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Insuffisance cardiaque

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  • L’insuffisance cardiaque correspond à une incapacité irréversible du cœur à exercer son rôle de pompe, elle est souvent liée à une pathologie sous-jacente.

  • La prise en charge repose sur une amélioration de l’hygiène de vie et des thérapies médicamenteuses et chirurgicales.

  • La recherche s’intensifie pour améliorer les traitements actuels et en développer de nouveaux.

L’insuffisance cardiaque en chiffres

La prévalence de l’insuffisance cardiaque est très élevée dans le monde : selon la Société européenne de cardiologie, elle serait comprise entre 1 et 2 % dans les pays développés. La Fédération Française de Cardiologie estime qu’un million de personnes seraient touchées dans l’hexagone.

En 2008, l’Inserm a recensé en France près de 22 000 décès liés à l’insuffisance cardiaque, soit 4,1 % de l’ensemble des décès. La même année, on a compté près de 200 000 hospitalisations liées à cette pathologie. Autant de chiffres qui montrent l’ampleur du phénomène. De plus, le vieillissement de la population et l’explosion des facteurs de risque cardiovasculaires laissent à penser que l’impact de l’insuffisance cardiaque sera plus important à l’avenir.

Qu’est-ce que c’est ?

L’insuffisance cardiaque correspond à un état dans lequel le cœur n’est plus capable d’assurer son rôle de pompe, et donc d’alimenter correctement l’organisme en sang. Le cœur ne peut alors plus répondre aux besoins énergétique du corps, et lui amener oxygène et nutriments. Cette pathologie chronique est irréversible : une fois installée, elle s’aggrave.

L’insuffisance cardiaque est liée à une perte de contractilité du muscle cardiaque. Dans un premier temps, le cœur accélère pour pallier à la perte de contractilité. Ensuite, sa paroi s’épaissit et ses cavités se dilatent : c’est l’hypertrophie cardiaque. Cette dernière induit une fatigue du cœur menant à l’insuffisance cardiaque.

Quelles sont ses causes ?

De nombreuses pathologies cardiovasculaires peuvent être à l’origine du développement d’une insuffisance cardiaque.

  • L’infarctus du myocarde : il entraîne la mort d’une partie du muscle cardiaque, ce qui peut naturellement conduire au développement de la pathologie.
  • L’hypertension artérielle : elle correspond à une pression trop importante du sang exercée contre la paroi des vaisseaux sanguins. Cette hypertension chronique, non prise en charge, peut faire le lit de l’insuffisance cardiaque. En effet, le cœur doit fournir plus d’effort pour propulser le sang dans l’organisme. A terme, il fatigue, d’où l’insuffisance cardiaque.
  • Les cardiomyopathies : ce sont des pathologies qui atteignent le muscle cardiaque. Certaines d’entre-elles ont une origine génétique (telle que la cardiomyopathie hypertrophique familiale).
  • Les maladies des valves cardiaques : ces pathologies touchent les membranes du cœur responsables de l’étanchéité et du passage du sang entre ses différentes cavités.

D’autres éléments peuvent être cités, tels que la consommation d’alcool en excès ou encore la prise de certaines drogues.

Quels sont ses symptômes et comment est-elle diagnostiquée ?

Parmi les symptômes de l’insuffisance cardiaque, on peut noter :

  • un essoufflement à l’effort, lié à une stagnation du sang au niveau des poumons ;
  • une fatigue ;
  • un gonflement des mains et des pieds ;
  • une perte de poids importante en peu de temps…

 

Devant ces éléments, le praticien peut entreprendre un bilan, qui peut inclure une prise de sang et des examens d’imagerie comme une radiographie thoracique ou une échographie doppler, ou encore un électrocardiogramme.

Quelle prise en charge de l’insuffisance cardiaque ?

Les premières mesures de prise en charge résident dans une amélioration de l’hygiène de vie des patients : régime sans sel (pour abaisser le volume sanguin dans l’organisme), perte de poids via l’activité physique, arrêt du tabac et limitation de la consommation d’alcool.

Des médicaments sont également prescrits pour limiter la progression de la pathologie : diurétiques pour diminuer le volume sanguin, inhibiteurs de l’enzyme de conversion pour éviter l’hypertension artérielle, bêta-bloquants pour ralentir le cœur…

Au stade ultime de la maladie, lorsque toutes les thérapies ont été essayées, le seul recours possible est la greffe cardiaque.

Quelles sont les voies de recherche actuelles ?

La recherche se bat sur tous les fronts pour empêcher le développement de la maladie et mieux la prendre en charge. Un des premiers éléments d’intérêt pour les chercheurs est l’amélioration du dépistage de la pathologie, par l’identification, par exemple, de molécules-marqueurs dans le sang qui permettraient la mise en place d’une thérapie limitant au plus tôt l’atteinte cardiaque. Les scientifiques veulent également mettre en évidence des protéines impliquées dans les modifications que subissent le cœur lors de la maladie afin de découvrir des nouvelles voies de traitement de la pathologie.

D’autres voies de recherche visent à déterminer les causes du développement de la maladie. Dans le cadre de l’infarctus du myocarde, les chercheurs veulent aujourd’hui tenter de remplacer les cellules musculaires déficientes par des cellules fonctionnelles : la reprise d’une contractilité musculaire normale empêcherait l’apparition ultérieure d’une insuffisance cardiaque.

De nouveaux traitements sont également explorés dans la maladie. Cela a conduit à la récente mise sur le marché de l’ivabradine dans la pathologie.

Concernant les greffes cardiaques, le nombre de donneurs reste bien en deçà des besoins des receveurs : l’attente peut durer des mois, voire des années. De plus, leur réussite n’est pas garantie et leurs effets secondaires restent très lourds à gérer pour les patients. Les chercheurs mettent au point un cœur artificiel qui a récemment démontré son efficacité lors d’expérimentations chez les patients. Véritable prothèse biocompatible, son utilisation reste pour l’instant à l’état d’essai, mais pourrait représenter un espoir pour les malades.

Les pistes sont donc multiples pour déterminer de nouvelles modalités de prise en charge de l’insuffisance cardiaque.

 

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