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Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

scanner intestins 
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont des maladies invalidantes qui regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, et se caractérisent par des zones d’inflammation chronique de la paroi digestive.

  • A ce jour, ces maladies restent incurables, la prise en charge étant uniquement destinée à soulager les symptômes.

  • Les scientifiques progressent tous les jours dans la connaissance des mécanismes complexes en jeu : terrain génétique, défenses immunitaires, flore intestinale, facteurs environnementaux… Autant de pistes que la recherche explore.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin en chiffres

Sous le terme de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou MICI, sont regroupées essentiellement deux pathologies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH). Elles sont plus fréquentes dans les pays occidentaux, probablement à cause du mode de vie, mais elles ont aujourd’hui tendance à apparaître également dans les pays en voie de développement.
En moyenne, 7 nouveaux cas de maladie de Crohn se déclarent chaque année pour 100 000 habitants, toutes classes d’âge confondues. Ce chiffre atteint 11 personnes sur 100 000 chez les moins de 20 ans. La fréquence est plus stable dans le cas de la rectocolite hémorragique, avec 4 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants. Au total, 1 personne sur 1 000 serait concernée en France par ces maladies. Leur pic d’incidence se situe entre 20 et 30 ans.

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : qu’est-ce que c’est ?

Les MICI se caractérisent par des zones d’inflammation chronique de la paroi digestive. L’origine de ces affections est mal connue. D’un point de vue physiologique, elles pourraient être dues à une réponse anormale des défenses immunitaires de l’intestin vis-à-vis de la flore bactérienne chez des individus génétiquement prédisposés.

Dans la maladie de Crohn, n’importe quel segment du tube digestif, depuis la bouche à l’anus, peut être touché. Le plus souvent, l’inflammation est cantonnée à la partie terminale de l’intestin grêle et du côlon (gros intestin). Les symptômes diffèrent selon la localisation des lésions : douleurs abdominales, diarrhée avec ou sans émission de sang, atteinte de la région anale (fissure, abcès). Une altération de l’état général accompagne souvent les poussées : fatigue, manque d’appétit, amaigrissement, fièvre. Il peut aussi y avoir d’autres manifestations : articulaires, cutanées ou oculaires. Les lésions inflammatoires sont profondes et peuvent être à l’origine d’occlusion ou de perforation.

Dans la rectocolite hémorragique, l’atteinte ne concerne que le rectum et le côlon. Les lésions sont plus superficielles. Elles provoquent des hémorragies qui se traduisent par la présence de sang dans les selles.

Ces pathologies se manifestent par des phases d’activité d’intensité variable, appelées poussées, qui alternent avec des périodes de rémission.

Quels sont les facteurs favorisant ?

Les études génétiques ont mis au jour de nombreux gènes de susceptibilité, sans pour autant que les MICI soient classées comme des maladies « héréditaires ». La part des facteurs environnementaux (alimentation, pollution, infection durant l’enfance, surplus d’hygiène) reste pour le moment encore un peu floue. Malgré tout, les chercheurs ont pu identifier un effet du tabagisme sur l’apparition de ces maladies.

Comment diagnostique-t-on la maladie ?

Le diagnostic des MICI repose sur un faisceau d’arguments cliniques. Face aux premiers symptômes, le praticien peut réaliser dans un premier temps  une prise de sang. Examen peu spécifique, elle peut parfois révéler un état inflammatoire ou une carence.
Cette prise de sang peut se compléter par des examens d’imagerie. L’endoscopie est une technique de choix. Pratiquée sous anesthésie générale, elle consiste à introduire par l’anus un tube fin et souple muni d’un système optique. Elle permet une visualisation directe de la paroi intestinale en vue de dépister certaines lésions.

D’autres examens d’imagerie sont aussi pratiqués, tels que la radiographie, l’échographie, le scanner ou l’imagerie par résonnance magnétique.

Pour les cas les plus compliqués, un examen par vidéocapsule peut être envisagé, notamment pour visualiser l’intestin grêle. Il consiste en l’ingestion d’une petite capsule à usage unique contenant une source lumineuse et une caméra miniature. Des capteurs enregistrent tout au long du transit des images qui peuvent ensuite être interprétées par le médecin.

Des traitements uniquement symptomatiques

Les symptômes sont traités de manière similaire à d’autres maladies inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques). Lors des poussées, des anti-inflammatoires plus ou moins forts sont prescrits, comme les 5-aminosalicylés ou les corticoïdes (anti-inflammatoires puissants). Si cela n’est pas efficace ou si un traitement de fond est nécessaire, les médecins optent pour un immunosuppresseur (qui supprime les défenses immunitaires, ce qui a pour effet de diminuer l’inflammation).

Les MICI bénéficient aussi des récentes avancées dans le domaine des biothérapies, disponibles depuis une dizaine d’années. Ces traitements bloquent spécifiquement un facteur qui stimule l’inflammation, comme le TNFα.

Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour supprimer la partie de l’intestin atteinte (ou le côlon et le rectum dans le cas de la rectocolite hémorragique), en cas de complication ou lorsque la maladie ne répond plus au traitement.

Où en est la recherche ?

Tout d’abord, les recherches en génétique ont permis de mieux comprendre les voies immunitaires et inflammatoires impliquées dans ces maladies.

Comme expliqué précédemment, des liens étroits ont été retrouvés entre déséquilibre de la flore intestinale et développement de maladies inflammatoires intestinales chroniques, plus particulièrement dans la maladie de Crohn. Aussi, plusieurs axes de recherche s’attachent à essayer de rétablir une flore intestinale normale chez les patients. Nous pouvons citer dans ce cadre les essais dits de « transplantation fécale », qui visent à transplanter via une sonde une flore bactérienne saine dans le côlon des patients. Autre thématique explorée par les chercheurs : la mise au point de « probiotiques » qui, par voie alimentaire, contribuerait à changer les éléments de la flore intestinale anormale pour la rééquilibrer.

Dans les cas les plus avancés où la chirurgie reste nécessaire, les médecins s’attachent à développer de nouvelles techniques d’approche moins invasives pour le patients et réduisant le nombre et l’impact des effets secondaires. La chirurgie par laparoscopie (via une incision sous le nombril) a notamment fait ses preuves dans le cadre des maladies inflammatoires chroniques.
Des solutions thérapeutiques innovantes devraient ainsi voir le jour dans les prochaines années, basées sur une meilleure connaissance des mécanismes cellulaires et moléculaires dans ces maladies. La mobilisation des chercheurs en est la garantie.

 

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