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Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin 
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, et se caractérisent par des zones d’inflammation chronique de la paroi digestive.

  • A ce jour, il n’existe pas de traitement curatif de ces pathologies, la prise en charge étant uniquement destinée à soulager les symptômes.

  • Les scientifiques progressent tous les jours dans la connaissance des mécanismes en jeu : terrain génétique, défenses immunitaires, flore intestinale, facteurs environnementaux…

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin en chiffres

Sous le terme de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou MICI, sont regroupées essentiellement deux pathologies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Elles sont plus fréquentes dans les pays occidentaux, probablement à cause du mode de vie, mais elles ont aujourd’hui tendance à apparaître également dans les pays en voie de développement.

Au total, 200 000 personnes seraient concernées en France par ces maladies. Selon l’Inserm, leur pic d’incidence se situe entre 20 et 30 ans.En moyenne, 5 nouveaux cas de maladie de Crohn se déclarent chaque année pour 100 000 habitants, toutes classes d’âge confondues. La fréquence des cas de rectocolite hémorragique est la même que celle de la maladie de Crohn : 5 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants.

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : qu’est-ce que c’est ?

Les MICI se caractérisent par des zones d’inflammation chronique de la paroi digestive. L’origine de ces affections est mal connue. Une hypothèse stipule que ces pathologies pourraient être dues à une réponse anormale des défenses immunitaires de l’intestin vis-à-vis de la flore bactérienne chez des individus génétiquement prédisposés.

Dans la maladie de Crohn, n’importe quel segment du tube digestif, depuis la bouche à l’anus, peut être touché. Le plus souvent, l’inflammation est cantonnée à la partie terminale de l’intestin grêle et du côlon (gros intestin). Les symptômes diffèrent selon la localisation des lésions : douleurs abdominales, diarrhée avec ou sans émission de sang, atteinte de la région anale (fissure, abcès). Une altération de l’état général accompagne souvent les poussées : fatigue, manque d’appétit, amaigrissement, fièvre. Il peut aussi y avoir d’autres manifestations : articulaires, cutanées ou oculaires. Les lésions inflammatoires sont profondes et peuvent être à l’origine d’occlusion ou de perforation.

Dans la rectocolite hémorragique, l’atteinte ne concerne que le rectum et le côlon. Les lésions sont plus superficielles. Elles provoquent des hémorragies qui se traduisent par la présence de sang dans les selles.

Ces pathologies se manifestent par des phases d’activité d’intensité variable, appelées poussées, qui alternent avec des périodes de pause, dites « de rémission ».

Quels sont les facteurs favorisant ?

Les études génétiques ont mis au jour de nombreux gènes de susceptibilité au développement des MICI, sans pour autant qu’elles soient classées comme des maladies « héréditaires ».La part des facteurs environnementaux (alimentation, pollution, infection durant l’enfance, excès de propreté…) reste pour le moment encore un peu floue. Malgré tout, les chercheurs ont montré que le tabagisme a un effet sur ces maladies (il augmente les risques de la maladie de Crohn, mais semble prévenir la rectocolite hémorragique).

Comment diagnostique-t-on la maladie ?

Le diagnostic des MICI repose sur un faisceau d’arguments cliniques. Face aux premiers symptômes, le praticien peut réaliser dans un premier temps une prise de sang. Elle peut parfois révéler un état inflammatoire ou une carence nutritionnelle, mais également révéler des marqueurs de pathologies inflammatoires intestinales chroniques (notamment les anticorps ASCA et ANCA).

Cette prise de sang peut se compléter par des examens d’imagerie. La coloscopieest une technique de choix. Pratiquée sous anesthésie générale, elle consiste à introduire par l’anus un tube fin et souple muni d’un système optique. Elle permet une visualisation directe de la paroi intestinale en vue de dépister certaines lésions.

D’autres examens d’imagerie sont aussi pratiqués, tels que la radiographie, l’échographie, le scanner ou l’imagerie par résonnance magnétique.

Pour les cas les plus compliqués, un examen par vidéocapsule peut être envisagé, notamment pour visualiser l’intestin grêle. Il consiste en l’ingestion d’une petite capsule à usage unique contenant une source lumineuse et une caméra miniature. Des capteurs enregistrent tout au long du transit des images qui peuvent ensuite être interprétées par le médecin.

Des traitements uniquement symptomatiques

Les symptômes sont traités de manière similaire à d’autres maladies inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques). Lors des poussées, des anti-inflammatoires plus ou moins forts sont prescrits, comme les 5-aminosalicylés ou les corticoïdes (anti-inflammatoires puissants). Si cela n’est pas efficace ou si un traitement de fond est nécessaire, les médecins optent pour un immunomodulateur :ilfreine les défenses immunitaires, ce qui a pour effet de diminuer l’inflammation, comme les anti-TNFα.Les MICI bénéficient ainsi des récentes avancées dans le domaine des biothérapies, disponibles depuis une dizaine d’années.

En cas de complication ou lorsque la maladie ne répond plus au traitement,une intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour supprimer la partie de l’intestin atteinte (ou le côlon et le rectum dans le cas de la rectocolite hémorragique).

Où en est la recherche ?

Tout d’abord, les recherches en génétique ont permis de mieux comprendre les voies immunitaires impliquées dans ces maladies.

La recherche s’intéresse à la mise au point de traitements plus spécifiques et moins pourvoyeurs d’effets secondaires que les traitements existants. Plusieurs molécules ont donné des résultats intéressants, et pourraient prochainement arriver sur le marché.

Dans les cas les plus avancés où la chirurgie reste nécessaire, les médecins développent de nouvelles techniques d’approche moins invasives pour les patients et avec moins d’effets secondaires. La chirurgie par laparoscopie (via une incision sous le nombril) a notamment fait ses preuves dans le cadre des maladies inflammatoires chroniques.

Des liens étroits ont été retrouvés entre déséquilibre de la flore intestinale et développement de maladies inflammatoires intestinales chroniques, plus particulièrement dans la maladie de Crohn. Aussi, plusieurs axes de recherche s’attachent à éclairer l’impact d’un rétablissement d’une flore intestinale normale chez les patients. Autre thématique explorée par les chercheurs : la mise au point de « probiotiques » qui, par voie alimentaire, contribuerait à changer les éléments de la flore intestinale anormale pour la rééquilibrer.

Des solutions thérapeutiques innovantesdevraient ainsi voir le jour dans les prochaines années : la mobilisation des chercheurs en est la garantie.

 

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