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Immunothérapie

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  • 2013, la prestigieuse revue Science désignait l’immunothérapiecontre le cancer comme « l’avancée scientifique la plus significative de l’année ».

  • De fait, les preuves de son potentiel thérapeutique s’accumulent depuis plusieurs années, si bien que certains patients peuvent aujourd’hui en bénéficier.

  • Les recherches s’intensifient pour développer de nouvelles modalités de traitement du cancer basées sur cette technique.

L’immunothérapie, qu’est-ce que c’est ?

L’immunothérapie consiste à stimuler, ou au contraire à inhiber, le système immunitaire d’un patient pour contrer la maladie dont il souffre. Elle repose aussi sur le développement de molécules thérapeutiques qui stimulent ou bloquent certains mécanismes immunitaires naturels. Depuis une trentaine d’années, l’immunothérapie a permis d’élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques contre plusieurs maladies, dont les cancers.

Dans le cadre de la cancérologie, l’immunothérapie vise à pousser les cellules immunitaires à s’attaquer aux cellules tumorales. Au sein des immunothérapies, il faut distinguer les immunothérapies spécifiques, qui mobilisent le système immunitaire contre une cible donnée,des immunothérapies non-spécifiques, dans lesquelles on stimule plus globalement le système immunitaire pour qu’il soit plus efficace.

Quelles sont ses utilisations dans le cancer ?

Ces approches d’immunothérapie spécifiques comme non spécifiques font l’objet de développements dans la lutte contre le cancer. Voici un tour d’horizon de leurs utilisation actuelles.

Stimuler le système immunitaire de manière non spécifique
 

Le système immunitaire a la capacité de reconnaitre les cellules cancéreuses présentes dans l’organisme et de les détruire. La première approche en immunothérapie est l’utilisation de molécules qui stimulent globalement la réponse immunitaire, de manière non spécifique, afin de le rendre globalement plus performant dans la lutte contre les éléments pathogènes, dont les cellules cancéreuses. Ces molécules, des interférons ou des interleukines, permettent aux cellules immunitaires de communiquer entre elles ou d’exercer leurs fonctions. Elles font maintenant partie de l’arsenal thérapeutique pour traiter notamment des mélanomes, lymphomes, myélomes (types de cancers de la moelle osseuse) ou encore des leucémies.

Cibler les cellules tumorales à détruire
 

Une autre piste a révolutionné la prise en charge de certains cancers : les anticorps monoclonaux. Les anticorps sont de petites protéines naturellement sécrétées par certaines cellules immunitaires lors des réactions de défense de l’organisme, pour lutter contre un corps étranger notamment. Les scientifiques ont développé en laboratoiredes anticorps monoclonaux, qui ciblent une molécule précise à la surface des cellules tumorales. Enmobilisant des cellules immunitaires,elles peuvent alors bloquer l’action decette molécule ou détruire la cellulequi la produit. Parmi les anticorpsmonoclonaux les plus utilisés, on peut citer :

  •  Le trastuzumabcible la protéine Her2 située àla surface de certaines cellules cancéreuses dusein. Her2 est retrouvée chez environ 30 % des malades.
  • Le bevacizumab inactive un facteurimpliqué dans la formation de nouveauxvaisseaux autour de la tumeurcancéreuse. Les vaisseaux apportent les nutriments et l’oxygène nécessaires au développement des cellules cancéreuses : le traitement altère donc la croissance tumorale. Il est utilisé contreles cancers du côlon, du poumon, dusein et du rein.
  • Le cetuximab cible un facteurqui favorise la multiplication de certainescellules cancéreuses, et permet de luttercontre certains cancers colorectaux ainsi que des cancers de la tête et du cou.
  • Le rituximab permet de lutter contre les lymphomes (cancer descellules immunitaires) et cible certainescellules immunitaires, les lymphocytes B, en cause.

Eviter le blocage du système immunitaire
 

Certaines tumeurs ont pour capacité d’échapper au système immunitaire : les défenses de l’organisme sont alors moins efficaces pour lutter contre les cellules cancéreuses. Une nouvelle classe d’anticorps monoclonauxest récemment arrivée sur lemarché : les anti-PD1 et anti-CTLA-4. Elle représente les prémices d’une nouvellerévolution thérapeutique. Ces anticorpsbloquent les mécanismes qui permettentaux tumeurs cancéreuses de« freiner » le système immunitaire. Lesystème immunitaire s’active alors mieux, etparvient à détruire les tumeurs chezun pourcentage important des patientsayant des cancers très agressifs comme le mélanome métastatique (cancer de la peau s’étant propagé à d’autres organes que celui d’origine), le cancerdu rein ou certains types de cancersdu poumon.

Des vaccins « thérapeutiques »
 

Les chercheursont également pour ambition de mettre au point des vaccins thérapeutiques contre lecancer. En 2010, un premier vaccin dece type a été approuvé aux États-Unis,le Provenge, dans le traitement du cancerde la prostate métastatique. Dans cecas, un type particulier de cellulesimmunitaires du malade (les cellulesdendritiques) sont modifiées enlaboratoire. Les chercheurs ajoutent àleur surface une petite molécule, unantigène, retrouvée fréquemment dansles cellules cancéreuses de la prostate. Ces cellules dendritiques modifiées sont ensuite réinjectéesau patient. La présence de l’antigène« apprend » alors au système immunitaireà reconnaître et à détruire toutesles cellules qui le portent, donc les cellules cancéreuses. Il subsiste toutefois plusieurs écueils à l’utilisation de cette technologie : la lourdeur de sa mise en place et son coût. De plus, elle n’a aujourd’huiqu’une efficacité limitée. Beaucoupd’équipes cherchent à améliorer cetype d’approche.

Immunothérapie cellulaire
 

Les chercheurs cherchent également à utiliser des cellules immunitaires, leslymphocytes T, modifiées génétiquementafin qu’elles détectent spécifiquement les cellules tumorales. Elles sont ainsi capables de détruire directementles cellules cancéreuses, et ce sans effetsecondaire sur les cellules saines. Des résultats très encourageantsont été obtenus pour le traitementde certains cancers du sang et plusieurs essaissont en cours contre certains cancersdu poumon, de l’ovaire et des mélanomes.

Quels sont les défis des chercheurs dans l’immunothérapie anti-cancer ?

Aujourd’hui, outre la mise au point de nouveaux médicaments basés sur ce principe, les enjeux principaux de la recherche sur l’immunothérapie anti-cancer s’articulent autour de deux grandes thématiques.

Tout d’abord, il s’agit de découvrir des « biomarqueurs » permettant de prédire qui répondra à ces traitements. En effet, on peut légitimement penser que certains paramètres chez les patients, comme les caractéristiques génétiques des tumeurs, peuvent influencer l’efficacité de ces thérapies innovantes.

L’immunothérapie n’est pas prescrite seule, et est souvent donnée avec un traitement de chimiothérapie en vue d’accentuer les effets de cette dernière. Les chercheurs souhaitent donc également découvrir de nouvelles associations de médicaments d’immunothérapie et de chimiothérapie pour augmenter l’efficacité globale du traitement des patients. Une manière de rendre les chimiothérapies actuelles plus performantes.

L’immunothérapie constitue ainsi un grand espoir pour traiter le cancer : une voie qui pourrait apporter encore de nombreuses avancées dans les années à venir.

 

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