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Obésité

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  • Pourvoyeuse de nombreuses complications, l’obésité est le véritable « mal du siècle » dans les pays développés.

  • Il existe plusieurs manières de prendre en charge cette pathologie, mais aucune ne peut garantir une perte de poids.

  • Aussi, les chercheurs souhaitent mieux comprendre les bases physiologiques de l’obésité, et également découvrir de nouveaux moyens de lutter contre elle.

L’obésité en chiffres

On assiste aujourd’hui à une véritable « épidémie » d’obésité dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le nombre de personnes obèses s’élève à plus de 600 millions (données 2014). L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (l’OCDE) précise que la France fait partie des pays avec le taux d’obésité le plus faible pour les adultes, 1 personne sur 8, mais ce chiffre est en augmentation régulière depuis les années 90 (données 2014). Le constat est le même chez les enfants, avec une proportion de 15 % d’entre eux en surpoids ou obèses.

Quelle est la définition de l’obésité ?

L’obésité est définie par l’OMS comme étant une accumulation très importante de graisse dans l’organisme, pouvant nuire à la santé générale. Elle représente une forme évoluée du « surpoids » ou de « surcharge pondérale », stade pour lequel les retentissements néfastes du tissu adipeux sur l’organisme sont moins importants. Un élément est central pour le diagnostic de l’obésité. Il s’agit de l’Indice de masse corporel (ou IMC), calculé en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. L’OMS considère que les personnes dont l’IMC est égal ou supérieur à 25 sont en surpoids, et que celles avec un IMC supérieur ou égal à 30 sont obèses.

Attention, l’IMC n’est qu’une valeur indicative, et doit être corrélé avec d’autres éléments. Un argument supplémentaire en faveur d’une obésité est le tour de taille, qui reflète l’accumulation de graisse au niveau des viscères. Selon le site de l’Assurance Maladie, un tour de taille est considéré comme élevé pour une valeur supérieure à 80 cm chez la femme et à 94 cm chez l’homme.

Quels sont les mécanismes en cause dans l’obésité ?

Certaines cellules, les adipocytes, sont chargées de stocker les lipides en vue de leur utilisation ultérieure par l’organisme à différentes fins : source d’énergie pour maintenir la chaleur corporelle, composant essentiel de la membrane des cellules… Lorsque l’apport en lipides est supérieur à son utilisation, leur stockage se fait en excès, et la masse de tissu adipeux augmente.

Aujourd’hui, on sait que l’alimentation déséquilibrée n’explique pas toujours à elle seule la survenue d’une obésité. Le mode de vie actuel, plus sédentaire, favorise une activité physique moindre, et donc à une mobilisation des graisses moins importantes. D’autres composantes rentrent également en jeu. Citons : certains troubles psychologiques, une prédisposition génétique, la grossesse, la ménopause ou encore la prise de certains médicaments.

Quelles sont les conséquences de l’obésité ?

L’accumulation de graisse au niveau des viscères est à l’origine du tristement célèbre « syndrome métabolique » caractérisé par un fort taux de sucre dans le sang, une tension artérielle et un taux de cholestérol élevés. Ce syndrome est à l’origine de nombreuses complications : diabète de type 2, accidents cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde…) ou encore atteintes au niveau du foie. L’obésité augmenterait également le risque de développer certains cancers. Son retentissement sur la santé est donc très important.

Quelle est la prise en charge actuelle de l’obésité ?

Conseils hygiéno-diététiques


La prise en charge de l’obésité commence par la mise en place de conseils diététiques, en préconisant une alimentation diversifiée et équilibrée. C’est en partie pour répondre à la problématique d’une recrudescence d’obésité en France qu’a été élaboré en 2011 le « Plan National Nutrition Santé » (PNNS) par le ministère de la Santé.

 Dans les grandes lignes, les conseils alimentaires donnés sont les suivants : 5 fruits et légumes par jour ; 3 produits laitiers par jour ; féculents à chaque repas ; viande, poisson ou œuf 1 à 2 fois par jour ; limiter sa consommation de matières grasses, de produits sucrés et de sel ; apport en eau illimité. Associé à ce régime alimentaire, le PNNS précise qu’il faut effectuer au moins 30 minutes d’activité physique par jour, adaptée bien-sûr aux capacités de la personne.

En cas de troubles psychologiques associés, le praticien peut conseiller au patient de suivre une thérapie comportementale conduite par un spécialiste.

Dernier recours : la prise en charge chirurgicale


Il n’existe pour le moment pas de traitement médicamenteux efficace dans la perte de poids. Une prise en charge chirurgicale peut être envisagée dans les cas les plus avancés, c’est-à-dire les adultes avec une obésité dite « morbide » (qui peut mettre la vie en danger) ne présentant pas de contre-indications. Plusieurs techniques existent.

  • L’anneau gastrique : un anneau est posé autour de l’estomac ce qui réduit la prise alimentaire et induit une sensation de satiété.
  • La gastrectomie partielle : il s’agit d’enlever une partie de l’estomac, ici encore pour engendrer une satiété plus rapide.
  • Le by-pass gastrique : l’œsophage est ici raccordé directement à l’intestin. Les aliments ne transitent plus par l’estomac, qui ne conserve ici que son rôle sécréteur enzymatique et hormonal.


Ces interventions sont très lourdes, potentiellement génératrices de graves complications et engendrent, pour les deux dernières techniques, des carences à compenser tout au long de la vie. Ces actes sont donc réservés aux cas les plus sévères.

Quelles sont les pistes de recherche actuelles sur l’obésité ?

De nombreuses voies de recherches sont explorées afin de mettre un terme à ce fléau. Les chercheurs se penchent tout d’abord sur la composante génétique de ces maladies. Ils souhaitent découvrir de nouveaux gènes de prédisposition à l’obésité, mais également les mécanismes de régulation de l’expression génique mis en place au cours de la maladie. Ces recherches pourraient déboucher sur la découverte des cibles thérapeutiques encore inconnues de l’obésité.

Autre thématique d’intérêt : les modes de communications existants entre tissu adipeux, cerveau et intestin. Révéler ces processus pourrait donner des indications quant aux mécanismes fondamentaux du signal de la satiété.

Les chercheurs se penchent également sur un acteur particulier : le microbiote intestinal. Il correspond à la flore bactérienne présente dans notre tube digestif. Participant activement à la digestion, le microbiote intestinal est aussi en dialogue constant avec notre organisme et exerce des régulations dont la pleine mesure n’est pas encore connue. On peut ainsi penser qu’il interviendrait dans la prise de poids : une piste de recherche innovante qui pourrait donner des résultats étonnants.

 

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