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Troubles du rythme cardiaque

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  • Tachycardie, bradycardie, fibrillations… Les troubles du rythme cardiaque, ou arythmies, sont variés.

  • Ces pathologies ont des origines différentes, et nécessitent une prise en charge particulière au cas par cas.

  • Bien que la discipline de la rythmologie ait beaucoup progressé ces 30 dernières années, la recherche continue pour traiter de plus en plus de patients, et ce durablement.

Quel retentissement de l’arythmie dans la population ?

Les troubles du rythme cardiaque sont des pathologies fréquentes. Parmi celles-ci, la fibrillation auriculaire est la plus répandue : on estime que 750 000 personnes sont atteintes en France. Elle atteint 0,4 à 1 % de la population générale et augmente rapidement avec l’âge : elle touche moins de 1 % des sujets de moins de 60 ans et plus de 8 % des 80 ans et plus.

Qu’est-ce que l’arythmie ?

Chez un adulte au repos, le rythme cardiaque est compris entre 60 et 100 pulsations par minute. Ce dernier peut augmenter ou diminuer selon l’état d’activité, la température extérieure ou la consommation de certaines substances.  On qualifie d’arythmie une variation du rythme cardiaque sans raison apparente. La « tachycardie » correspond un rythme de plus de 100 battements par minute au repos. A l’inverse, un rythme en dessous de 60 battements par minute est nommé « bradycardie ».

Quel est le mécanisme à l’origine des battements cardiaques ?

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Le cœur est une pompe composée de quatre cavités : deux oreillettes recevant le sang et deux ventricules le propulsant dans la circulation. Le rythme cardiaque est régi par des impulsions électriques périodiques qui traversent le cœur, permettant une contraction synchrone de ces structures. Leur source est le nœud sinusal, un ensemble de cellules situé au niveau de l’oreillette droite. C’est le centre régulateur du rythme cardiaque.

Dès qu’une impulsion est produite, elle se répand de cellule en cellule dans la partie supérieure du cœur, au niveau des oreillettes. Ces dernières se contractent, envoyant le sang qu’elles contiennent vers les ventricules. A leur tour, les ventricules reçoivent l’impulsion. Elles se contractent alors pour irriguer l’organisme. Le rythme imposé par le nœud sinusal est régulé par divers facteurs : système nerveux, hormones, substances circulantes dans le sang…

Quels mécanismes à l’origine des troubles du rythme ?

Plusieurs troubles du rythme existent, avec des causes différentes selon les cas :

  • Les troubles de la conduction : ils résultent d’un problème de transmission de l’impulsion électrique entre les structures composant le cœur. L’impulsion ne peut plus passer, ce qui peut engendrer une bradycardie.
  • Les troubles de l’excitabilité : ici, d’autres cellules que celles appartenant au nœud sinusal génèrent également une impulsion électrique. Cela entraîne une perturbation du rythme cardiaque. C’est le cas lors des « extrasystoles », se traduisant par une contraction prématurée des oreillettes ou des ventricules.
  • Les troubles du rythme jonctionnels : ce trouble correspond à un court-circuit à la jonction entre oreillettes et ventricules. Ces troubles, relativement bénins, peuvent conduire à l’apparition de crises de tachycardies.

Les fibrillations : des arythmies particulières

Une fibrillation correspond à une contraction anarchique d’une structure cardiaque. Il s’agit d’un trouble du rythme dont les causes peuvent être cardiaques (comme une cardiopathie) ou non (prise de substances…). On dénombre donc deux types de fibrillations :

  • La fibrillation auriculaire (ou atriale) : c’est la plus fréquente des arythmies graves. Elle se traduit par des contractions irrégulières des oreillettes. Ces dernières ont du mal à assurer le remplissage des ventricules. Le sang a tendance à stagner, favorisant l’apparition de caillots pouvant à terme conduire à la survenue d’un accident vasculaire s’ils passent dans la circulation.
  • La fibrillation ventriculaire : c’est la forme la plus grave d’arythmie. Elle touche les ventricules, qui ne peuvent alors plus assurer leur rôle dans des conditions optimales. Si une arythmie à ce niveau ne cesse pas rapidement, elle entraîne la mort en quelques minutes.

 Comment diagnostique-t-on un trouble du rythme ?

Les symptômes d’une arythmie sont divers : fatigue, étourdissements, syncopes, vertiges peuvent faire partie des signes d’appels. Plusieurs examens peuvent être pratiqués :

  • L’électrocardiogramme (ECG). Il s’agit d’observer la conduction du signal électrique cardiaque à l’aide d’électrodes placées sur la peau. Il en ressort un tracé interprétable par le cardiologue. Une de ses variantes est le holter ECG, consistant à un enregistrement pendant 24 heures de la conduction cardiaque à l’aide d’un dispositif portatif. Il permet la détection d’arythmies transitoires, peu visibles sur un examen de courte durée.
  • Le test d’effort. Cet examen consiste en la réalisation d’un exercice intense dans le cabinet du cardiologue permettant de détecter des arythmies survenant durant un effort physique.
  • L’examen électrophysiologique. Sous anesthésie locale, on introduit des sondes à partir d’une veine dans la cuisse que l’on fait remonter vers le cœur via un cathéter. Ceci permet de détecter, de provoquer et d’analyser l’arythmie.

Quels traitements des arythmies ?

Les traitements varient en fonction du type d’arythmie.
Lorsque celle-ci est bénigne, les médecins privilégient une approche hygiéno-diététique adaptée : arrêt des excitants de type café ou alcool, repos, activité physique… Pour des atteintes plus graves, en dehors des arythmies ventriculaires, l’utilisation d’anti-arythmiques tels que les bêtabloquants peut être nécessaire.

En cas d’arythmies résistantes aux médicaments, il peut être proposé au patient de détruire chirurgicalement la zone cellulaire à l’origine du problème. Deux techniques existent. La première est l’ablation par radiofréquence : la zone dysfonctionnant au sein du cœur est alors brûlée par un courant électrique à haute fréquence. La seconde est la cryoablation qui consiste à détruire les cellules à l’origine de l’arythmie par un froid intense pouvant atteindre -60°C.

Dans le cas de bradycardie, le recours à la pause d’un pacemaker peut être envisagé. Enfin, pour une tachycardie ou une fibrillation ventriculaire, il existe la solution de la pause d’un défibrillateur automatique implantable. Ce dispositif permet la détection de toute variation du rythme cardiaque et déclenche un micro-choc électrique pour le ramener à la normale.

Quelles sont les pistes de recherche actuelles ?

De nombreuses voies sont actuellement explorées dans la lutte contre ces troubles cardiaques. Concernant le diagnostic, des électrocardiogrammes « de longue durée » peuvent désormais être réalisés. Grâce à la mise au point de dispositifs appelés « holters implantables », qui peuvent fonctionner sans discontinuer pendant plusieurs années pour déceler et analyser tout problème de rythme cardiaque.

Du côté des traitements, des équipes travaillent à la mise au point de lipides de synthèse de type oméga-3, qui pourraient avoir un rôle anti-arythmique après la survenue d’un infarctus du myocarde. Des médicaments ciblant spécifiquement les cellules en cause dans l’arythmie sont également testés.
Enfin, n’oublions pas l’amélioration des matériels implantables existants. Des nouveaux pacemakers, capables de supplanter des troubles du rythme de plus en plus complexes ont ainsi été mis au point. Citons également les essais réalisés de défibrillateurs, évitant l’implantation d’un matériel dans le cœur, la sonde étant posée en sous-cutané.

La recherche avance afin que tous les patients puissent disposer d’un traitement « à la carte », spécifique à son trouble du rythme.

 

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