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Infections nosocomiales

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  • Les infections nosocomiales, c’est-à-dire contractées durant un séjour en établissement de santé, touchent 1 patient hospitalisé sur 20.

  • Ces pathologies sont en majorité liées à des bactéries, dont le principal traitement réside dans l’administration d’antibiotiques.

  • La recrudescence de germes résistants aux antibiotiques actuels nécessitent la mise au point de molécules innovantes qui permettent une prise en charge efficace de ces pathologies.

Quelques chiffres sur les infections nosocomiales

Les infections nosocomiales, ou infections liées aux soins, sont des infections contractées dans un établissement de santé tel qu’un hôpital ou une clinique. Pour 2012, l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) estime qu’en France un patient hospitalisé sur 20 y a été confronté. Dans un rapport de 2008, l’Organisation Mondiale de la Santé évaluait à 1,4 million le nombre de personnes ayant contracté une infection à l’hôpital. Le ministère de la Santé estime que les infections nosocomiales sont responsables de 4 000 décès chaque année en France.

Les 4 infections nosocomiales les plus fréquentes sont : des infections urinaires (29,9 %), des pneumonies (16,7 %), des infections au niveau du site opératoire, la zone du corps qui a été opérée (13,5 %), des infection généralisées -septicémies /bactérémies- (10,1 %).

Quand peut-on considérer une infection comme « nosocomiale » ?

L’infection est considérée comme nosocomiale si elle était absente au moment de l’admission du patient à l’hôpital et donc si elle est contractée pendant les soins (généralement, on envisage cette possibilité lorsque l’infection se déclare 48 heures après l’admission). Pour les infections relatives au site opératoire, elles seront considérées comme nosocomiales en cas d’apparition dans les 30 jours suivant l’opération. Ce délai peut même être porté à un an lors de la pose d’une prothèse ou d’un implant.

Quels sont les modes de contamination possibles ?

On distingue principalement deux modes de transmission de ces infections :

  • Les agents infectieux qui proviennent du patient lui-même, ils sont présents à la surface de la peau ou au niveau des muqueuses. La contamination a lieu lors de l’ouverture de la peau (pour un acte invasif comme l’introduction d’un cathéter, la pose de sondes ou de drains).
  • Les agents infectieux qui proviennent de l’environnement du patient. Dans ce cas, l’infection provient soit d’un autre malade, soit du personnel soignant ou d’un élément contaminé (système d’air, eau, alimentation…)

Certains patients sont plus vulnérables : le risque de contamination est plus important chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli en raison d’une maladie ou d’un traitement, chez les prématurés, les personnes âgées, les polytraumatisés et les grands brûlés.

Une étude de l’InVS montrait en 2012 que les trois micro-organismes les plus impliqués étaient des bactéries de type Escherichia coli (26 % des germes isolés), Staphylococcus aureus (15,9 %) et Pseudomonas aeruginosa (8,4 %). Escherichia coli vit naturellement dans nos intestins où elle ne provoque généralement aucun symptôme, Staphylococcus aureus est présent dans la muqueuse du nez, de la gorge et sur le périnée d’environ 15 à 30 % des êtres humains et Pseudomonas aeruginosa est fréquente dans l’environnement, en particulier à l’hôpital.

Quels sont les symptômes d’une infection nosocomiale ?

Les signes d’apparition d’une telle infection sont les symptômes de la maladie infectieuse qui se déclare, et varient donc suivant sa localisation dans l’organisme. Nous aborderons ici les infections nosocomiales les plus fréquentes évoquées précédemment.

Ainsi, les infections urinaires se traduisent par des douleurs lors de la miction, des envies d’uriner plus rapprochées que d’habitude, parfois du sang dans les urines. Elles sont plus fréquentes après la pose d’une sonde urinaire ou lors d’une chirurgie des voies urinaires.

Les pneumonies ont des signes inconstants, principalement une toux, un essoufflement, une fièvre parfois élevée, des frissons, une douleur thoracique. Les personnes à risque sont les patients atteints d’une maladie chronique des voies aériennes, intubés ou sous ventilation mécanique.
Les symptômes d’une infection au niveau de la zone opérée sont très variés et dépendent de l’intervention et de l’organe en cause. Pêle-mêle, on peut retrouver des signes d’inflammation, d’écoulements liquidiens ou de pus, d’abcès, une fièvre, des douleurs…

Enfin, la septicémie a des symptômes eux aussi peu spécifiques. Elle se traduit par des accès de fièvre élevée alternant avec des périodes d’hypothermie, des frissons, de la sueur, une tachycardie, une fréquence respiratoire élevée… Ici encore, sont à risque les patients plus âgés, dont l’état de santé est dégradé par d’autres maladies ou sous traitement immunosuppresseur.

Quels sont les traitements possibles ?

Comme nous l’avons vu, une grande partie des infections nosocomiales sont dues à des bactéries : le traitement de choix est le recours aux antibiotiques, médicaments s’attaquant spécifiquement à un type de bactéries ou à un groupe particulier. Ils agissent en bloquant leur croissance ou en les détruisant. Certaines infections, notamment au niveau d’une zone opérée, peuvent nécessiter une réintervention chirurgicale en vue de drainer et de traiter le foyer infectieux.

Les axes de recherche actuels

Le traitement de choix contre les infections nosocomiales consiste au recours à des antibiotiques. Malheureusement, les bactéries soumises à ces traitements de manière répétée développent des mécanismes pour y résister : mutation de gènes, sécrétions de composés inactivant les antibiotiques… Ce problème est retrouvé dans lors de toute maladie infectieuse, mais est beaucoup plus marqué dans le cas de maladies nosocomiales car les micro-organismes sont plus soumis à cette pression des traitements en milieu de soins. Ainsi, ces infections deviennent de plus en plus difficiles à éradiquer et nécessitent la mise au point de nouveaux traitements efficaces.

Une grande partie de la recherche autour des infections nosocomiales consiste à mieux comprendre les mécanismes de défense développés par les bactéries afin de mettre au point des nouveaux antibiotiques. Des travaux sont ainsi en cours pour la mise au point d’autres médicaments. A côté de ce volet scientifique, des mesures de prescription « raisonnée » des antibiotiques sont actuellement en place pour limiter l’émergence de résistances.

Autre élément très important dans la lutte contre ces infections : la prévention par l’hygiène. Des recherches sont actuellement menées pour renforcer l’asepsie des instruments médicaux ou limiter le portage des germes par les personnels soignants ou par les patients. Ainsi, les chercheurs ont démontré que des bains de chlorhexidine (un antiseptique qui agit sur un large spectre de bactéries) réduisaient la propagation des germes en service de réanimation.

De la même manière, on a également constaté que recouvrir de cuivre les éléments habituellement en inox dans les établissements de santé (robinetterie, poignées de porte…) pouvait limiter le développement bactérien sur ces supports.  Ainsi, les microorganismes perdraient une partie de leur pouvoir de propagation entre les malades.

La recherche se mobilise ainsi plus que jamais pour trouver de nouveaux moyens de prévenir et de guérir ses infections.

Recherche & Santé

n139-1.jpgn° 139 - juillet 2014
Infections nosocomiales

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