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Cancer du cerveau

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  • Les cancers du cerveau forment un groupe très diversifié de tumeurs.

  • La prise en charge de ces cancers varie selon les caractéristiques des tumeurs, leur facilité d’accès à la chirurgie et leur sensibilité aux thérapies.

  • De formidables progrès ont été accomplis en recherche ces dix dernières années, et de nombreuses pistes sont actuellement suivies pour traiter de plus en plus de patients.

Les cancers du cerveau en chiffres

Selon l’Institut national de recherche contre le cancer, environ 5 000 nouveaux cas de tumeurs du « cerveau » (cerveau, tronc cérébral, cervelet, moelle épinière), d’une grande variété, sont diagnostiqués chaque année en France. 55 % d’entre eux se nomment gliomes car il s’agit de tumeurs qui dérivent de la glie, l’ensemble de cellules qui nourrissent et soutiennent les neurones. Viennent ensuite les méningiomes (23 % des cas) :ces tumeurs touchent les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière.Parmi les autres cas, on compte les médulloblastomes, cancers atteignant le cervelet (la zone du cerveau en charge de la coordination des mouvements), et les adénomes hypophysaires,des tumeurs localisées au niveau de l’hypophyse (une glande chargée de synthétiser des hormones).

Quels sont les symptômes ?

Les signes cliniques, et surtout les pronostics, varient selon la nature des cellules à partir desquelles les tumeurs se forment, leur localisation, leur taille et leur vitesse de développement. En général, les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque la taille de la tumeur a atteint plusieurs centimètres. Ils sont assez peu spécifiques, ce qui explique que ces cancers sont souvent découverts par hasard et à un stade avancé.

Deux principaux symptômes peuvent révéler la présence d’une tumeur cérébrale. Le premier est l’apparition de maux de tête inhabituels, dus au volume de la tumeur qui augmente la pression dans le crâne. Le deuxième est la survenue de crises d’épilepsie déclenchées par la tumeur. Des troubles de la parole, des pertes d’équilibre, une paralysie partielle et des troubles cognitifs peuvent aussi survenir, directement liés à la fonction des zones cérébrales touchées par le cancer.

Comment sont-ils diagnostiqués ?

Devant des symptômes évocateurs, le praticien peut avoir recours à l’imagerie cérébrale pour dépister une éventuelle tumeur. L’examen de choix est aujourd’hui l’imagerie par résonnance magnétique (IRM), une technique qui permet de visualiser avec une grande précision les organes et tissus mous dans différents plans de l’espace ou en trois dimensions. Ici, les clichés réalisés permettent de visualiser le volume du cancer, sa localisation mais également ses contours : des informations essentielles pour déterminer si la tumeur est bien délimitée ou si elle n’envahit pas des zones adjacentes, si elle comporte de nombreux vaisseaux sanguins ou encore si elle contient des cellules mortes prématurément (tous trois sont des signes d’agressivité).

Cet examen d’imagerie est complété d’un prélèvement de la tumeur (biopsie tumorale) réalisée pendant le traitement chirurgical en vue de l’analyser par microscopie et par des tests moléculaires. Un préalable indispensable, car connaître les caractéristiques spécifiques de la tumeur permet d’orienter le traitement à mettre en place, et ainsi de maximiser ses chances de réussite.

Quelle est la prise en charge des cancers du cerveau ?

La chirurgie

 

L’un des piliers du traitement des tumeurs cérébrales est le recours, lorsque cela est possible, à la chirurgie. L’idée est bien sûr de réaliser une ablation des cellules cancéreuses.  La chirurgie des cancers du cerveau se heurte toutefois à une limite. En effet, contrairement aux tumeurs situées ailleurs dans l’organisme, le chirurgien ne peut se permettre de retirer du tissu sain qui entoure la tumeur pour éviter d’éventuelles récidives, sous peine de séquelles neurologiques irréversibles.

Afin d’augmenter la précision de son geste et de retirer le maximum de cellules tumorales, le praticien fait appel à la microscopie et à des techniques de repérage. La plus ancienne est la stéréotaxie, sorte de cadre posé autour du crâne du patient permettant d’avoir des coordonnées dans les 3 dimensions de l’espace, couplée à un examen d’imagerie. Depuis maintenant plusieurs années, il existe une deuxième méthode, la « neuronavigation ». La veille de l’intervention, des images IRM sont réalisées afin de dresser une cartographie en 3 dimensions du cerveau du patient et de sa tumeur. Le chirurgien s’en sert ensuite pour simuler et répéter informatiquement le geste opératoire, et ainsi le réaliser dans des bonnes conditions le jour J. Cette technologie permet d’opérer avec une précision de 2 à 3 mm, ce qui en fait l’outil chirurgical le plus précis actuellement.

La radiothérapie et la chimiothérapie

 

A côté de la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie sont également des traitements utilisés lors de la prise en charge des tumeurs cérébrales. Leur efficacité peut être limitée par plusieurs facteurs. Tout d’abord, il s’avère que certains types de cellules tumorales cérébrales sont insensibles à la radiothérapie : un véritable problème dans la prise en charge de certains cancers.

La présence de la barrière hématoencéphalique restreint l’arsenal thérapeutique disponible contre ces tumeurs. En effet, cette barrière protège le cerveau, elle correspond à un véritable « filtre » présent dans la paroi des vaisseaux sanguins du cerveau, qui empêche le passage de certaines molécules, de cellules et d’agents pathogènes jusqu’aux neurones. Les traitements médicamenteux doivent donc être capables de la traverser pour être efficaces.

Quelles sont les pistes de recherche actuelles ?

Les chercheurs suivent plusieurs voies dans la lutte contre les cancers du cerveau.

Un grand volet concerne la recherche fondamentale, avec une étude minutieuse des cellules qui composent la tumeur : l’objectif est de découvrir les mécanismes à l’origine du processus de cancérisation en vue de mieux les contrer. Il s’agit également de mettre en évidence les mécanismes qui conduisent à la résistance des cellules cancéreuses face aux traitements. Ces projets sont essentiels pour développer de nouvelles thérapies ciblées, c’est-à-dire spécifiques aux caractéristiques moléculaires des tumeurs.

Autre volet de la recherche : la mise au point de nouvelles techniques d’imagerie apportant plus de précisions sur les caractéristiques des tumeurs. C’est notamment le cas pour certains types de gliomes agressifs, les glioblastomes. Les chercheurs souhaitent développer une méthode innovante utilisant la spectroscopie par résonance magnétique : cette technique d’imagerie permettrait de déterminer des zones où sont encore présentes des cellules cancéreuses plus résistantes à la radiothérapie, zones à partir desquelles la tumeur peut récidiver ; l’idée est d’y délivrer une quantité de rayons plus importante.

Les chercheurs se penchent enfin sur l’amélioration des traitements existants. Ils étudient notamment les manières de contourner la barrière hématoencéphalique pour une meilleure délivrance des molécules. Leur intérêt se porte notamment sur une technique basée sur les ultrasons. Un boitier positionné dans la boite crânienne émet des ondes qui rendent les vaisseaux perméables pendant plusieurs heures : un laps de temps durant lequel la chimiothérapie pourrait pénétrer dans les cellules cérébrales. Une autre voie prometteuse est l’immunothérapie, c’est-à-dire l’utilisation et la stimulation des propriétés anti-tumorales du système immunitaire.

Autant de pistes qu’il convient de suivre pour combattre au mieux les tumeurs cérébrales.

 

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