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Dépression

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  • La dépression touche 350 millions de personnes dans le monde, un chiffre si important que certains n’hésitent plus à parler d’épidémie mondiale.

  • L’arsenal thérapeutique s’est étoffé : nouveaux médicaments, thérapies cognitivo-comportementales…

  • Mais beaucoup reste encore à faire pour comprendre leurs mécanismes biologiques et psychiques et tenter d’attaquer le mal à sa source.

La dépression en chiffres

La dépression est une maladie très répandue : on estime à 15 % la part de la population française qui souffre au moins une fois dans sa vie de cette affection. En France, chaque année, 3 millions de personnes âgées de 15 à 75 ans sont concernées : 1 % des hommes et 3 % des femmes. La dépression constitue le principal facteur de risque de suicide. En France, chaque année, on dénombre environ 10 000 suicides pour près de 200 000 tentatives. Le suicide est la première cause de mortalité des 25-34 ans et la deuxième des 15-24 ans et des 35-44 ans. C’est dire si la prévention du risque suicidaire et, a fortiori, celle de la dépression restent essentielles.

 

Dépression : quels sont les symptômes ?

La dépression est un trouble de l’humeur qui se traduit par une perte de motivation, un manque d’estime et de confiance en soi. Elle engendre une souffrance psychique quasi permanente et durable, pendant plus de deux semaines, et a un retentissement sur la vie quotidienne.

Le diagnostic de dépression repose sur un examen clinique réalisé par un professionnel. Un épisode dépressif majeur est défini par un de ces deux symptômes primaires : humeur triste et perte de la capacité à ressentir du plaisir. S’y ajoutent au moins trois de ces symptômes secondaires : troubles du sommeil, troubles de l’appétit, ralentissement psychomoteur, fatigue, culpabilité, dévalorisation de soi, trouble de la concentration, pensée de mort récurrente. Ces symptômes doivent être quasi quotidiens depuis au moins deux semaines et provoquer une réelle souffrance psychique. La dépression est à distinguer de la « déprime » ou de la « mélancolie », phénomènes plus passagers.

Des épisodes dépressifs peuvent survenir dans le cadre des troubles bipolaires. Ici, l’épisode dépressif peut précéder ou suivre un « épisode maniaque », une période de surexcitation et d’euphorie excessive qui est une forme « inversée » de la dépression.

Quelles sont les causes ?

On distingue classiquement deux types de dépression qui diffèrent selon leur cause :

  • La dépression « réactionnelle » : ce type de dépression peut survenir dans différentes situations. Elle peut faire suite à un évènement difficile (tel que le décès d’un proche ou la perte d’un emploi), ou à un changement brutal de la vie nécessitant une adaptation importante. Un trouble hormonal (dérèglement de la thyroïde, suite d’accouchement…) ou une maladie (pathologie neurologique, cancers…) peuvent également servir de déclencheur. Elle est facilement réversible et de bon pronostic.

  • La dépression « endogène » : cette catégorie de dépression n’aurait pas d’élément déclencheur. D’une durée de 6 à 10 mois, les traitements accélèrent la rémission chez 60 à 80 % des malades. Il y a récidive dans 1 cas sur 2.

Quelle est la prise en charge actuelle de ces dépressions ?

Lorsque le diagnostic de dépression est posé par un professionnel, plusieurs solutions sont possibles. Dans le cas d’une dépression modérée, une psychothérapie seule peut-être efficace. Cette dernière vise principalement à prévenir la récidive. Les thérapies actuelles sont dites « cognitivo-comportementales », basées sur des exercices conseillés par le praticien à pratiquer quotidiennement. Ils visent à adopter de nouveaux comportements au détriment des pensées négatives.

En complément de ce suivi, un traitement médicamenteux peut être proposé. Ainsi, plusieurs antidépresseurs existent :

  • Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) qui visent à bloquer la dégradation de certains neurotransmetteurs, les molécules assurant la communication entre les neurones.

  • Les tricycliques qui augmentent la libération de deux neurotransmetteurs, la sérotonine et la noradrénaline, souvent sous-produits par les patients dépressifs.

  • Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et la noradrénaline (IRSN), qui agissent de la même manière que les tricycliques.

Ces médicaments, quoique relativement efficaces, ne sont pas dénués d’effets secondaires qui diffèrent selon leur mode d’action (par exemple : effet sédatif, prise de poids, constipation…).
Dans les cas de dépressions sévères, la stimulation cérébrale peut être proposée. Ainsi, lors de l’électroconvulsivothérapie, des électrodes placées de part et d’autre du crâne permettent le passage d’un courant électrique générant une sorte de « crise d’épilepsie » transitoire, se stoppant au bout de 30 secondes. Cette technique, ancienne et maîtrisée, donne de bons résultats, notamment chez les personnes dont la dépression résiste aux traitements.

Une autre technique est de plus en plus utilisée en milieu hospitalier, la stimulation magnétique transcrânienne. Ici, la stimulation de la zone cérébrale impliquée dans la dépression se fait à l’aide d’un champ magnétique. Cette approche, outre l’amélioration des symptômes dépressifs, pourrait également servir à renforcer l’action de certains médicaments.

Des méthodes de stimulation cérébrales à l’aide d’électrodes implantées dans le cerveau sont également testées avec succès, mais cette technique resterait pour l’instant réservée aux patients souffrant de dépression chronique résistante aux thérapeutiques.

Enfin, dans le cadre de dépressions dites « saisonnières », liées au manque de lumière extérieure, la luminothérapie a démontré son efficacité. Elle consiste en l’exposition à une lumière de forte intensité plusieurs heures par jour afin d’augmenter artificiellement les périodes d’ensoleillement.
Les troubles bipolaires nécessitent une prise en charge différente. En effet, si les épisodes dépressifs peuvent être traités comme une dépression, les accès maniaques requièrent des traitements médicamenteux particuliers. Le praticien peut ainsi avoir recours à l’utilisation de médicaments dits « régulateurs de l’humeur » : on peut ainsi citer le lithium, certains anticonvulsivants et certains antipsychotiques qui répondent à cette définition.

Quelles sont les pistes de recherche actuelles ?

Marqueurs d’efficacité de traitement ou de rechute, mise au point de nouveaux médicaments et de techniques de stimulation cérébrales innovantes… De nombreuses voies sont explorées dans la lutte contre la dépression.

Ainsi, des recherches sont entreprises pour optimiser les traitements actuels dans la dépression. Des chercheurs de l’université de Loyola à Chicago ont découvert un marqueur sanguin qui permettrait de prévoir la réponse du patient à un antidépresseur de la classe des IRSN.

Du point de vue des thérapies, des résultats encourageants ont été obtenus par une équipe située au Kremlin-Bicêtre, qui a testé une molécule novatrice, MAP4343, chez un modèle de souris. Son activité antidépressive s’est avérée importante par rapport à l’IRSN de référence, et ce avec une action anxiolytique supérieure.

La recherche avance donc à grands pas pour une meilleure prise en charge de ces maladies psychiatriques.

Recherche & Santé

rets132s.gifn°132 - octobre 2012
Dépression

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