Mis à jour le 1 juillet 2019

Troubles des conduites alimentaires : explorer un mécanisme potentiellement impliqué dans l’addiction à la nourriture

  • Les troubles des conduites alimentaires constituent un ensemble de maladies variées qui induisent une relation inhabituelle à la nourriture.

  • Ainsi, certains patients peuvent souffrir d’une véritable addiction à l’alimentation, que l’on retrouve dans certaines pathologies comme l’hyperphagie boulimique.

  • Des chercheurs s’intéressent aux phénomènes impliqués dans l’addiction à la nourriture pour identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.

Cette recherche est menée par Enrica Montalban dans l’équipe « Contrôle Central du Comportement Alimentaire et de la Dépense Energétique (C2OFFEE) » dirigée par Serge Luquet à l’Université Paris Diderot.

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150 012 €

Somme allouée à Enrica Montalban par la FRM en 2017 pour la réalisation de ce projet.

Les troubles des conduites alimentaires en France

Les troubles des conduites alimentaires sont des pathologies psychiatriques courantes en France. On estime qu’environ 10 % de la population française pourrait être concernée. L’ingestion de nourriture en trop grande quantité est un symptôme commun à certaines d’entre elles. C’est le cas dans l’hyperphagie boulimique par exemple. Cette pathologie se traduit par des crises de boulimie, c’est-à-dire des crises compulsives d’ingestion de grandes quantités de nourriture. Cette maladie a des conséquences surtout liées à la prise de poids : ainsi, l’hyperphagie boulimique peut entrainer un syndrome métabolique, lui-même à l’origine de pathologies cardiovasculaires (athérosclérose…) ou encore articulaires (arthrose).  La recherche s’attelle à comprendre les mécanismes physiologiques impliqués dans l’ingestion de nourriture en trop grande quantité afin d’améliorer la prise en charge des troubles des conduites alimentaires qui y sont associés.

L’addiction à la nourriture en ligne de mire

L’addiction à la nourriture en ligne de mire

Enrica Montalban et son équipe d’accueil s’intéressent aux mécanismes cérébraux impliqués dans l’ingestion de nourriture en trop grande quantité, et plus particulièrement à ses liaisons avec les comportements d’addiction. Pour mieux comprendre leur étude, il faut revenir sur l’effet de l’alimentation sur le cerveau. L’alimentation est essentielle à la survie mais est aussi source de plaisir : en effet, se nourrir provoque la libération d’une substance, la dopamine, dans le circuit neuronal « de la récompense ». Cette dernière déclenche ensuite un sentiment de satisfaction. C’est ce même circuit qui est activé lors de la prise de drogue. Cela explique pourquoi l’alimentation, chez certaines personnes, peut entrainer des comportements addictifs. 

Les circuits cérébraux de la récompense mis en cause

L’équipe se penche sur certains neurones impliqués dans ce circuit de la récompense, des neurones « dopaminoceptifs », sensibles à une augmentation de dopamine. Les recherches ont montré que certains lipides apportés par l’alimentation, les triglycérides, pourraient moduler l’activité de ces neurones : l’équipe a ainsi découvert au sein d’un modèle animal que les triglycérides agissent directement sur ces neurones pour moduler la motivation et le plaisir associés à la nourriture, ainsi que la réponse à certaines drogues d’abus. Elle a aussi démontré chez l’animal obèse, qui présente un excès en triglycérides, que ce mécanisme est perturbé, ce qui change la perception de la nourriture par le cerveau et contribue au phénomène d’addiction. Enfin, les chercheurs pensent que ces mécanismes seraient régulés par une protéine, ANKK1, dont le rôle est encore inconnu.

Quels sont les gènes impliqués ?

Le projet mené par les chercheurs vise à identifier les modifications dans l’expression des gènes qui se mettent en place au sein du circuit de la récompense en condition d’excès de triglycérides dans le sang. Il s’agira aussi d’évaluer l’implication de la protéine ANKK1 dans ces mécanismes.
Ce projet pourrait permettre de découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour lutter contre les troubles alimentaires, mais aussi contre l’obésité qui peut parfois en découler.

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