et Immunité » dirigée par Olivier Schwartz à l'Institut Pasteur.

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Financement accordé en 2020 au laboratoire dirigé par Olivier Schwartz pour un projet d’équipe FRM, ainsi que les deux projets IDISCOVR (199 800 € - Marco Vignuzzi) et Proteo-Sars-CoV2 (187 553 € - Julia Chamot-Rooke) sélectionnés dans le cadre de l’appel à projet conjoint ANR-FRM pour répondre à l’urgence de l’épidémie de Covid-19.

Les problèmes posés par le variant Omicron

Le variant du Sars-Cov-2 Omicron, depuis son apparition en Afrique du Sud, a rebattu les cartes de la lutte contre la Covid-19. Les nombreuses mutations qu’il présente au niveau de la protéine Spike, clé virale permettant d’entrer dans les cellules, ainsi que sa forte capacité de transmission ont mis la communauté scientifique en alerte.

C’est pourquoi les chercheurs se sont rapidement intéressés à l’efficacité de l’arsenal thérapeutique et préventif existant sur ce variant. Une collaboration entre des équipes belges et françaises a permis de mettre en évidence la capacité d’Omicron à échapper à un panel d’anticorps monoclonaux utilisés comme traitements en clinique, ainsi qu’aux anticorps produits par les personnes ayant reçu deux doses des vaccins actuels.

La plupart des anticorps monoclonaux peu ou pas efficaces

Les chercheurs ont ainsi isolé des variants Omicron à partir d’un prélèvement effectué chez une patiente. Ils ont ensuite effectué des tests particuliers, dits « de neutralisation », sur ces échantillons.

Les équipes se sont tout d’abord penchées sur l’efficacité des anticorps monoclonaux. Ces anticorps sont des molécules élaborées en laboratoire qui miment les molécules produites par le système immunitaire pour lutter contre l’infection. Ils agissent en se fixant sur le virus pour l’empêcher d’entrer dans les cellules et de les infecter. L’efficacité de neuf anticorps monoclonaux, utilisés en clinique ou en cours de développement, a ainsi été évaluée. Au terme de cette partie de l’étude, il s’avère qu’Omicron présentait une résistance marquée contre la plupart de ces anticorps.

Des vaccins encore performants après la 3e dose

Les chercheurs ont par la suite effectué le même type d’approche en testant l’effet de sérums issus de personnes ayant reçu deux doses de vaccins élaborés par les firmes Pfizer ou Astrazeneca. Cinq mois après la deuxième vaccination, les anticorps produits par les individus ne neutralisent quasi plus Omicron. En revanche, les chercheurs montrent qu’une 3e dose à base du vaccin Pfizer permet de rétablir une efficacité de ces sérums face à ce variant. Cette 3e dose est cependant moins efficace contre le variant Omicron que le variant Delta.

Cette étude montre la nécessité d’une adaptation des anticorps monoclonaux à ce nouveau variant. Elle plaide également en faveur d’une troisième dose vaccinale pour rétablir une efficacité face à cette entité.


Source : Communiqué de presse de l’Institut Pasteur ; Planas D et al. Considerable escape of SARS-CoV-2 Omicron to antibody neutralization. Nature 2021.

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